Denis Holtzwarth (Asics)

Denis Holtzwarth (Asics)

Denis Holtzwarth est nommé directeur commercial d’Asics France. Cette action intervient alors qu’Asics désire renforcer sa position en tant que marque de sport performance en France, annonce un communiqué du groupe japonais. (suite…)

Si l’ensemble du textile-habillement affiche un repli de 0,5 % en janvier 2013 par rapport à janvier 2012 en valeur et à surface comparable, c’est exclusivement du au recul du textile (- 7 % pour le linge de maison, tissu au mètre et la mercerie-laine) : l’habillement affiche, lui une légère augmentation de 0,2 %, selon le dernier Distribilan de l’Institut français de la Mode

La période a profité aux commerces indépendants multimarques (+ 3,8 %) et aux chaînes spécialisées (+ 3,3 %). Les soldes ont ainsi plus ou moins rattrapé une saison médiocre : sur l’ensemble de la période septembre 2012-janvier 2013, la consommation d’habillement a enregistré un recul de 0,8 % et autant pour l’ensemble du textile-habillement.

L’activité du commerce de détail spécialisé augmenté de 0,2 % de janvier 2013 par rapport à janvier 2012, en France et à périmètre comparable, selon le panel mensuel de Procos (50 enseignes interrogées sur leurs performances dans 50 pôles de référence, situés dans 15 agglomérations).

Cette évolution se réfère à un historique relativement favorable : le mois de janvier 2012 avait fini à + 1 %, avec un nombre de jours ouvrables comparable. Les boutiques de centres commerciaux arrivent en tête, à + 2,2 % pour les galeries marchandes de centre ville et à + 1,8 % pour les galeries marchandes de périphérie. Suivent les boutiques sur rue en centre ville, à + 0,6 %. Les moyennes surfaces de périphérie restent en revanche en retrait, à – 2,5 %.

L’équipement de la personne tire son épingle du jeu

Les boutiques d’équipement de la personne sont en fait les seules à tirer véritablement leur épingle du jeu. Elles ont bénéficié à la fois de la période des soldes et d’une météo marquée par une succession de nombreux passages perturbés, souvent neigeux, néanmoins propices aux renouvellements des gardes robes.

Loisirs en léger repli

L’électroménager se ressaisit, alors que les boutiques dans l’alimentaire spécialisé et les services réalisent un mois plutôt étale.Tous les autres secteurs d’activités restent en revanche en léger négatif, l’équipement de la maison, la culture et les loisirs ainsi que la restauration, activité la plus durement touchée, avec des évolutions entre – 2 et – 10 %.

71 % des Européens déclarent ne pas avoir vraiment les moyens de consommer, selon L’Observatoire Cetelem. La quête du meilleur prix est devenue une habitude pour 82 % d’entre eux, qui recherchent systématiquement le prix le plus bas.

Le moral des Européens baisse de nouveau en 2013 et touche un nouveau point bas (note moyenne de 3,6/10), selon l’Observatoire Cetelem 2013*. Bien qu’en légère baisse, celui des Allemands reste de loin le meilleur des 12 pays de l’étude (5,9/10). En France, le moral reste au plus bas (4,1/10), mais s’est stabilisé depuis quatre ans. Dans tous les pays, les Européens jugent leur situation personnelle bien meilleure que celle de leur pays.

Priorité à l’épargne

Pour 2013, les Européens affichent une grande prudence dans leurs intentions de consommer. Seuls 34 % d’entre eux pensent augmenter leurs dépenses de consommation contre 54 % en 2012. A l’inverse, leur volonté d’épargner reste forte : ils sont 40 % à vouloir augmenter leur niveau d’épargne en 2013 contre 31 % l’an dernier.

L’attrait de l’occasion

Plus de la moitié (52 %) des Européens indiquent qu’ils éviteront de payer quand cela leur sera possible. Si 59 % des Européens (63 % des Français) achètent d’ores et déjà des produits d’occasion, ils sont 68 % à déclarer qu’ils le feront autant, voire plus, dans les années qui viennent. De la même façon, ils sont 75 % à dire qu’ils revendront de plus en plus les produits dont ils n’ont plus l’usage. Ils sont 62 % à indiquer qu’ils consulteront davantage, à l’avenir, les sites d’achats groupés pour réaliser des économies.

