(si la vidéo ne s’affiche pas, rechargez la page)

 

Certes, le gouvernement avait annoncé qu’il réduirait le champ du bonus VAE mais on ne s’attendait pas un à tel tour de vis ! En effet, le « nouveau bonus VAE complète le montant de l’aide allouée par une collectivité locale sans jamais lui être supérieur », précise le décret, et reste limité à 20 % du coût d’acquisition TTC dans la limite de 200 euros… En clair, même non imposable, une personne qui n’habite pas dans une commune qui soutient financièrement l’achat d’un VAE n’en bénéficiera pas. Autant dire que le nombre de bénéficiaires risque de se réduire à peau de chagrin… « L’aide n’est pas suffisante pour inciter les populations ciblées à acheter un VAE et elle exclut les travailleurs pauvres mais imposables », analyse Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub). Autre critique des « pro vélo » à l’égard du nouveau dispositif : en conditionnant l’aide au cumul de critères de revenus et de territorialité, il risque de rompre l’égalité entre les citoyens, le montant de l’aide dépendant du dispositif adopté (ou non) par chaque commune…

La rançon du succès

Avec plus de 175 000 aides à l’achat payées en 2017 et sans doute plusieurs dizaines de milliers de demandes éligibles toujours dans le tuyaux – on parle d’un total de plus de 200 000 aides au titre de l’exercice  – soit quasiment le double de ce qui avait été envisagé initialement, « Le système du bonus VAE a sans doute été dépassé par son succès, admet un proche du dossier. Il est toutefois regrettable d’arrêter une mesure qui, en moins d’un an, a favorisé l’essor de la filière sans lui donner le temps de se structurer et a permis de faire revenir au vélo des populations qui ne le pratiquaient plus. » Et si la mesure a coûté plus que prévu, ses défenseurs soulignent que les montants en jeu sont sans comparaison avec ceux des aides à l’achat de deux ou trois roues électriques, nettement supérieures à celle des VAE sans faire l’objet d’aussi sévères restrictions.

L’enjeu du Plan vélo

Du côté des organisations soutenant l’usage du vélo, c’est évidemment la déception. Ainsi, le Club des villes et territoires cyclables « regrette que les nouvelles modalités du bonus VAE ne prennent pas en compte les préconisations du groupe de travail des Assises de la mobilités qui s’est prononcé pour le maintien du bonus VAE2 ». Le Club cite la mesure 10 du rapport, qui demandait une « prime universelle à l’image dube celles mises en place pour les voitures et scooters électriques », calculée à l’identique pour tous les véhicules et étendue aux vélos cargo sans assistance électrique et aux VAE utilitaires à assistance électrique.

Pour la Fub, Olivier Schneider, interrogé à chaud par Filièresport, affichait une position d’ouverture : «  À titre personnel, je reste favorable au premier bonus vélo mais une politique cyclable ne se limite pas à ce type de mesure, explique-t-il. J’ai envie de dire au gouvernement : si on oublie le bonus VAE, que mettez-vous à la place ? Notre enquête Parlons vélo montre que les gens attendent de vraies pistes cyclables et des parkings à vélo sécurisés. Nous proposons un plan d’investissement de 200 millions d’euros pour le vélo. » Une revendication qu’il entend bien mettre en avant dans le cadre du futur nouveau Plan vélo en cours d’élaboration… Dans un communiqué publié le 5 janvier, la Fub réaffirmait tous les arguments en faveur d’un bonus VAE généreusx (cliquez ici pour consulter l’infographie) , et affichait son espoir que, malgré «signal inquiétant » envoyé par le gouvernement, « la stratégie de mobilité que le Gouvernement présentera en février 2018, comportera bien un plan vélo sincère, assumé et financé. »

Olivier Costil

Invitée du congrès annuel du Club des villes et territoires cyclables, dans le cadre des Rencontres des transports publics, mardi 10 octobre à Marseille, la ministre des Transports Elisabeth Borne a annoncé qu’un “nouveau dispositif de soutien” à l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE) devrait être mis en place en 2018, après l’annonce récente de la fin de la prime en février.

Absente du Projet de loi de finances (PLF) 2018, la prime à l’achat d’un VAE “ne répondait pas complètement à l’objectif que l’Etat s’était fixé en la matière, même si elle a pu permettre un développement du marché“, a expliqué Elisabeth Borne. “Le gouvernement, et moi en particulier, sommes attachés au soutien aux mobilités actives, et le débat qui s’ouvre dans le cadre des Assises de la mobilité doit permettre d’imaginer un nouveau dispositif de soutien“, a précisé Elisabeth Borne, qui “souhaite mettre en oeuvre des nouveaux outils simples et efficaces dès 2018“. Le gouvernement semble vouloir s’orienter vers un bonus plus ciblé sur la population active et les zones urbaines. Pour l’heure, aucun système de remplacement n’est pour l’heure annoncé dans le PLF 2018…

Mesure adoptée en février 2017, la subvention d’Etat à l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE), communément appelée bonus VAE,  n’a pas été reconduite par le gouvernement. “Nous avons considéré que ce n’était pas à l’Etat de continuer à subventionner le vélo électrique, dans la mesure où quand il l’avait fait, les collectivités locales ne le faisaient pas“, a justifié le ministre Gérald Darmanin, interrogé sur RTL.

