A l’heure des premiers bilans, le dynamisme affiché par le marché français des articles de sport a de quoi faire pâlir nombre d’autres secteurs d’activité. En complément du dossier qui vient de paraître dans le magazine Filière Sport n°25-26 de janvier-février, filièresport.com publie un dossier actualisé avec les analyses de la FPS, de l’IFM et de NPD, en trois parties :

1. Les ventes d’articles de sport en vive croissance (pour lire l’article, cliquer ici)

2. Les magasins de sport en pointe (pour lire l’article, cliquer ici)

3. Des résultats contrastés pour le textile (pour lire l’article cliquer ici)

Le marché français des équipements, textile et chaussure de sport a progressé de 3 % en 2014, ce qui constitue “la meilleure croissance de ces cinq dernières années“, selon la société d’étude NPD. 

Depuis le début de la décennie, le marché oscille en effet entre croissance zéro (2010 par rapport à 2009) et + 2 % (en 2011 et 2012). Il se situait en 2013 à – 1 %. Le marché est notamment porté par la chaussure de sport, en hausse de 8 % en valeur l’an dernier selon NPD, tandis que le textile reprend des couleurs, à + 1 %. Ce rebond du textile, qui était en recul depuis 2013 semble plus portée par les magasins de mode que par les spécialistes sport, qui sont en repli sur le textile en 2014 selon la FPS et l’IFM. Les pantalons de survêtement, pantacourts, vestes coupe-vent/imperméables, tops stretch, doudounes sans manche et maillots de football bénéficie de hausses de plus de 5 %. En terme de disciplines pratiquées, le running, le basketball et les activités pratiquées en clubs de gym sont les moteurs de l’activité.

L’enfant en net recul

Côté catégories de consommateurs, l’homme et la femme sont en progression, tandis que l’enfant est en net recul (- 4%), ce qui s’explique par “la baisse des prix pratiqués sur certains segments textiles (vêtements de ski en junior et survêtements) mais aussi le recul des ventes de baskets “lifestyle” pour les tout-petits  – le phénomène des chaussures de marque pour les bébé semblant passer de mode“, explique NPD. Le budget annuel moyen en équipement de la personne (chaussures et textile) s’établit à 115 € chez les hommes et 67 € chez les femmes (14 ans et plus). Les 15-24 ans sont les plus dépensiers avec 154 € par an (hommes et femme confondus), deux fois plus que les 45-54 ans.

Moindre croissance en 2015

Dans un contexte d’inflation très faible ou nulle, “2015 sera forcément moins bon” que 2014, annonce Renaud Vaschalde, analyste sport chez NPD. “Nous anticipons tout de même une croissance modeste de 2 % sur le marché total sport, plus spécifiquement sur le secteur de la chaussure (+ 3 %) et du textile (+ 1 %)“, précise-t-il.

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Selon l’Institut Français de la Mode (IFM), la consommation d’habillement a reculé de 0,9% en 2014, 7ème année consécutive de repli en France. Hélène Fourneau, responsable des enquêtes et Evelyne Chaballier, experte IFM, analysent la tendance et ses conséquences pour le secteur sport.

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Evolution Consommation d'habillement 2011 - 2015Filieresport –  L’année 2014 a été marquée par un nouveau recul de la consommation d’habillement en France. Comment analysez-vous ces résultats ?

Hélène Fourneau : Depuis 2008 et le début de la crise, la consommation textile est effectivement en repli, même si le recul est moindre depuis 2 ans (successivement -0,7% et -0,9%). Il est néanmoins clair que les arbitrages des consommateurs se font au détriment de leur budget d’habillement. En 2014, on a assisté à un retournement de la part des consommateurs : la tendance du « moins mais mieux » que l’on observait depuis 3 ans a laissé place à « du plus mais moins cher » avec une augmentation des volumes n’ayant pas réussi à contrebalancer la baisse des prix moyens.

De quel ordre est la baisse du prix moyen ?

HF – Le prix moyen a reculé d’environ 4% en 2014. Outre cette volonté affichée d’acheter moins cher, on a également observé des évolutions dans le choix des produits. Par exemple, les consommateurs se sont massivement tournés vers les doudounes au détriment des manteaux et grosses vestes, ce qui a logiquement impacté le prix moyen. Autre exemple frappant, sur un même produit cette fois-ci, le prix moyen du costume s’est effondré, passant de 150 euros à 120 euros en quelques années.

Evelyne Chaballier – Il faut dire que l’offre est très orientée « prix bas », et que tant que les consommateurs jugent la qualité acceptable, ils continueront à plébisciter ce marqueur.

L’homme avait affiché de bons résultats ces dernières années. La tendance fût la même en 2014 ?

HF – Il est vrai que sur les dernières années, on avait assisté au réveil de la consommation masculine. En 2014, les hommes sont devenus plus raisonnables et sont rentrés dans le rang (-1,8% en valeur). Cette année marque surtout le retour de la femme (-0,3% en valeur), toujours très attachée à la mode et qui a plus dépensé que précédemment. En 2014, la femme a re-consommé ! Enfin, l’enfant est toujours en difficulté (-0,8%), un segment où la consommation alternative marche à plein (vide-grenier, occasion).

Capture d’écran 2015-01-19 à 16.40.18 (retour au dossier : cliquer ici)

Filieresport – Dans un contexte de baisse de la consommation d’habillement, comment se comportent les enseignes de sport ?

HF – Selon nos estimations, le chiffre d’affaires des enseignes spécialisées sport est en recul de (suite…)