Malgré une baisse de 30 millions d’euros de ses crédits de fonctionnement dans le projet de loi de Finances, le ministère des Sports affirme que son budget “sera préservé en 2019 par rapport à 2018”. Décryptage, sur fond de mobilisation du mouvement sportif.

Le projet de loi de Finances 2019 prévoit un budget de 516 millions d’euros pour le ministère des Sports, dont 65 M€ pour Solidéo, la Société de livraison des équipements olympiques qui porte les investissements dans les infrastructures de Paris 2024. Le budget de fonctionnement proprement dit passe donc de 481 M€ à 451 M€. Malgré cette baisse de 30 millions d’euros annoncée – contre laquelle le mouvement sportif a lancé la pétition #LeSportCompte – le le secrétariat presse de Roxana Maracineanu, la nouvelle ministre de Sports, affirme que le ministère ” aura les moyens de ses ambitions pour favoriser la haute performance et le développement des pratiques ” et annonce même ” 40 M€ supplémentaires dirigés vers la haute performance et le développement des pratiques sportives”. Explications du ministère : d’une part, “la part des cotisations prévues dans le PLF 2018 pour régler les cotisations salariales des arbitres avait été largement surévaluée. 10 M€ de crédits auraient ainsi été dégagés pour financer de nouvelles mesures d’interventions, auxquels s’ajoutent 30 M€ supplémentaire de redéploiement (lissage des dépenses sur les grands événements et fin de programmes d’investissement). ” Ces ressources permettraient de dégager 25 M€ pour les fédérations et le mouvement sportif “ dans le cadre des de la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques “. Les crédits affectés au haut niveau (aide aux bourses pour les sportifs, formation des entraîneurs, financement de matériel…) atteindraient ainsi 88 M€ en 2019.

25 M€ pour le développement des pratiques

Une quinzaine de millions d’euros seraient par ailleurs affectés “des mesures nouvelles en faveur de la réduction des inégalités d’accès à la pratique sportive sur les territoires carencés, notamment en faveur du renforcement du “savoir nager”. Des crédits qui tomberaient ainsi dans l’escarcelle de la future Agence nationale du sport. ” Dernier point, le ministère ajoute que ” les discussions se pousuivent afin d’obtenir des financements supplémentaires pour le développement des pratiques “, financement qui seraient “fléchés” vers le soutien à des programmes émergents comme le sport santé. Une formule  qui semble ouvrir la porte à la discussion sur un éventuel déplafonnement des taxes affectées au sport, prélevées sur les mises à la FDJ, les paris en ligne et les retransmissions audiovisuelles du sport.