L’éthique et le collaboratif quand même

S’ils surveillent les prix, les Européens restent attentifs à l’éthique et au relationnel avec les marques. Ainsi, 70 % des personnes interrogées en Europe (74 % en France) souhaitent que les marques les associent à l’élaboration de nouveaux produits ou services. Cette attente traduit la volonté des Européens d’être acteurs de leur propre consommation. Et 55 % des Européens (53 % des Français) indiquent qu’ils tiendront de plus en plus compte des dimensions éthiques et environnementales dans les critères de choix des produits des marques.

Le numérique joue un rôle essentiel dans le développement des comportements alternatifs. Internet permet le dialogue entre particuliers : 26 % des Européens pensent que les réseaux sociaux seront les plus influents dans les avis que consulteront les consommateurs avant d’acheter, bien loin devant les conseils des vendeurs (11 %) ou les messages publicitaires des marques (8 %). 33 % des personnes interrogées pensent que, par la suite, elles utiliseront en priorité les smartphones ou les tablettes pour faire leurs achats.

*Etude en partenariat avec TNS‐Sofres, plus de 6 500 personnes interrogées par Internet en novembre 2012 dans 12 pays d’Europe (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume‐Uni et Slovaquie).

L’activité du commerce de détail spécialisé s’est repliée en finissant le mois de décembre 2012 à – 3,5 % par rapport à décembre 2011, à périmètre comparable, selon l’enquête de panel mensuel de Procos (50 enseignes interrogées sur leurs performances dans 50 pôles de référence, situés dans 15 agglomérations).

Cette chute se réfère à un historique favorable : le mois de décembre 2011 avait fini à + 3 %. Les conditions climatiques comme le nombre de jours ouvrables – identiques d’une année sur l’autre – ne sont pas en cause. Le démarrage plus tardif des congés d’hiver (3 jours avant le 25 décembre en 2012, contre 8 jours avant en 2011), la baisse du budget consacré par les Français à leurs achats de Noël (de l’ordre de 15 %), comme l’augmentation des ventes sur Internet (en hausse de 18 %, par rapport à Noël 2011), ont en revanche pesé sur l’activité.

Pas d’exception

La chute s’est ressentie sur tous les sites. Les boutiques en centre commercial de centre ville finissent à – 4,4 %, celles sur rue à – 4,1 %. Le commerce de périphérie chute également : – 3,9 % pour les moyennes surfaces, – 2,3 % pour les boutiques en galeries marchandes. Tous les secteurs d’activités sont affectés. Même les segments de marché traditionnellement dopés par les fêtes de fin d’année – jouet, animalerie, petit électronique, parfumerie… – sont à la peine. Seul l’alimentaire spécialisé finit le mois de décembre légèrement positif.

Sur l’année, la timide embellie observée au cours du premier trimestre (+ 2,1 %) a finalement été absorbée par la baisse d’activité au cours des mois suivants. L’activité du commerce spécialisé finit l’année 2012 à – 0,9 % en cumul. Sur une plus longue période, le commerce spécialisé n’a toujours pas rattrapé ses niveaux d’activité d’avant la crise de 2009.

Les créations de mètres carrés commerciaux se sont poursuivies en 2012 en France, avec une prime pour les parcs commerciaux, qui augmentent leur surface totale de 547 000 mètres carrés (+ 73 %), selon le bilan dressé ce 15 janvier par Conseil national des Centres commerciaux.

Cette forte progression des parcs commerciaux est toutefois en partie due à l’ouverture du gigantesque parc L’Atoll d’Angers, un spectaculaire concept de nouvelle génération qui soigne particulièrement l’architecture et l’accueil de la clientèle. Ces nouveaux parcs commerciaux “conforte le modèle auprès des enseignes qui trouvent là des emplacements pas trop chers, à 170 – 180 € par mètre carré par an pour un 1 000 mètres carrés bien placé, dans des conditions de confort pour leur clientèle“, explique Christian Dubois, directeur général France du conseil immobilier Cushman & Wakefield. Les galeries marchandes ont augmenté leur surface totale de 260 000 mètres carrés seulement, soit une baisse de 27 % des créations de mètres carrés par rapport à 2011.La France recense 19,6 millions de mètres carrés de centres commerciaux de plus de 50 boutiques et 33,2 millions de mètres carrés de parcs commerciaux.

Les ventes en ligne de chaussures et textile sport ont progressé de 9 % sur 12 mois à fin septembre en France, selon l’institut NPD, contre une hausse de 1 % sur la même période dans les magasins physiques.