En plein démarrage des Assises nationales de la mobilité, et alors que ce bonus rencontre un véritable succès auprès des Français, la décision a immédiatement fait réagir les professionnels, rassemblés derrière le Club des villes et territoires cyclables. Son président, Pierre Serne, s’interroge :  “Faut-il participer aux Assises de la mobilité pendant les trois prochains mois ? Après un si mauvais signal de départ, nous attendons du gouvernement qu’il apporte des engagements (puisqu’après tout la loi de finances n’est pas encore votée), notamment à 11 jours de l’ouverture des Rencontres nationales du transport public et de notre 21e congrès national à Marseille.” Le Club rappelle notamment ” les bénéfices multiples, évalués, de l’usage du VAE en termes d’environnement, de santé publique et d’emploi. Le VAE étend le domaine d’emploi du vélo, en touchant des personnes jusqu’alors éloignées de ce mode : les actifs, les femmes, les personnes de plus de 50 ans, les personnes souffrant de handicap.” Quant à l’enjeu financier, Pierre Serne a beau jeu de rappeler qu’avec le montant d’une seule prime pour l’achat d’une voiture électrique, on finance celles de “30 vélos à assistance électrique. L’enjeu n’est donc manifestement pas les économies réalisées”. En risquant de ralentir l’essor du VAE, l’abandon du bonus pourrait également avoir des conséquences sur la filière économique créatrice d’emplois locaux qui commence à se structurer autour de ce marché.

Lire aussi : le raz-de-marée du bonus VAE décrypté

Mise en place le 20 février 2017, la prime pour l’achat de vélos à assistance électrique (VAE), d’un montant de 20% du prix d’achat dans la limite de 200 euros, rencontre un vif succès. Ainsi, 150 000 primes ont été sollicitées au 15 septembre 2017. Le décret du 16 février 2017 dispose que cette aide à l’achat prend fin au 31 janvier 2018, ce qui n’est pas le cas du bonus pour le véhicule et le cyclomoteur électriques. Pour les professionnels, dont l’Union sport & cycle, “la pérennisation de cette mesure doit figurer sur la feuille de route du ministère de la Transition écologique et solidaire notamment, en préparation du projet de Loi de finances pour 2018″. Une étude réalisée par l’Ademe en 2016 démontre l’impact du VAE sur la mobilité “décarbonée”. Les résultats de nombreuses enquêtes mettent par ailleurs en évidence que les distances des trajets domicile‐travail effectuées en VAE sont comprises entre 7 et 9 km, et sont donc très nettement supérieures au trajet moyen réalisé par les personnes qui se rendent au travail à vélo actuellement. L’assistance électrique élargit également le champ des possibles en matière de transport de charges et de personnes à vélo. Les entreprises et les collectivités, éligibles à la prime l’achat de VAE, s’équipent de plus en plus.

Un gisement d’emplois non délocalisables

Soutenir le VAE est un investissement rentable comme le montrent les observations conduites en France et une étude réalisée par la European Cyclists’ Federation sur les incitations fiscales à l’écomobilité. L’Autriche a développé le marché du VAE le plus important d’Europe grâce à plusieurs niveaux de prime à l’achat (national, régional et local). En France, près de 40% des VAE vendus chaque année sont français et le déploiement du réseau des points de vente et d’entretien réparation de vélos et de VAE, avec leur retour dans les centres villes, est boosté par l’essor des ventes de VAE depuis quelques années. Ces acteurs économiques locaux représentent une composante indispensable du déploiement d’un véritable  “système vélo”.

Coup d’arrêt prématuré

Les emplois qualifiés créés dans ces points de vente et réparation ne doivent pas être fragilisés par l’arrêt du dispositif d’aide. De même qu’il serait incompréhensible de ne pas le reconduire sans attendre l’évaluation de ce dispositif et les résultats de l’enquête sur l’usage du VAE qui a été proposée aux bénéficiaires de l’aide. A l’inverse, le maintien de la prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique s’inscrit parfaitement dans les objectifs du gouvernement pour une transition vers une mobilité propre, qui vise 12,5% de part modale vélo en 2030.