Fabien Ternay


Deux start-up, deux projets qui se ressemblent… et deux aventures singulières ! D’un côté Verkor, lancée en septembre 2014 par Fabien Ternay, 36 ans, et qui s’apprête à lancer sa deuxième levée de fonds. De l’autre, Saola créée en 2015 par Guillaume Linossier, 41 ans, qui démarre tout juste sa première campagne de financement. Les deux hommes, forts d’une réelle expérience du marché des articles de sport, avec chacun leur propre cheminement, se sont jeté à l’eau chacun de leur côté à partir d’une idée similaire, celle de créer une marque de chaussures “écoresponsable”. Récit croisé.

Deux professionnels du secteur sport

Designer, skateboarder et passionné de sports de glisse, Fabien Ternay a grandi dans les Alpes, où il a beaucoup pratiqué le snowboard (il a été champion de France junior), et a passé tous ses étés à surfer sur la côte Ouest, avec le skateboard comme fil conducteur entre les deux. Après avoir travaillé dix ans comme designer pour une marque de bagagerie, Fabien a décidé de se lancer dans sa propre aventure pour créer sa marque de chaussures Verkor. « Utilisant des “skate shoes” au quotidien, je n’ai pas trouvé de chaussure qui allie le style de sports de glisse et les valeurs éthiques et environnementales auxquelles je crois », explique-t-il à Filièresport.

Chaussures Saola

Même sentiment chez son homologue d-fondateur de Saola, Guillaume Linossier. Ce dernier avait « du mal à trouver des chaussures “responsables” sur le marché. Il y a vu une opportunité. » explique un porte-parole de la marque. D’abord responsable export Europe pour Lafuma, il a travaillé près de 13 ans comme directeur de la filiale du groupe dans le Colorado (Etats-Unis)Installé dans l’incubateur de start-ups de l’Outdoor Sports Valley, à Annecy, il projette de créer des chaussures pour la vie de tous les jours, à la fois “cool”, confortables et surtout écoresponsables.

Un financement participatif comme point de départ

En avril 2015, Fabien Ternay, après avoir sorti les premiers prototypes, lance un financement participatif sur la plateforme Ulule, avec un objectif de 10000 € à la clôture du financement. En seulement 30 jours, 324% de l’objectif (32385 €) ont été atteints, avec 441 personnes ayant soutenu le projet. Un engouement au-delà de ses espérances. Les premières ventes ont suivi. À ce jour, près de 700 paires ont été vendues. La marque possède dans sa gamme deux modèles en quatre couleurs différentes.

Saola : un positionnement plus lifestyle

Au moment même où Fabien Ternay perçait sur Ulule, Guillaume Linossier venait tout juste de créer sa start-up ! Deux ans plus tard, la marque de chaussures s’est lancée officiellement sur la plateforme de financement participatif Kickstarter, précisément le 23 mai dernier. Saola espère lever 25000 €, qui l’aideront à financer sa première production. « Kickstarter est une plateforme américaine très connue. Le crowdfunding est aujourd’hui un des meilleurs moyens à la fois de lancer une nouvelle marque et de la faire connaître. Le lancement est prévu en France et aux Etats-Unis de manière simultanée, c’est donc un choix qui nous a semblé très pertinent », explique le dirigeant, qui – comme d’ailleurs Fabien Ternay – reste discret sur chiffres prévisionnels.

Production made in France et matériaux recyclés

Les deux marques ont la particularité d’utiliser des matières premières recyclées, principalement du PET pour Saola qui  y adjoint le soutien à des associations environnementales, en annonçant qu’elle reversera  5% du montant ses ventes à des projets environnementaux. Pour le moment, la marque produit les chaussures dans deux usines différentes en Chine,  « sélectionnées sur la qualité de la production, leur réputation dans le métier et surtout sur le contrôle et les certifications environnementales et sociales », affirme la marque qui précise avoir pour objectif « de fabriquer plus près des marchés » où seront vendues ses chaussures. Pour la première collection, qui apparaîtra au printemps 2018, 4 modèles hommes et 4 modèles femmes seront disponibles. Chacun sera décliné dans 3 à 4 couleurs, pour un prix moyen de 90  € TTC.

