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Ethique et développement durable

actions et réactions de la branche «articles de sports et équipements de loisirs»


La nouvelle action de pression sur les distributeurs d’articles de sport exercée ces jours-ci à l’appel de quelques syndicats et associations regroupés sous le collectif «de l’éthique sur l’étiquette», fait réagir la FPS, l’organisme professionnel du secteur*.


La FPS rappelle d’abord que depuis plusieurs années, les distributeurs d’articles de sport membres de la fédération agissent réellement dans deux domaines :

 

  • Le respect des droits sociaux fondamentaux des travailleurs conformément aux règles édictées par l’OIT, dans les sites de production des pays en voie de développement de leurs fournisseurs ou de leurs sous-traitants.
  • La protection de l’environnement et la promotion du développement durable.

 

Cette démarche éthique de la distribution vient ainsi compléter les efforts importants effectués depuis plus de dix ans par les principales marques et enseignes internationales d’articles de sport qui oeuvrent dans ce même objectif.

Concrètement, la distribution spécialisée sport est officiellement engagée à respecter le Code de Conduite approuvé en 1998 à l’unanimité par le Conseil d’Administration de la FPS.
Ce code appelle tous les adhérents à n’acheter que des articles fabriqués dans le respect des règles de l’OIT et de celui de l’environnement.

Dans le prolongement de ce code et parallèlement :

 

  • des enquêtes sont effectuées chaque année auprès des fournisseurs afin de mesurer les évolutions des processus d’approvisionnement. Ces enquêtes permettent également de sensibiliser les fournisseurs aux attentes de leurs clients-distributeurs en matière de produits éthiques.
  • Une commission « éthique et développement durable » a été mise en place au sein de la fédération. Constituée de responsables sociaux d’enseignes et de détaillants, cette commission décide des actions de sensibilisation et d’information des adhérents. Elle a ainsi organisé deux colloques, plusieurs formations, adressé des milliers de courriers aux distributeurs et fournisseurs. Elle a initié la parution tous les deux mois d’un article sur le développement durable dans la revue de la fédération. Elle sponsorise quelques actions comme celle de protection des océans réalisée par l’Eurosima. Les services de la FPS participent enfin aux travaux de normalisation en matière d’éthique et de développement durable au sein d’instances comme l’Afnor.
  • Trois visites surprises de sites de production en Thailande, en Chine et au Mexique ont été organisés par des représentants de la FPS. Ces visites ont donné lieu à des rapports adressés aux entreprises.* De nombreux audits ont été commandés par des grandes enseignes principalement sur leurs sites de production de marques propres.
  • Des codes de conduite « internationaux » ont été adoptés par les grandes enseignes. Nombreux sont ces codes ainsi que ceux des marques qui sont ensuite déclinés en règlements intérieurs dans les usines.

 

Certes, malgré ces efforts et des résultats significatifs, la FPS reste consciente que ces mesures peuvent apparaître insuffisantes, surtout dans le contexte évolutif d’une économie libérale et mondialisée. Elle souhaite toutefois insister sur quelques enjeux :

 

  • du fait de ces actions, des zones de production de la planète ont été « déréférencées » par certains producteurs. Il a ainsi été constaté que les pressions peuvent aussi entraîner une perte de travail aux conséquences désastreuses pour des populations déjà défavorisées.
  • le secteur des articles de sport n’est qu’un segment du vaste marché du vêtement et de la chaussure. Cela relativise son poids en regard de la totalité des biens d’équipement produits dans les pays en voie de développement. Les consommateurs doivent être ainsi conscients que de nombreux secteurs économiques bien plus importants, et y compris publics, agissent très peu dans ce domaine.
  • Les actions doivent être désormais envisagées sur le plan européen et non plus seulement franco-français. A défaut, la libre circulation des marchandises au sein de la CEE pourra aussi signifier le dumping de distributeurs situés hors le territoire français.
  • Les consommateurs sont-ils enfin prêts à boycotter des articles à moindre prix distribués par des distributeurs moins soucieux des règles de l’OIT ?

 

Du fait de cet engagement non négligeable des distributeurs français d’articles de sport, du fait aussi de la complexité de ces actions éthiques, la FPS, si elle admet le bien fondé de l’action de sensibilisation des consommateurs effectuée par le collectif « de l’éthique sur l’étiquette », souhaite toutefois en contester la forme. Il lui semble en effet injuste, voire un peu démagogique, le fait de s’arroger, comme ce collectif en est coutumier, le droit de noter des entreprises pourtant volontaristes… comme les cancres d’une classe d’école.

Un peu plus d’humilité, d’objectivité et de discernement, inscrits sous le signe d’une pédagogie positive serait incontestablement plus productif.

Fait à Paris, le 3 mars 2005
Contact : FPS, M. Pierre Gogin
Email : fps@filieresport.com

* La FPS regroupe 2500 établissements d’articles de sports et de loisirs, qu’ils soient indépendants ou rattachés à de grandes enseignes nationales et internationales.

FPS, 10/04/05

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