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Le point sur les enjeux financiers pour la montagne

30/12/2020
Derrière le cri d’alarme d’entrepreneurs de sport en montagne, il y a des enjeux financiers importants bien sur et beaucoup d’incertitudes sur les aides gouvernementales à venir.

Le plan de soutien aux professionnels de la montagne annoncé le 11 décembre dernier par le gouvernement n’a pas délivré encore tous ces détails pour les commerces de stations de sports d’hiver (12.000 entreprises concernées) et ne comportait pas de dispositif pour les équipementiers, fournisseurs d’équipements pour la personne et aménageurs.

En attendant ceux-ci, les entreprises de montagne porteuses du code APE 4764Z bénéficieront à minima du fonds de solidarité comme tous les commerces de stations soit une aide jusqu’à 10.000 €. Celles dont l’activité principale est la location bénéficieront du même régime d’indemnisation que les 7721Z (15 à 20% du CA jusqu’à 200.000 €).

A tire de repère, un loueur de skis / snowboard avec un parc d’environ 500 paires / planches peut réaliser de 80.000 à 100.000 € de chiffre d'affaires en décembre.

« Nous sommes dans l’attente de la publication des décrets d’application pour décembre confirmant l’accès des commerces d’articles de sport dont l’activité principale est la vente au plan tourisme » explique Julien Gauthier, directeur du développement du groupe Skiset et vice-président de l’Union Sport & Cycle. « Il est très important que les commerces de montagne faisant de la vente et de la location puissent avoir accès au même dispositif » confirme Arnaud Coppel, le directeur du réseau montagne d’Intersport.

Par ailleurs, le dispositif d'activité partielle avec indemnisation à 100% est ouvert à tous les commerces de stations jusqu’à la réouverture des remontées mécaniques.

Concernant le dispositif d’activité partielle, Lionel Canesi, président du conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, parle d’une « énorme complexité » dans le journal des Echos ce matin, après quatre ordonnances, trois lois et douze décrets. « Plutôt que de mettre en place un dispositif jusqu'au 31 décembre 2020 ou 2021 et de l'arrêter une fois la crise sanitaire jugulée, on a eu un dispositif du 1er mars jusqu'au 31 mai, puis du 1er juillet au 1er janvier après prolongation de trois mois, et on attend des décrets qui vont le repousser jusqu'à la fin de l'année prochaine ».

A ces discriminations d’indemnités dues à une approche par code APE s’ajoute une très forte incertitude sur l’accompagnement des commerces de montagne pour la suite de la saison.

A commencer par le mois de janvier qui représentait 21 % du nombre de journées-skieurs lors de la dernière saison complète 2018/19 (Source DSF). Car toute éventuelle réouverture des remontées mécaniques – la date du 7 janvier a été évoquée le 11 décembre par le gouvernement – s’accompagnera d’une fréquentation basse des stations de montagne pour un grand nombre de raisons. Avec cette spécificité saisonnière qui ne permet pas aux commerces de rattraper les revenus perdus.

« A minima, la baisse d’activité sera de 60 % pour les stations-villages à 80 % pour les stations de haute altitude en janvier dans les magasins. La clientèle étrangère sera absente, comme les groupes étudiants » rappelle Julien Gauthier.

Arnaud Coppel perçoit également des différences à venir de niveau d’activité après avoir regardé les premiers résultats du début de saison. « La situation est rude pour tous. La baisse de revenus peut être vertigineuse dans des très grandes stations et un peu moins dans des stations-village et des stations de proximité ». L’absence d’activité en décembre et pendant les vacances de Noël a privé déjà les remontées mécaniques de 25 % de journées-skieurs (Source DSF) avec par ricochet des conséquences lourdes pour les commerces de location et de vente de matériel de sports.

Amputés de 85 % au moins de revenus déjà pendant 3 bonnes semaines sur les 9 d’activité pleine d’une saison hivernale 2020/21, et déjà privés de recettes au 15 mars dernier et le 1er confinement, les loueurs et vendeurs en montagne d'équipements pour les sports d'hiver sont en fragilité économique. En plaine également, les magasins spécialisés dans le ski et le snowboard sont touchés sérieusement. De nombreux fournisseurs aussi.

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