Ainsi, internet capte environ un tiers de la croissance de ce segment de marché, selon NPD. Les ventes en ligne dans le sport devraient atteindre 11 % du marché français en 2013 contre 10 % en 2012, , pronostique NPD. “Nous sommes dans une phase de consolidation où le point de part de marché sur internet est de plus en plus cher à acquérir, analyse la société d’études. En outre, dans le sport, nous mesurons cette année que les marques qui progressent sur internet sont aussi celles qui progressent en magasin : le circuit se normalise aussi en termes de référencement de marques”. Pour NPD, internet “est et demeurera” une plateforme de distribution intéressante pour les sports de niche ou pour des produits très spécifiques “qui n’offrent pas des taux de rotation suffisants dans les magasins de sport de petite et moyenne surface”.

 

Alors que la majorité des Français (56%) estiment que le gros de la crise reste encore à venir,  76% d’entre eux expriment l’intention de faire les soldes d’hiver, ce qui représente exactement la même proportion qu’en 2012, selon un sondage Ipsos publié par le Conseil national des centres commerciaux

Toutefois, ils sont un peu plus nombreux à penser qu’en raison de la crise, ils vont « acheter moins, y compris en soldes » (45%, + 6 points par rapport à 2012).Cela se traduit par un budget moyen prévu de 223€, alors que celui-ci était de 244€ au début de l’année dernière et de 251€ en 2011. Les Français envisagent de consacrer près de 60% de ce budget aux achats en centres commerciaux. A noter qu’un précédent sondage Ifop pour le site internet Spartoo constate la même tendance à la baisse des dépenses prévues, mais chiffre le budget un peu en dessous (201 € en 2013, 229 € en 2012).

Une majorité envisage par ailleurs de profiter des soldes dès les premiers jours : 51% pensent y aller entre le mercredi d’ouverture et le premier week-end, et 48% ont l’intention de repérer les produits qui les intéressent avant le début des soldes. La quasi-totalité des futurs acheteurs (95%) expriment la volonté de « réaliser de bonnes affaires », alors que 71% veulent en profiter pour faire des « achats dont ils n’auraient pas les moyens hors période de soldes » (+ 2 points par rapport à 2012).

Enfin, 82% de ceux qui ont l’intention de faire les soldes entendent fréquenter les centres commerciaux pour cela. En parallèle, 66% des futurs acheteurs envisagent de faire les soldes sur Internet, ces deux scores étant relativement stables par rapport à 2012.

Cette légère baisse ne concerne pourtant pas l’ensemble des catégories de produits. Au contraire, pour certaines d’entre elles, l’intention d’achat exprimée est même un peu plus forte qu’en 2012. C’est notamment le cas des vêtements, qui est déjà traditionnellement la catégorie « star » des soldes.

* Cette enquête a été réalisée en ligne du 14 au 18 décembre 2012 auprès de 963 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 16 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, responsable des achats, activité, région et taille d’agglomération).

L’activité du commerce spécialisé a augmenté de 0,5 % en novembre 2012 (par rapport à novembre 2011, à périmètre comparable), selon l’enquête de panel mensuel de Procos (50 enseignes interrogées sur leurs performances dans 50 pôles de référence en France, situés dans 15 agglomérations).

Cette hausse se réfère à un historique défavorable : le mois de novembre 2011 avait fini à – 1,8 %. Même nombre de jours ouvrés, même météo clémente… Le petit regain d’appétence des Français pour la consommation ainsi que les efforts de politique commerciale des distributeurs (soldes flottants et promotions diverses avec ses conséquences sur les marges) ont fait la différence.

Cette légère embellie profite d’abord aux boutiques de centres commerciaux de périphérie (+ 2 %). Suivent les boutiques de centre ville, qu’elles soient sur rue ou en centre commercial (+ 0,5 %). Les moyennes surfaces de périphérie restent en revanche en retrait (- 1,1 %).

Les ménages ont procédé à des arbi- trages de consommation profitant d’abord au secteur de l’équipement de la personne (prêt à porter), puis à celui de l’hygiène beauté santé, enfin à celui de l’alimentaire spécialisé. En revanche, l’équipement de la maison, la restauration comme la culture et les loisirs finissent le mois en négatif.

Sur l’année écoulée, ce modeste regain de l’activité ne compense pas les baisses antérieures. L’activité du commerce spécialisé finit à – 0,6 % en cumul à 11 mois.