Descriptif d’une chaussure Verkor

Verkor, qui a été nommée aux Ecosport awards dans la catégorie “Ecoconception chaussures et textile » et labellisée Ecoride Silver en 2016,  utilise un tissu provenant à 50% de bâches de camion recyclées en France, à 30% de bouteilles plastiques (PET) recyclées et à 20% de jeans en fin de vie. La filature et le tissage sont réalisés à Castres (81). La conception est faite à Grenoble. La découpe et la couture sont réalisées dans l’atelier de fabrication de chaussures Soft’In, de l’autre côté du massif du Vercors, à Romans sur Isère. « Fabriquer en France nous permet de maîtriser la provenance de tous les matériaux et de connaître tous les interlocuteurs de l’ensemble du processus de fabrication, » commente Fabien Ternay.

Positionnement sur le marché de l’outdoor

 

Verkor Serial Chiller

Vendues partout dans le monde pour le lancement sur Kickstarter, les chaussures Saola seront disponibles sur le propre site de e-commerce de la marque à partir du printemps 2018 et distribuées via un réseau de détaillants en France et aux États-Unis. Verkor, lui, mise exclusivement sur la vente directe sur internet et sur des événements choisis, afin d’être en mesure de proposer des prix de vente équivalents à ceux des grandes marques. Le modèle Furie, spécialement conçu pour pour la pratique du skateboard est vendu 99€, le Serial Chiller, plus basique est à 87€. Dans l’année, trois nouveaux modèles vont être développés.

Verkor Furie

MilémilPar conviction et passion du ballon rond, Isabelle Dhume et Christophe Pinet ont lancé, à Romans en 2014, Milémil, la première marque de chaussures de football 100% made in France depuis le début des années 90. Deux ans après son lancement et en plein Euro 2016, la marque fait son entrée dans 10 magasins Sport 2000.

Prouver le savoir-faire français en matière de chaussures de foot. Vaste défi ! Défi que relèvent Isabelle Dhume et Christophe Pinet depuis deux ans. « Depuis le début des années 90, et la faillite de la société Patrick, qui avait en son temps équipé des joueurs comme Platini ou Papin, il n’existait plus de “crampons” fabriqués en France, explique Christophe Pinet. En tant qu’ancien joueur et amateur de foot, je trouvais que c’était une lacune ». De ce constat est né l’aventure Milémil.

Encore fallait-il encore affiner le concept. “ Le marché est trusté à 98% par Nike et Adidas et nous devions proposer un produit sortant de l’ordinaire si nous voulions exister », explique le dirigeant de la société drômoise. Résultat, les deux associés vont plancher sur une chaussure 100% cuir résolument vintage. « C’est ce qui fait notre originalité et notre force. Nous garantissons des matières premières françaises avec des chaussures finies et assemblées dans la capitale de la chaussure qui nous permet d’ailleurs d’afficher sur nos produits le label : Véritable chaussures de Romans. »

De part ce positionnement, le Made in France version Milémil séduit une clientèle âgée entre 27 et 40 ans. « Ces footballeurs ne sont pas nostalgiques, ils sont en quête de confort et trouvent dans la fabrication française une réelle valeur ajoutée, un acte militant, qu’ils sont prêt à payer plus cher » précise Christophe Pinet. Le prix d’une paire de chaussures Milémil tourne en moyenne autour des 200 €.

C’est en plein Euro 2016, la marque Milémil vient de faire son entrée chez Sport 2000. Dix magasins ont été choisis pour leur représentativité afin de commercialiser deux modèles de chaussures. Pour le lancement de cette opération, l’enseigne a d’ailleurs décidé de ramener le prix conseillé des chaussures de 259 € à 159 €.

Jean-François Pibre, avec la rédaction

BV SPORTImplantée dans le sport de haut niveau Européen, notamment dans le football et le rugby et déjà fournisseur officiel de la Fédération Française d’athlétisme et de cyclisme, la société BV SPORT a annoncé avoir été choisie par la commission médicale du comité Olympique et sportif Français pour les jeux olympiques de Rio qui se dérouleront du 5 au 21 Août 2016.

