Une étude menée dans huit pays par l’association Attitude Prévention révèle que les pays européens les plus peuplés, dont la France, sont tous touchés par la sédentarité et que leurs citoyens en ignorent souvent les risques. 

Selon l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps), on est sédentaire au-delà de 7 heures passées assis par jour. En moyenne, les adultes européens passent 7h26 assis par jour et les Français 7h24. Le niveau de sédentarité est cependant inégal selon les pays (voir infographie), selon un sondage réalisé en ligne par Harris Interactive du 13 au 23 avril 2018 pour Attitude Prévention.

Interrogés sur les risques de santé liés à la sédentarité, 72% des Européens ignorent que la sédentarité a une incidence sur différents risques de santé. Le plus souvent, les risques méconnus par les Européens sont ceux liés au cancer, ou dans une moindre mesure ceux liés aux troubles psychologiques (dépression, anxiété) et au diabète. L’effet de la sédentarité sur l’obésité et les maladies cardiovasculaires est mieux identifié.

Une attente d’équipements plus nombreux en Europe du Sud

L’étude, riche et bien documentée, revient également sur la pratique différenciée des loisirs selon les pays européens et sur l’influence des infrastructures dédiées à l’activité physique et sportive. Qu’il s’agisse d’espaces adaptés aux activités en plein air (parcs, jardins…), d’infrastructures permettant de faire du sport (terrains et salles de sports…), ou encore de celles dédiées aux modes de déplacements doux (trottoirs, pistes cyclables…), la Finlande, l’Allemagne et les Pays-Bas semblent particulièrement bien pourvus. À l’inverse, en Italie, en Espagne et au Portugal, moins de 6 personnes sur 10 jugent avoir accès à suffisamment de terrains ou salles de sport ou de trottoirs et pistes cyclables. La France se situe entre les deux.

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Un comité copiloté par la Directrice des Sports et par le Directeur Général de la Santé en vue de l’élaboration d’une stratégie nationale du sport-santé a été instauré le 12 avril dernier. Il s’appuie sur les recommandations d’un rapport conjoint entre l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale de la jeunesse et des sports, évaluant les « actions menées en matière d’activité physique et sportive à des fins de santé » remis le jour même à la ministre de la Santé et des Solidarités et la ministre des Sports.

Ce rapport, demandé l’été dernier, s’inscrit dans la démarche de promotion de l’activité physique engagée par le gouvernement. Il constitue donc une base de travail pour lever les freins au développement de l’activité physique à des fins de prévention primaire mais aussi comme « thérapeutique non-médicamenteuse ». La mission, qui a relevé les très nombreuses initiatives menées sur le territoire, insiste sur la nécessaire reconnaissance du rôle de l’activité physique en matière de santé par un “copilotage” renforcé au niveau national.

Recenser l’offre de sport sur ordonnance

S’agissant du « sport sur ordonnance », la mission préconise le recensement et la visibilité accrue de l’offre d’activités physiques dans un objectif de qualité en agissant notamment sur le contenu des formations des professionnels de santé et du sport. Quant aux « maisons sport-santé », engagement de la ministre des Sports conformément à sa feuille de route, la mission suggère de les créer à partir des réseaux de coordination ou des structures de santé pluridisciplinaires existant au niveau local, sur la base d’un cahier des charges précis et partagé.

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