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– par Pierre Gogin, président délégué de la FPS

A l’heure de la COP 21 et de la promotion des modes de transports alternatifs et propres, l’ordonnance n° 2015-1682 du 17 décembre 2015 portant simplification de certains régimes d’autorisation préalable est venu discrètement et inutilement supprimer une disposition pourtant vertueuse en matière de sécurité des cyclistes et de qualité de service.

De quoi s’agit-il ?

Depuis la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 et son article 16, l’entretien et la réparation des cycles au niveau professionnel ne pouvaient être effectués que par une personne qualifiée, par exemple disposant d’un certification de qualification professionnelle (CQP). Et pendant près de 10 ans, cette exigence a ainsi permis de professionnaliser les 10 000 emplois autour du vélo, métiers en forte progression assurant le minimum de sécurité et de qualité aux utilisateurs et consommateurs.

Avec l’ordonnance du 17 décembre, cette exigence de qualification minimale est désormais supprimée, son article 9 ne l’imposant plus qu’aux seuls véhicules à moteur : une décision totalement incompréhensible et qui présente en outre un réel risque pour la sécurité des consommateurs.

Un scandale sur le plan social

Tout d’abord, cette suppression est scandaleuse sur le plan social. Depuis 1996, des milliers de jeunes ont préparé et passé avec succès le fameux CQP leur permettant de travailler dans des commerces de cycles ou de sports. En revenant sur cette exigence, l’ordonnance vient, de fait, totalement et brutalement, dévaloriser leur diplôme, souvent le seul ! Inutilement qui plus est, puisque le CQP, à contrario peut-être d’un CAP, n’a jamais représenté un quelconque frein à l’exercice de réparateur de cycles.

En outre cette suppression va inévitablement à l’encontre de la sécurité des cyclistes. Avec 159 morts par an, un chiffre en augmentation de 8% depuis 2010, les cyclistes payent déjà un lourd tribut en matière de sécurité routière. Fortement exposés par les risques inhérents à leur cohabitation avec les véhicules motorisés (moins exposés), cette mesure, va engendrer un surplus d’accidents du fait de réglages mal effectués.

Des risques de montage défectueux

De nombreux professionnels du secteur nous alertent régulièrement sur des cas d’accidents provenant de réglages ou de montages défectueux effectués par les particuliers ou des non-professionnels. Il est vrai qu’un défaut de montage ou de réglage de freins ou de pédalier peut avoir des conséquences dramatiques. Et les opérations de réglage sont largement sous-estimées par les consommateurs, qui ignorent tout des spécifications techniques pour éviter tout risque. Une tendance d’ailleurs d’autant plus préoccupante que les montures se complexifient, comme en atteste le boom des vélos à assistance électrique (VAE), à la technicité autrement plus importante (présence de batterie et de moteurs) qu’un vélo « classique ».

Pour conclure, nous ne pouvons qu’être en phase avec le gouvernement quand il s’agit de simplifier la vie des entreprises ou favoriser l’emploi. Mais là, cette suppression d’une qualification minimale pour l’exercice de ce métier technique en plein développement est une grave erreur car inutile, anti-sociale et dangereuse.

Il est donc capital de corriger cette erreur.

Pour accompagner l’explosion du running en France, le CNPC Sport a mis en place une nouvelle qualification professionnelle de Technicien-vendeur Running-courses à pied. La première session a ouvert en février 2015 à Grenoble. Elle parrainée par Julien Rancon, champion de France 2015 des courses de montagne.

Ce nouveau diplôme souhaité par la FPS (Fédération professionnelle des entreprises du sport), est accessible par validation des acquis de l’expérience (VAE) ou en formation continue après une formation de 259 heures. Il concerne les 1 700 vendeurs running en poste dans les magasins de sport mais aussi ceux qui cherchent un emploi dans le secteur. Selon le CNPC, plus de 100 concepts différents de chaussures de course sont proposées en France, dans quelque 1800 grandes surfaces et 400 magasins spécialisés qui se partagent le marché du running. Le CQP Running s’ajoute aux 3 CQP déjà proposés par le CNPC (technicien produit glisse, technicien en maintenance cycle, technicien produit sports de raquettes).