Vulnérables, les vélos Gobee Bike n’ont pas résisté au vandalisme.

Les vélos verts en libre service, c’est fini en Europe. Gobee Bike, l’entreprise de « free floating » (flotte de vélos loués en libre service) vient d’annoncer à ses clients qu’il cessait son activité en France, avec « effet immédiat le 24 février 2018 ».

La décision ne surprendra pas ceux qui ont un peu suivi les mésaventures de cet opérateur originaire de Hong-Kong, qui n’avait pas prévu que ses vélos, fragiles et de médiocre qualité,  ne résisteraient pas aux assauts de fraudeurs n’hésitant pas à briser leurs rayons pour en forcer le verrou… Le 9 janvier dernier, Gobee Bike en tirait partiellement les conséquences se retirant de Lille (où elle avait commencé le 9 octobre), de Reims et de Bruxelles, en Belgique. ” Depuis la mi-décembre, c’est un effet domino de dégradations qui s’est abattu sur notre flotte de vélos, partout où notre service existait en France. Des actes de vols, recels de vol et de détériorations qui n’ont fait que s’amplifier, devenant le nouveau passe-temps d’individus, le plus souvent mineurs, encouragés par des contenus largement diffusés et partagés sur les réseaux sociaux (vidéos Youtube, vidéos Instagram, groupes Facebook, etc.) “, se plaint Goobee Bike dans le mail qu’il a envoyé à ses clients, avant d’égréner les chiffres du “lourd bilan” de ses quatre mois d’activité dans l’Hexagone : près de 3 200 vélos dégradés, plus d’un millier de vélos volés ou privatisés, 280 dépôts de plainte enregistrés auprès des services de police et près de 6 500 interventions réalisées par ses agents de terrain et partenaires de réparation… En Europe, 60 % de la flotte a été détériorée, volée ou privatisée. “L’ensemble du projet européen n’était donc plus viable“, explique Gobee Bike, bien que l’entreprise ait conquis 150 000 clients sur le continent. Les vrais clients de l’entreprise ne seront pas lésés : Gobee Bike leur a remboursé l’intégralité de leur caution et en fera autant pour le crédit de location qu’il leur restait. Gobee Bike explique avoir récupéré la quasi-totalité de ses vélos et avoir signé des partenariats avec des associations et municipalités pour donner une seconde vie à ceux qui auraient été oubliés.

L’avenir du free-floating en question

Reste à savoir quels effets aura ce retrait sur l’avenir du free-floating en Europe. Une demi-douzaine d’opérateurs se sont lancés en France dans cette activité émergente, a priori séduisante par la facilité d’usage qu’elle offre à ses utilisateurs (des vélos disponibles partout sans infrastructure) mais qui se heurte à de réelle difficultés de gestion. Outre la nécessité de mieux sécuriser les vélos (ce qui ne paraît pas insurmontable, mais à quel coût ?), le free-floating est soumis à une contrainte logistique, la nécessité pour les opérateurs de rapatrier les vélos des zones parfois peu fréquentées où les ont laissés leurs utilisateurs à des secteurs à des secteurs à plus fort passage… Autre obstacle, les risques d’encombrement de l’espace public et de gêne des autres usagers (et notamment des piétons) que les vélos stationnés n’importe où peuvent créer. Il n’existe actuellement aucune norme technique pour ces vélos en usage partagé, ni de réglementation spécifique concernant leur utilisation. Comme l’écrivait récemment Pierre Gogin, président de l’Union sport & cycle, le développement de ces nouveaux services de mobilité urbaine, demandera un meilleur encadrement réglementaire ou, à tout le moins, une solide autorégulation de la part des opérateurs de free-floating… Au risque de remettre en cause leur modèle économique.

 

 

 

 

 

 

 

 

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