A l’occasion de l’ouverture du Casa Padel, le plus grand centre indoor consacré à ce sport de raquette en France, situé à Saint-Denis (93), l’équipe de Filièresport a pu tester la nouvelle discipline qui agite le monde des passionnés de la petite balle jaune (et pas que !) : le padel tennis.

Avec ses 380 terrains et ses 20 000 pratiquants réguliers en France, le padel est encore aux temps des pionniers. Originaire du Mexique et très répandu en Espagne, le padel, qui compte 8 millions d’adeptes de par le monde, est considérée par beaucoup comme la future révolution des sports de raquette dans les années à venir. La Fédération française de tennis l’a d’ailleurs bien compris, qui détient la délégation ministérielle pour le développement de la pratique. En étant licencié de tennis, vous n’avez pas pas besoin de nouvelle licence pour accéder aux tournois de padel… La promesse de cette discipline ? Plus facile d’accès que le tennis, moins physique que le squash, bref le padel serait une sorte d’évolution ultime des sports de raquette, capable de séduire un large éventail de pratiquant(e)s de 7 à 77 ans… Alors qu’en est-il en réalité ?

Une prise en main ultra-rapide pour un plaisir de jeu immédiat !

A Casa Padel, la première impression est d’ordre visuel. La couleur des terrains offre une attrayante mosaïque qui reprend les codes couleurs des principaux tournois du Grand Chelem : ocre pour Roland-Garros, vert pour Wimbledon, bleu pour l’US Open. Mais ne vous y trompez pas, vous ne trouverez pas de terre battue ou de gazon sur vos terrains de padel, la surface (officielle) est un mélange de synthétique et de sable. Le rendu est très agréable et le revêtement facilite les déplacements sur le court. C’est évidemment un argument de poids à destination des seniors, qui pourront soulager leurs articulations mises à mal par des années de pratique sur Taraflex. Les jeunes, eux, s’éclateront à imiter les plongeons de Gaël Monfils, tout en veillant à venir s’échouer sur les vitres en verre qui bordent le cours.

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La seconde impression concerne la raquette. Au premier abord, cette dernière ressemble à une raquette de plage qui aurait trop mangé. Son poids n’est pas si négligeable : elle pèse autant que sa cousine du tennis. Pour autant, sa prise en main est rapide et on oublie vite le port de la dragonne, une sécurité rendue nécessaire pour éviter les jets intempestifs de raquette, qui pourraient assommer votre partenaire ou adversaire (une solution pour rallonger l’espérance de vie des raquettes de Benoit Paire ?).

Mixité facilitée

Niveau jouabilité, la promesse d’accessibilité est bel et bien au rendez-vous. Après deux ou trois coups de raquette, le béotien prendra plaisir à renvoyer la balle avec une certaine réussite dans le camp adverse. La prise en main est très rapide, et si le jeu avec les vitres s’avère parfois déroutant, la coordination avec son partenaire (oui, le padel se joue en double), se fait très naturellement. Sauf quand il oublie de couvrir son côté, mais c’est un autre problème. Beaucoup moins exigeant physiquement que le squash, les sets défilent sans essouffler outre mesure le sportif du dimanche. Chacun étant libre d’y mettre l’intensité adaptée à son niveau. Côté tactique, les joueurs les plus subtils pourront se mettre en évidence. Oubliez les effets, la majorité des coups se frappent à plat, oubliez les frappes à la Raonic, votre adversaire se fera un malin plaisir à relancer votre attaque après l’avoir laissée rebondir contre la vitre. Malices et variations sont les maîtres mots pour marquer un maximum de points. Aussi, le padel s’accorde très bien d’une pratique mixte, d’autant que le service est « neutralisé » par un coup à la cuillère.

Une invitation à y revenir

Au final, cette découverte du padel fut une invitation à y revenir. Plaisir immédiat, ambiance fun et schémas de jeux infinis au rendez-vous, toute l’équipe de Filièresport a été conquise par cette pratique, qui n’attend plus que des infrastructures*, pour exploser en France !

Jean-Philippe Frey & Tom Loumagne

* Un grand merci à l’équipe du Casa Padel de nous avoir permis de tester le Padel Tennis. Pour les Parisiens, vous n’avez désormais plus d’excuses pour essayer, le complexe étant à 20 minutes du centre de Paris ! Tarifs : entre 6,50 € (heures creuses) à et 13 € (heures pleines) par personne pour 45 mn.

L’AVIS DES TESTEURS

 

Le padel émerge en France ! À Paris, Casa Padel ouvrira ses portes à Saint-Denis (93), près du Carrefour Pleyel, début juillet 2017, devenant le deuxième plus grand complexe de padel d’Europe et le plus grand en France, avec 4 000 m2.

En partenariat avec Adidas Padel, Casa Padel mettra 12 terrains de padel à disposition (dont quatre connectés et deux à vocation caritative), plus un espace fitness avec coaching personnel, un espace bien-être avec ostéopathie et massages, un espace lounge avec restaurant et bar à tapas, deux salles de séminaire et des navettes pour un accès facile.

Casa padel vu de l’intérieur

Le padel, qui se développe chaque année, a attiré plus de 20 000 joueurs en 2016 pratiquant au moins une fois par semaine. Parmi eux, 30% sont licenciés et 70% sont non-licenciés selon la FTT, détentrice de la délégation ministérielle pour le développement du padel en France.

Discipline en plein essor, le padel séduit au fil du temps de plus en plus de pratiquants (environ 50 000 en France), notamment encouragé par la Fédération française de tennis, détentrice de la délégation ministérielle depuis juillet 2014. L’équipementier Babolat apporte son soutien à la pratique en devenant partenaire officiel de la Fédération française de tennis pour le padel.

