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45,2 % des jeunes filles arrêtent le sport à l’adolescence

19/01/2026
« 45,2 % des jeunes filles (âgées de 13 à 20 ans) arrêtent le sport à l’adolescence malgré un intérêt réel », selon l’étude « Adolescentes & sport : le grand décrochage » réalisée par le cabinet Kantar Sport, commandée par MGEN et publiée le 13 janvier 2026.

Près d’une adolescente sur deux abandonne toute activité sportive avant l’âge de 15 ans, un chiffre six fois supérieur à celui observé chez les garçons. Selon Clothilde Truffaut, administratrice déléguée aux engagements sociétaux et à la coopération internationale de la MGEN, cette désaffection s’explique par l’accumulation de quatre grands types de freins : des contraintes organisationnelles, financières, psychologiques et environnementales.

Le premier d’entre eux concerne l’inadéquation entre la pratique sportive et les réalités du corps féminin. Ainsi, 63 % des jeunes interrogées estiment que les transformations liées à la puberté altèrent leur plaisir de faire du sport, tandis que 55 % déclarent que leurs règles constituent un obstacle à une pratique régulière. Plus de la moitié (53 %) jugent également que l’encadrement sportif ne prend pas suffisamment en compte leurs besoins spécifiques.

« Le corps féminin n’est pas stable : il évolue constamment. Or le sport est encore largement conçu à partir d’un modèle de corps supposé neutre et immuable. Les jeunes filles évoquent pourtant des fluctuations d’énergie, des douleurs, de la fatigue ou encore des variations d’humeur selon les moments de leur cycle. Il existe donc un écart réel entre les exigences de la pratique sportive et ce que leur corps peut supporter », analyse Sonia Langlet, consultante ayant participé à l’étude menée par Kantar Sport.

À cette difficulté s’ajoute un climat social perçu comme pesant. 61 % des répondantes disent se sentir observées ou jugées lorsqu’elles font du sport. Parmi elles, 41 % ont cessé leur activité parce qu’elles se sentaient mal à l’aise avec leur apparence physique, et 55 % considèrent que leur corps ne correspond pas aux standards sportifs mis en avant sur les réseaux sociaux. La question de la sécurité est également centrale : plus d’une jeune fille sur deux affirme ne pas se sentir toujours en sécurité dans ses lieux de pratique, et 42 % rapportent avoir déjà été confrontées à des comportements discriminatoires (moqueries, harcèlement, sexisme). Ces situations concernent 47,3 % des 19-20 ans, contre 37 % chez les 13-16 ans et 46,6 % chez les 17-18 ans.

Enfin, l’accès limité à certaines disciplines – 33 % des sondées indiquent ne pas avoir de section féminine à proximité – ainsi que la domination d’une culture de la performance au détriment d’une pratique récréative constituent deux freins supplémentaires. « Les jeunes filles ne s’interrogent pas uniquement sur leur niveau, mais sur leur légitimité même à pratiquer. 41 % d’entre elles estiment que certains sports restent perçus comme masculins, ce qui nourrit un sentiment d’exclusion. Par ailleurs, la place centrale accordée à la compétition transforme le sport en une forme d’évaluation permanente, générant pression et stress », conclut Sonia Langlet.

La Rédaction

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