En redressement judiciaire, l’usine de fabrication de vélos de Machecoul (44), appartenant au groupe Cycleurope, a fait l’objet de manifestations d’intérêts de la part 
du distributeur français Intersport et du fabricant allemand de vélos  (suite…)

Selon le dernier indicateur publié par la FPS, le dynamisme des ventes de textile et chaussures de sport sur internet ne faiblit pas en France. Il reste sur un rythme deux fois plus soutenu que celui du marché sport en général


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Le rebond du marché a profité aux magasins spécialisés. Les ventes de vêtements de sport ont augmenté de


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Eric Cuenot, directeur général de Nike Russie, a été nommé à la tête de Nike France, selon la lettre Sporting Goods Intelligence Europe. Il remplace à ce poste Ronnie Greenwood. Ce changement intervient quelques semaines après le départ d’un autre dirigeant de Nike France, Cyril du Cluzeau, directeur marketing, parti exercer la même fonction chez Le Coq Sportif.

Jeux olympiques qualifiés d’exceptionnels pour la marque Adidas, révision à la baisse des objectifs de Reebok, remise en cause de partenariats avec certaines fédérations sportives… Le Groupe Adidas est sous les feux de la rampe en cette rentrée. Six mois après sa prise de fonction, Alain Pourcelot, confie sa vision du marché et explique pourquoi il reste optimiste malgré les difficultés de la conjoncture.

Filière Sport – Vous avez été nommé par promotion interne, de même que les trois autres membres du comité de direction récemment nommés à de nouvelles fonctions. Est-ce le signe d’une volonté du groupe de privilégier la continuité ?

Alain Pourcelot – Ma nomination après sept ans d’expérience dans le Groupe Adidas donne une certaine consistance à ma prise de poste au niveau du Groupe. Il en va de même pour les collaborateurs qui ont été parallèlement promus. Nous avons ainsi un comité de direction expérimenté, puisqu’il est composé de personnes présentes dans le Groupe depuis plusieurs années. Ils connaissent intrinsèquement le marché et ont en commun notre culture d’entreprise, faite de proximité et d’humilité, que les sportifs nous rappellent régulièrement.

FS – Le directeur de la marque Reebok, Guillaume de Monplanet, a pris la tête de la marque Adidas. Peut-on facilement passer de l’une à l’autre ?
AP – Quelqu’un qui passe d’une marque à l’autre comprend mieux leurs similitudes et différences. En l’occurrence, Adidas et Reebok ont en commun le fait d’être deux marques de sport qui ont chacune développé des produits plus mode en s’appuyant sur leur propre culture, Adidas avec la signature Originals, Reebok avec Classics. Mais elles sont aussi très différentes par leur positionnement. Il y a une complémentarité assez forte entre les deux.

FS – Le groupe a réduit l’objectif mondial de résultat de Reebok à l’horizon 2015. Comment se comporte la marque sur le marché français ?

AP – Au niveau mondial, certaines décisions de non renouvellement de contrats, principalement aux Etats-Unis, ont des effets importants. En France, Reebok est en train de construire sa légitimité autour du fitness et du training. Tout le monde a besoin de s’entraîner. La culture de Reebok, c’est ce tronc commun à tous les sports, que l’on soit un sportif de très haut niveau ou de tous les jours. Il y a en ce moment une dynamique positive autour du fitness, qui se propage au monde entier. Le CrossFit en est la figure de proue, Reebok est en train d’en faire son sport de prédilection, à côté d’autres activités comme la danse, le yoga, la zumba, la gymnastique suédoise… Reebok souhaite capter ces pratiques qui, comme la marque elle-même, sont mixtes. L’autre dimension de la culture Reebok, c’est le running. Le running est le sport de tous les sports car là encore, courir fait partie du training. Et c’est une activité en croissance : Reebok continuera de s’y développer, en  chaussure comme en textile. Sur la partie Classics, Reebok reste fidèle à la culture et à la musique urbaine. Le partenariat avec la chanteuse Alicia Keys, l’égérie de la marque à partir de 2013, s’y inscrit totalement… Pour Reebok, cela se passe plutôt pas mal en France, la dynamique est forte mais il faut continuer de tranquillement la renforcer en s’appuyant sur ses deux forces, le sport d’un côté et le style de l’autre.