Fabricant français, la société stéphanoise BV SPORT travaille sur le retour veineux et les textiles de compression depuis 1998. Elle a notamment mis au point plusieurs brevets dans ce domaine, dont la “compression progressive et sélective”, destinée à améliorer la performance musculaire ainsi qu’à accélérer la récupération. Les 3 gammes que vont utiliser les 400 athlètes qui composent les équipes de France olympiques ont été définies en collaboration avec la commission médicale du CNOSF.

booster Rio“Pour l’occasion nous allons fabriquer un manchon Booster Elite bleu marine, marqué du coq France”, explique Philippe Chardigny, directeur communication et responsable du secteur haut-niveau de BV SPORT.
“Les athlètes seront également dotés de nos chaussettes de récupération Prorecup Elite, beaucoup utilisées dans le sport de haut niveau. Pour finir, l’ensemble de la délégation Française (athlètes, staff et accompagnants) sera dotée de la gamme Confort, chaussettes de compression utilisées au quotidien et notamment lors du déplacement en avion à destination de Rio”.

Ces trois gammes sont déjà disponibles en magasins, seule la gamme Booster Elite dans cette version Rio, ne sera pas commercialisée.

Patrick Kanner accompagné de Virgile Caillet (FIFAS), Pierre Gogin (FPS) et Antoine Furno (Endurance Shop) à la découverte des entreprises innovantes.

Patrick Kanner accompagné de Virgile Caillet (FIFAS), Pierre Gogin (FPS) et Antoine Furno (Endurance Shop) à la découverte des entreprises innovantes.

En marge du lancement officiel de l’Observatoire de l’économie du sport, qui a eu lieu jeudi 9 juin dernier au ministère de l’Economie et des finances, de nombreuses start-up du sport venaient présenter leurs produits et concepts innovants aux officiels et professionnels du secteur  sport.

Un large panorama de la créativité du secteur, réparti sur huit univers de pratique (services, cycle, running, équitation, outdoor, sports nautiques, sports d’hiver, terrains de sport) et représenté par une trentaine d’entreprises de toutes tailles. Filière Sport présente les inventions et projets des plus futuristes et des moins connues d’entre elles:

L'usine Ino-Fab de Raidlight, à  Saint-Pierre-de-Chartreuse (38).

L’usine Ino-Fab de Raidlight, à Saint-Pierre-de-Chartreuse (38)

Partenaire industriel du projet de textile sportif fabriqué en France, la marque Raidlight a sorti dans les temps sa gamme d’articles de trail. Présentée cet été, celle-ci a reçu un bon accueil, selon le fabricant.

Le projet ANT-Tex – alias Atelier de nouvelles technologies Textiles – commence à porter ses fruits. Initié fin 2013, ce programme fédéré par le cluster Sporaltec et dont l’objectif est de promouvoir l’usage de procédés techniques innovants dans la production française de textiles sportifs, vient de livrer ses premiers produits. Le fabricant Raidlight, partenaire industriel de ce programme via sa filiale Ino-Fab, créée à cet effet, a présenté cet été une première gamme textile technique destinée aux trailers, entièrement fabriquée sur son site de production isérois de Saint-Pierre-de-Chartreuse.

Une première collection primée

Le sac-gilet Responsiv 8L

Le sac-gilet Responsiv 8L

La collection se compose d’un sac à dos-gilet, d’un modèle de chaussures, d’un maillot et d’un short. Techniquement, elle est fabriquée à partir de procédés tels que la technologie laser pour la découpe et le thermocollage pour l’assemblage des pièces. Pour concevoir et fabriquer ses premiers produits, Raidlight s’est appuyé sur les savoir-faire de la société Insoft, spécialisée dans le prototypage de chaussures, du bureau d’études Toptex, de l’école d’ingénieurs spécialisés Itech et du Lycée Argouges de Grenoble. Tous intégrés à 100% dans le projet ANT-Tex. In fine, les produits se veulent plus confortables, plus légers, plus techniques et parfaitement dessinés. Ne pesant que 180 g, ergonomique, le sac-gilet Responsiv 8l, vendu au prix public conseillé de 129,99 €, a déjà décroché un Janus français du Design, ainsi qu’un award au salon OutDoor de Friedrichshafen.

Des technologies pointes pour permettre une fabrication française.

Des technologies de pointe pour permettre une fabrication française.

Des objectifs ambitieux


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Louison BobetLa 102è édition du Tour de France, dont le départ sera donné le 04 juillet 2015 à Utrecht, verra le lancement d’une nouvelle marque de vêtements et d’accessoires cyclistes. Afin de rendre hommage à Louison Bobet, des amis et des proches de sa famille ont créé une marque éponyme.

