
Avec les Jeux, le pari ferroviaire des Alpes sur des rails incertains
Les Jeux olympiques d’hiver 2030 organisés dans les Alpes françaises doivent laisser derrière eux un véritable héritage en matière de mobilité. L’État et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont annoncé un plan d’investissement de 520 millions d’euros, dont 342 millions destinés au ferroviaire. L’ambition affichée : faciliter l’accès aux sites olympiques en réduisant notamment le temps de trajet Marseille–Briançon et en aménageant un pôle d’échanges multimodal à Briançon. Selon la SNCF, ce projet est appelé à « bouleverser la vie » des habitants d’un territoire enclavé, dépourvu d’autoroute. Mais sur le terrain, l’enthousiasme reste prudent, en particulier à Veynes, véritable « étoile ferroviaire » des Alpes, où le riche passé ferroviaire se conjugue aujourd’hui à de nombreuses incertitudes.
Nichée au cœur d’une vallée, cette commune de 3 200 habitants fut jadis un pôle majeur du rail, accueillant jusqu’à 700 familles cheminotes au XXe siècle. Elle célèbre cette année les 150 ans de l’arrivée du train, mais les signes de déclin s’accumulent : fermeture du guichet SNCF en décembre 2024, remplacé par une équipe itinérante, suspension à venir d’une voie d’aiguillage pendant un an, et même la transformation du Buffet de la gare en épicerie associative. Dans ce contexte, les annonces liées aux Jeux sont perçues comme une chance à saisir, mais beaucoup craignent que les investissements se limitent aux besoins immédiats de l’événement sportif.
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