Ce partenariat entre la marque et la Fédération française de tennis s’étendra sur une durée de quatre ans (de 2017 à 2020). Dans le cadre de cet accord, Babolat accompagnera la pratique dite « loisir », en soutenant notamment la formation d’entraîneurs, mais aussi la compétition en parrainant les championnats de France, le classement ainsi que le circuit de tournois de catégorie « P100 » qui aura lieu jusqu’à décembre et se confluera par un Master à Toulouse. L’équipementier apportera également son soutien aux différentes équipes de France de padel avec une visibilité sur le maillot.

Selon une étude de l’Union Sport & cycle, réalisée en partenariat avec la Fédération Française de Tennis (FFT), sur un échantillon de 4800 individus, représentatif des licenciés de la FFT, 4,4 millions de personnes pratiquent le tennis en France, dont 1 million de licenciés. Le tennis est ainsi le deuxième sport le plus pratiqué en club derrière le football (2,2 millions). La fédération compte quelque 8000 clubs affiliés.

Des licenciés férus de compétition

Selon l’étude, la quasi-totalité des licenciés (93% des répondants) s’entraînent une fois par semaine (20 % chez les non licenciés). Ils sont aussi très fidèles avec leur partenaire de club, avec qui ils sont 82 % à jouer habituellement. Et pour 58% d’entre eux, ce sont des compétiteurs individuels, dont 56% d’adeptes des rencontres par équipes. On constate aussi de fortes connections entre le tennis et d’autres sports : 26% des licenciés pratiquent aussi le running, 20% le ping-pong et 14% le badminton. Le padel devient une activité désirée car 97% des licenciés se disent intéressés par une pratique de ce sport, en complément de la petite balle jaune.

Un marché de 300 M€ par an

Selon les estimations de l’étude, les licenciés de tennis consomment pour 300 millions d’euros par an d’équipements pour pratiquer leur sport favori. Côté matériel, 300 000 raquettes sont vendues chaque année en France. Leur consommation varie peu, avec plus de 65% de personnes qui n’en changent que tous les 3 ans, pour un prix annuel d’environ 135 euros, soit 40% du budget tennis. En revanche, on observe un engouement pour les objets connectés, que 30 % des licenciés envisagent prochainement d’acheter.

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Henri Leconte - copieHenri Leconte s’est découvert une passion pour le padel lors d’un séjour en Espagne. En 2013, il crée sa société, HL Padel, qui installe des terrains privés. Aujourd’hui, le tennisman se veut l’ambassadeur de ce sport en France, dont il assure d’ailleurs actuellement la promotion à Roland-Garros. Interview réalisée dans le cadre du dossier Raquettes dans Filière Sport magazine à paraître ce 28 mai.

Henri Leconte, comment avez-vous découvert le padel ?

J’ai découvert ce sport il y a huit ans grâce à mon ami Manolo Santana lors de vacances à Marbella. Il faut savoir qu’en Espagne, ce sport est une institution et que l’on compte plus de joueurs de padel que de tennis (NDLR : environ 3,5 millions contre 2,5 millions). Le padel est super accessible, ludique et ne demande ni une condition physique hors normes ni un niveau technique incroyable. J’ai tout de suite accroché. Et je n’ai jamais cessé de pratiquer cette discipline depuis ce moment.

Certes, mais comment êtes-vous passé de la passion à la création d’une société qui cherche à développer le padel en France ?

Comme souvent dans une aventure, tout est parti d’une discussion avec des amis qui voulaient investir et qui croyaient en ce sport. Nous sommes partis du constat simple que le padel avait un fort potentiel de développement de par sa pratique simple et de par son poids économique abordable. Un terrain neuf revient en moyenne à 25 000 € quand un court de tennis en coûte au moins le double. Economiquement, un terrain est amorti en moins de deux ans. De plus, comme le tennis stagne en France depuis une vingtaine d’années, le padel est une formidable chance de dynamiser les sports de raquettes en France. Et de redonner ainsi vie aux clubs en quête d’un second souffle.

Qu’est ce qui vous fait croire que le padel va décoller en France ?

Je vous l’ai dit. La pratique est simple et abordable pour les pratiquants comme pour les clubs de tennis, ceux qui souhaitent se diversifier autant les clubs privés 100% padel. Nos premiers chiffres le prouvent. HL Padel a déjà fourni quatre grands clubs en France : Aix-en-Provence, Manosque, Sète et Ajaccio. Et HL Padel ne fait pas que construire des courts. Je m’implique directement et concrètement. Quand on signe avec un partenaire, je m’engage contractuellement à venir jouer au moins une fois par an. Nous assurons aussi le service après vente. Enfin, en 2016, nous lancerons le Henri Leconte Padel Tour. Notre action privée n’est pas isolée. La FFT a parfaitement saisi le potentiel du padel. Nous travaillons main dans la main afin de promouvoir cette discipline.

Vous offrez d’ailleurs des démonstrations de padel lors des prochains Internationaux de France …

Absolument. La FFT nous ouvre ses portes à l’occasion de Roland-Garros 2015. Nous avons installé des courts de padel (qui resteront huit mois dans l’enceinte de RG, NDLR) et nous offrons des démonstrations quotidiennes au public. Je vais moi-même y participer avec d’autres ex-champions de tennis.

Propos recueillis par J.-F. Pibre

Retrouvez dans le magazine Filière Sport n°29-30, à paraître ce jeudi 28 mai, notre enquête sur l’émergence du padel en France.