« Pour Reebok, en France, la dynamique est forte mais il faut continuer de la renforcer en s’appuyant le sport d’un côté et le style de l’autre. »

FS – Le même double appui prévaut pour Adidas…

AP – Oui car finalement, on retrouve le même consommateur faisant son footing le matin et qui s’habille en Originals pour sortir le soir. Mais le rôle essentiel d’une marque multisports leader comme Adidas, c’est d’innover. Nous avons lancé cette année la chaussure de football la plus légère et nous lancerons bientôt un produit révolutionnaire en running. Grâce à notre partenariat avec la Fédération française de Rugby [opérationnel depuis l’été dernier, NDLR], nous allons mettre en scène notre offre sur ce sport, avec des innovations dans le textile et la volonté d’apporter toujours quelque chose de nouveau. Les sports de prédilection d’Adidas sont le foot, le running, le training – aux côtés de Reebok – et le basket, un sport sur lequel nous souhaitons nous renforcer car il concerne le cœur de cible des consommateurs de sport, les 14-19 ans.

FS – En revanche, Adidas n’est pas parvenue à conserver son partenariat avec la Fédération française d’Athlétisme, signé par Asics !
AP – De tout temps, le but d’Adidas a été d’encourager la pratique sportive en France. C’est pourquoi nous sommes partenaires des Fédérations sportives. Nous avons la volonté d’être connectés avec elles mais dans les limites du raisonnable. Nous refusons les contrats qui portent l’investissement à un niveau trop élevé. Dans le cas du partenariat avec la Fédération française d’Athlétisme, dont nous étions partenaire depuis 40 ans, Adidas a participé à l’appel d’offres mais n’a pas été retenue. Nous le regrettons. Il y aura une possibilité de revenir dans quatre ans.

FS – La décision du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) de laisser chaque fédération choisir son équipementier ne change-t-elle pas la donne des partenariats ?

AP – Pour nous, il n’y a pas de changement. Là encore, cela fait quarante ans que nous sommes partenaire du CNOSF. Nous avons été les seuls à répondre à son appel d’offres pour un partenaire unique. Il a été décidé par le Comité Olympique de le rendre caduque et de laisser chaque fédération désigner son partenaire. Nous en avons pris acte. Nous sommes dans l’attente des appels d’offres sur d’autres lots comme le podium, la gamme village, le défilé de cérémonies. Adidas espère être à nouveau la marque associée aux Jeux olympiques.

« Les questions de gestion des approvisionnements nécessiteraient une plus grande coordination entre les intervenants du marché. »

FS – Quel est votre bilan des JO 2012 ?
AP – Il est exceptionnel ! Les Jeux ont donné une présence incroyable à Adidas. En France, il y a eu un engouement pour nos gammes olympiques que, pour la première fois, nous avions mis en vente non seulement dans nos propres magasins, mais aussi chez nos clients distributeurs. Mon rêve, c’est que nous travaillions tous pour faire venir les Jeux olympiques en France, en 2024 – année du centenaire des derniers JO organisés à Paris – ou en 2028. Les 80 000 personnes qui sont venues célébrer les champions français sur les Champs-Elysées témoignent de la connexion entre les Français et leurs athlètes. Cela va donner envie à beaucoup d’enfants français de s’inscrire dans les clubs. L’effet est d’autant plus intéressant qu’il concerne de nombreuses disciplines. Il me rend optimiste pour la rentrée sur le marché du sport.

FS – Au-delà de l’effet JO, comment sentez-vous l’évolution de la consommation sur la fin 2012 et le début 2013 ?

AP – Le climat reste pesant sur l’économie mondiale en général mais je crois que le sport et les marques qui font rêver détiennent de solides fondements. Le nombre de licenciés augmente dans la plupart des fédérations, telles que le handball, le rugby, le judo ou le tennis, dont nous sommes partenaires. Il n’y a guère que le football qui souffre. Globalement, il n’y a pas de désaffection de la pratique sportive, aussi bien dans que hors des clubs. Or c’est la pratique qui précède la consommation d’articles de sport.

FS – Vous restez optimiste également pour les produits sport-mode ?
AP – Les ventes de produits sport, comme celles de produits style-de-vie, sont en croissance raisonnable. Ces derniers ont par définition un potentiel beaucoup plus grand. Si on continue de développer la pratique sportive, la dynamique du lifestyle restera forte car les marques de sport font rêver. Les athlètes sont des donneurs d’envie, les événements sportifs sont des catalyseurs. Il peut y avoir des décalages conjoncturels de consommation, mais structurellement, le marché reste porteur.

« Mon rêve, c’est que nous travaillions tous pour faire venir les Jeux olympiques en France. »

FS – Quels leviers comptez-vous actionner pour affronter ces « décalages conjoncturels » ?

