De g. à d. : Pierre Gogin (Union sport & cycle), Aleksandar Nikolic (FN), Michel Savin (LR), Jean Gallice (France insoumise), Christophe Castaner (En Marche !), Bally Bagayoko (France insoumise), Olivier Dulac (Sporsora), Stéphane Traineau (LR), Régis Juanico (PS) et Gaëlle Millon (animatrice du débat).

L’Union sport & cycle et Sporsora ont organisé, mardi 18 avril 2017, l’unique conférence-débat de la campagne consacré aux programmes « sport » des cinq principaux candidats à l’élection présidentielle. Le syndicat professionnel salue le consensus des candidats sur la pratique sportive, ainsi que sur les grands événements sportifs, et met en avant ses propres propositions pour le volet « économie du sport ».

Organisée avec le soutien du Medef Sport, de l’association Sport & Citoyenneté et de l’Association nationale des ligues de sport professionnel, la conférence  a permis de “remettre le sport au coeur du débat présidentiel“, souligne l’Union. Quelque 200 professionnels du sport ont ainsi pu prendre connaissance des programmes pour le secteur sport de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, par la voix de leurs représentants respectifs.

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Consensus sur la pratique des activités physiques et sportives

Premier satisfecit de l’Union sport & cycle,« les cinq principaux candidats ont définitivement intégré l’intérêt de promouvoir la pratique d’activités physiques et sportives dans un but de santé publique, de cohésion sociale et d’éducation. » Ainsi, pour Aleksandar Nikolic, représentant de Marine Le Pen, « le sport a une dimension géopolitique. Il participe à l’image d’une nation, à la promotion du pays. » Après avoir affirmé que « le sport est au cœur de nos actions publiques », Christophe Castaner, représentant d’Emmanuel Macron, a de son côté annoncé : « Notre ambition est d’accroitre le nombre de pratiquants réguliers de 3 millions. Nous souhaitons également ouvrir 500 maisons du sport santé qui auront un rôle dans la prise en charge des personnes atteintes d’affection de longue durée. » Pour Bally Bagayoko, représentant de Jean-Luc Mélenchon, « La situation actuelle est inégalitaire. La question est de savoir comment permettre aux non pratiquants d’accéder au sport ? » Michel Savin, représentant de François Fillon, entend « pérenniser le temps scolaire dédié au sport et renforcer les partenariats clubs-école pour permettre de découvrir des activités physiques au sein des écoles. » Régis Juanico, représentant de Benoit Hamon, souhaite « installer des parcours sportifs à l’école primaire, secondaire mais aussi en entreprises. »

La part belle au grands événements sportifs internationaux

Au chapitre, « Le sport comme levier de croissance et source d’emploi », qui concerne particulièrement les entreprises membres de l’Union sport & cycle, les candidats sont unanimes derrière la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 et soutiennent l’accueil d’autres grands événements sportifs internationaux. Les représentants de Jean-Luc Mélenchon ont même créé la surprise en se ralliant à la candidature, alors que leur candidat s’était prononcé contre. Pour Bally Bagayoko, représentant de Jean-Luc Mélenchon : «Désormais la France est candidate. Il n’y a pas de refus de Jean-Luc Mélenchon mais une exigence : les milliards de financement publics prévus ne doivent pas être dépassés. Chaque l’euro dépensé soit utile sur le plan social et environnemental. » Selon Michel Savin, représentant de François Fillon : « Les JO à Paris en 2024 permettront de créer de l’emploi, de moderniser les transports, de développer le tourisme sportif et de rattraper le retard en équipement sur l’Ile de France ». Régis Juanico, représentant de Benoit Hamon déclare que « la politique des grands événements sportifs internationaux doit être poursuivie », tout en souhaitant « mieux évaluer leurs retombées économiques et l’emploi qu’ils génèrent ». Christophe Castaner, représentant d’Emmanuel Macron, affiche « la volonté d’accroitre l’investissement privé dans les équipements sportifs » et précise : « En matière de grands événements sportifs internationaux, nous recensons 1000 événements sur lesquels la France doit se mobiliser ».

“L’Etat doit s’engager sur des objectif concrets”

L’Union sport & cycle émet toutefois un bémol, le fait que seulement deux candidats ont évoqué l’enjeu de croissance et d’emploi lié aux entreprises du sport, qui représentent près de 100 000 emplois en France et plus de 2 milliards d’euros de valeur ajoutée versée au budget de l’Etat. Christophe Castaner, représentant d’Emmanuel Macron a fait mention de la Filière de l’économie du sport mise en place par l’ex-ministre de l’Economie : « La croissance des marchés liés au sport a été peu affectée par la crise. Il faut donc aider nos entreprises françaises à exporter, a-t-il rappelé. Pour cela nous souhaitons continuer la structuration de la filière de l’économie du sport et mieux intégrer la “sportech” en favorisant l’accueil de start-up étrangères. » Pour Michel Savin, représentant de François Fillon, « Les entreprises qui font des affaires en lien avec le sport sont nombreuses en France. Leur développement est important pour François Fillon qui prévoit une baisse des charges pour les entreprises et la simplification du code de travail. »

Pierre Gogin, premier coprésident de l’Union sport & cycle, salue « ce moment d’expression des principaux candidats à une élection majeure pour notre pays, indispensable pour les entreprises qui œuvrent dans l’univers du sport. La belle tenue de cette conférence et la richesse des propos va nous inciter à renouveler les échanges de ce type entre le monde politique et celui de l’entreprise. Car pour nous, et nonobstant la nécessaire décentralisation de la gouvernance et des politiques publiques dans ce domaine, l’Etat doit clairement davantage s’engager sur des objectifs nationaux très concrets en matière de promotion de la pratique sportive et de mobilité active ». Il cite en exemple les propositions suivantes :

  • le renforcement de la place du sport dans les programmes scolaires officiels ;
  • une loi de programmation de développement d’équipements sportifs de proximité ;
  • l’obligation de création de pistes cyclables en cas de rénovation de toutes routes départementales ;
  • l’encouragement des transports à vélo par le développement de l’IKV et la pérennité du bonus écologique VAE ;
  • la mise en place d’une fiscalité incitative pour les dépenses sportives et du chèque sport, à l’identique du chèque déjeuner ;
  • le développement du sport sur ordonnance médicale, pour les ALD et en matière de prévention.