Dans le cadre de son assemblée générale à Nice le 6 octobre 2017, l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes) a fait part à la ministre des Sports, Laura Flessel, d’une résolution visant à soutenir un budget et des moyens de l’Etat en faveur du sport “à la hauteur des ambitions sportives de la Nation”.

Alors que la France vient d’obtenir l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024, “les crédits ministériels consacrés au ministère des Sports et au CNDS diminuent encore cette année“, s’alarme l’Andes, pour qui “L’activité physique et sportive et notamment le sport pour tous, véritable enjeu de société et de santé publique, doit être une véritable cause nationale en France, et ne plus être une variable d’ajustement budgétaire“. Or, poursuit l’organisation, les associations sportives et leurs bénévoles, qui sont impactés par la baisse des contrats aidés, “méritent un soutien inconditionnel de par leur rôle irremplaçable de lien social et d’animation des territoires“. C’est la raison pour laquelle l’Andes engagera des actions auprès des parlementaires, avec son réseau de collectivités locales et les acteurs du sport, afin d’encourager le rétablissement d’un budget des sports “digne de l’ambition sportive de notre pays et de nos territoires“.

Photo : Philippe Millereau KMSP

Pour la première fois, à l’occasion des Jeux de 2024, le CIO avait demandé aux villes candidates de prévoir quel “héritage” les JO laisseront en termes de développement durable et de bien-être pour la population. Marie Barsacq, directrice “Impact et héritage” du Comité Paris 2024  précise à Filièresport les ambitions de la capitale française sur ce sujet.

La notion d’héritage des Jeux olympiques est relativement récente. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Le concept d’héritage est au cœur de l’agenda olympique 2020 du Comité international olympique, qui demande notamment aux villes candidates à l’organisation des Jeux de s’inscrire dans une stratégie de durabilité. L’héritage s’organise autour de deux axes : l’environnement (avec en particulier la question de la réutilisation des équipements après les Jeux) et les bénéfices pour la population. L’héritage est cœur du projet Paris 2024, qui entend promouvoir « une société meilleure par le sport ». Nous en avons fait un élément très fort du dispositif de concertation qui a accompagné la candidature, au cours duquel nous n’avons cessé de demander aux participants : « que voulez-vous qu’il reste des Jeux ? »

Quels sont les objectifs de la candidature en termes d’incitation à la pratique sportive pour tous ?

Nous voulons que ces Jeux soient un levier pour faire entrer la pratique sportive dans le quotidien des gens. Nous viserons tous les publics, des plus jeunes aux seniors en passant par les femmes, et en particulier ceux qui sont les plus éloignés du sport. Le but est de multiplier les opportunités de pratiquer du sport, en terme d’équipements, de formation et d’éducation, ainsi que d’adaptation de l’offre pour faciliter une pratique de loisirs, car aujourd’hui, on veut faire du sport comme on veut quand on veut.

Au Royaume-Uni, la part sportive de la population, après un fort engouement post-JO de 2012, est revenue à son niveau antérieur. Comment faire pour ancrer durablement la pratique dans la société ?

En misant sur le long terme et très tôt. Dès 2018, nous allons mobiliser tous les acteurs. L’éducation est une clé. Par exemple, l’année de l’olympisme de l’école à l’université NDLR : durant l’année scolaire 2016- 17), a permis de mettre à disposition des enseignants un outil de pédago- gie active permettant d’enseigner les valeurs du sport en mouvement, dans la cour et non dans la salle de classe. Les journées olympiques, les 23 au 24 juin derniers, ont fait découvrir au grand public des activités sportives, mais aussi contribué à changer le regard sur le handicap. Le projet Paris 2024 a l’ambition d’être inclusif et solidaire. Nous discutons notamment des moyens à mettre à disposition des écoles et des établissements spéciali- sés, tels que fauteuils, etc.

De quel budget disposez-vous pour la promotion de l’activité sportive ?

Les enveloppes financières doivent être arbitrées dans les prochaines semaines, je ne peux donc pas les communiquer maintenant. Mais sachez que l’État a d’ores et déjà débloqué une enveloppe de 100 millions d’euros sur sept ans, pour la création d’équipements de proxi- mité et la formation d’éducateurs et de personnels dans les clubs, les structures handisport, les établisse- ments d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, etc. L’enjeu est de ne pas se limiter à la population qui pratique le plus mais de rendre l’acti- vité sportive accessible à tous.

Propos recueillis par Olivier Costil

Le comité de candidature a dévoilé les grands axes de son “programme Héritage” pour les Jeux 2024. L’objectif est de faire en sorte que les Jeux laissent une empreinte positive pour la population.

Autour du programme Héritage, plusieurs grands enjeux prioritaires seront mis en avant : une société meilleure par le sport, une société plus inclusive et solidaire et des Jeux en faveur de l’environnement. Des dizaines de mesures, qui existent déjà pour certaines d’entre elles, concerneront essentiellement l’éducation, le sport santé, le développement de la pratique sportive, l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, ainsi que le développement durable. Dans ce cadre, les acteurs publics consacreront 100 millions d’euros à la rénovation d’équipements de proximité. Parallèlement, 16 000 équipements scolaires disposant d’installations sportives seront ouverts à la population en dehors des temps réservés à l’école. Paris 2024 soutiendra financièrement des ONG et des associations engagées dans l’action citoyenne et sociale, en s’inspirant par exemple de dispositifs comme le micro-don sur des opérations comme la vente de produits dérivés ou en s’appuyant sur l’organisation d’événements dédiés. Héritage comporte également un volet éducatif et pédagogique autour des valeurs de l’olympisme. Au sein de ce dernier,  la « Semaine olympique et paralympique à l’école » a déjà permis de sensibiliser plus d’un million d’enfants.

logo Paris 2024Le conseil d’administration du Centre national pour le développement du sport (CNDS), réuni le  30 novembre 2016, a validé deux programmes de développement de la pratique sportive sur l’ensemble du territoire. 

Une enveloppe de 20 millions d’euros sera réservée au plan« Héritage de la candidature de la France pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 », un plan qui sera versé au dossier 3 de la candidature appelé à être déposé au Comité international olympique le 3 février prochain. La moitié sera destinée à la construction de nombreux « équipements sportifs de proximité innovants » sur l’ensemble du territoire. Le reste sera réparti entre l’accompagnement des associations sportives locales (4 M€) notamment dans le domaine du sport santé, la détection et la préparation de la Génération 2024 du haut-niveau olympique et paralympique Français (4 M€) et au développement du rayonnement international de la France en matière sportive (2 M€).

Une enveloppe pour l’Outre-mer et la Corse

Conformément aux engagements pris dans le cadre du projet de loi de finances 2017, le CNDS a également adopté un programme de soutien de 10 millions d’euros par an aux territoires ultramarins et à la Corse. Ce programme privilégiera les opérations légères de rénovation et les nouveaux équipements de proximité. Un montant qui sera complété par 10 millions d’euros supplémentaires sur le budget du ministère de l’Outre-mer.