AP – Le premier enjeu, dans un contexte difficile, c’est l’innovation, une innovation réelle pour le consommateur. Le second, c’est qu’il perçoive cette innovation et là, la capacité des distributeurs à mettre en scène nos innovations est essentielle. Le troisième enjeu, c’est de nous adapter. Il y a un an, la flambée des coûts des matières premières a généré une augmentation des prix de nos produits. Il est possible que ces coûts matière arrêtent de croître. Nous adapterons nos prix en fonction de l’économie, comme nous adapterons nos investissements. Il faut cependant garder en mémoire que les articles de sport ont une valeur unitaire moyenne faible, ce qui protège en partie le marché du risque de récession. Notre rôle est de construire nos marques dans la durée, et nos investissements, qu’ils soient en marketing, en communication, dans l’innovation ou en points de vente, continueront à dynamiser le marché.

FS – Comment s’équilibrent aujourd’hui vos ventes entre la distribution aux détaillants multimarque et vos propres canaux ?

AP – Nous réalisons un peu moins de 20 % de notre chiffre d’affaires dans nos magasins propres à l’enseigne, nos magasins d’usines et sur notre site e-commerce. Cette règle des 20-80 nous va bien. Elle suffit à créer une expérience de marque pour les consommateurs et à nous procurer une connexion directe avec eux. Gérer nos propres magasins nous confronte par ailleurs aux problèmes que rencontrent nos clients et de ne pas nous limiter à un discours de fournisseur.

FS – Sur quels points clés portent votre travail avec les distributeurs ?
AP – La mise-en-scène en magasin est indispensable. Comment avec toi, distributeur, je vais mettre en avant mes innovations et recréer l’émotion du sport en magasin ? La gestion de la chaîne logistique est également fondamentale : avoir les bonnes tailles, renouveler les produits dans les temps, etc., permet à la fois d’augmenter les ventes et de limiter le coût des stocks. Au niveau européen, notre programme NooS (Never out of Stock), qui part des données de ventes distributeur pour piloter les fabrications et les livraisons aux magasins, répond à ce besoin. Nous travaillons de plus en plus en partenariat avec chacun des distributeurs en matière de gestion des approvisionnements. Ce sont des questions qui nécessiteraient cependant une plus grande coordination entre les intervenants du marché. Nous aimerions que cela aille plus vite. Il faut qu’il y ait une vraie convergence.

FS – Quels sont vos objectifs en matière de franchise ?

AP – Notre développement en franchise concerne quasi-uniquement adidas Originals. Nous nous interrogeons sur l’opportunité de le faire pour Reebok mais c’est encore en réflexion. La franchise rend l’entièreté de la gamme Originals accessible au consommateur. En renforçant la visibilité de la marque, elle bénéficie aussi à nos partenaires multimarque. C’est donc un levier marketing et commercial fort. L’enseigne Originals compte aujourd’hui une quinzaine de magasins. Nous n’avons pas d’objectif précis à terme. Nous souhaitons la développer dans les villes moyennes avec des partenaires professionnels du textile ayant l’expérience des marques. Originals est une marque premium, il n’est pas question d’ouvrir des magasins partout.

Propos recueillis par Olivier Costil

Un comité de direction de fidèles au Groupe
On ne révolutionne pas une équipe qui gagne. Alain Pourcelot, 46 ans, nommé directeur général du Groupe Adidas en avril dernier en remplacement d’André Maestrini (qui a pris la tête de la zone Amérique latine, a rejoint le fabricant d’articles de sport en 2005. Suite à sa nomination), ses fonctions de directeur de la marque Adidas ont été reprises par Guillaume de Monplanet, 37 ans, précédemment directeur de la marque Reebok. Celle-ci est désormais placée sous la responsabilité de Sandrine Retailleau-Vallet, 46 ans, qui occupait précédemment le poste de directrice du développement commercial du Groupe Adidas. Elle est l’une de trois femmes du Comité de direction, dont les neuf membres ont tous au moins quatre ans d’expérience au sein de l’entreprise. Le plus ancien, Jérôme Lévêque, nommé directeur commercial en avril dernier, a rejoint le groupe en 1996.
LE GROUPE ADIDAS EN CHIFFRES
  • 13,34 Mds € de chiffre d’affaires net en 2011.
  • 671 M € de resultat net en 2011.
  • + 11 % d’évolution de chiffre d’affaires au premier semestre 2012 (+ 5 % en Europe de l’Ouest).
  • Près de 2 500 points de ventes clients Adidas et 2000 Reebok en France.
  • 16 magasins Adidas Originals franchisés.
  • 10 concept stores Adidas.
  • 1 Adidas Originals intégrés.
  • 12 magasins d’usine en France.
  • 800 salariés en France.