A l’occasion de la 8è étape du Tour de France, qui traversera Saint-Méen-le-Grand, ville natale de Louison Bobet, ses proches rendront hommage à ce champion français, 60 ans après la dernière de ses trois victoires sur la grande boucle, en lançant la marque de  vêtements et d’accessoires cyclistes qui porte son nom.

Pour la route et pour la ville

La marque Louison Bobet propose des produits dédiés aux pratiquants de vélo de route et de ville, entièrement conçus en France, et fabriqués à la main en France et en Italie. L’appellation et le design des modèles de la ligne route s’inspire des grandes victoires du coureur (champion du monde en 1954 et triple vainqueur du tour en 1953, 1954, 1955) , alors que celle pour la ville offre des modèles élégants et techniques dédiés aux déplacements urbains.

La collection Louison Bobet sera d’abord proposée en ligne sur le site louisonbobet.com puis disponible en magasins à une date ultérieure.

Collection Louison Bobet

Collection Louison Bobet

Afin de favoriser l’internationalisation des entreprises françaises, la région Rhône-Alpes, le cluster Sporaltec et l’association Outdoor Sport Valley (OSV) accompagneront les entreprises sur Ispo, le salon professionnel de l’industrie du sport, qui se tiendra du 5 au 8 février 2015 à Munich. Le dispositif bénéficiera à 43 entreprises cette année, contre 38 l’an dernier.


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Moins d’un an après la reprise de l’ex-usine Cycleurope, rebaptisée Manufacture française du cycle (MFC), Intersport a le sourire. Les objectifs de production atteints et l’outil remis aux normes, le groupement projette l’agrandissement du site, avec le soutien des pouvoirs publics.

Atelier MachecoulEn reprenant l’usine Cycleurope de Machecoul (44), Intersport ne s’est pas contenté d’acheter une chaine d’assemblage de vélos. La coopérative s’est lancée dans un véritable projet industriel. La MFC va ainsi être dotée d’un laboratoire de tests ultra-performant et ses outils de production seront modernisés. Les activités de peinture et de contrôle qualité, actuellement réalisées à l’étranger (principalement en Europe de l’Est), y seront relocalisées. Intersport prévoit également d’assembler à Machecoul les VTT de la marque française Sunn, qu’elle a rachetée en septembre 2013.

“Le choix de la France”

Avec cet accroissement d’activité, la coopérative espère dépasser son objectif initial de 200 000 vélos produits en 2014 et atteindre 241 000 unités. Pour tenir ce rythme, Intersport projette de recruter 70 salariés cette année. Un effort loué hier par Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, en visite dans les ateliers de l’usine. « Vous avez fait le choix de la France, les ouvriers partagent la fierté de croire que nous pouvons encore produire ici. Il n’y a pas de fatalité à la désindustrialisation », déclarait-il avant de cosigner un avenant au contrat de crédit-bail immobilier avec le conseil général de Loire-Atlantique portant sur l’immeuble de l’usine, qui devrait subir des travaux d’agrandissement d’ici deux ans.


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Nés d’un appel à projet du ministère du redressement productif, les Ateliers de Nouvelles Technologies Textiles (ANT-Tex) devraient retransférer des technologies innovantes sur le sol français et proposer des produits outdoor dès l’été 2015. (suite…)

logo-Rossignol

La ministre des Sports, Valérie Fourneyron, et le ministre du Travail, Michel Sapin, se rendront à Saint-Jean de Moirans (Isère), vendredi 1er février 2013, en présence de Michel Destot, député-maire de Grenoble, pour visiter le siège de Rossignol.

En relocalisant une partie de sa production en France, le groupe Rossignol est devenu l’un des passages obligés du “fabriqué en France”. Le fabricant français réalise un tiers de sa production de skis (900 000 paires sur la saison 2011-2012) à Sallanches (Haute-Savoie) et a récemment annoncé la relocalisation de 60 000 paires junior, qui bénéficieront du label “Origine France Garantie”. Un beau symbole pour les ministres qui, en compagnie de Bruno Cercley, président du groupe Rossignol, ont prévu d’aller à la rencontre des employés, d’échanger avec eux sur l’innovation, sur le rayonnement et sur le savoir faire du ski français… Au cours d’une conférence de presse, les deux ministres dévoileront leurs orientations pour promouvoir la compétitivité des entreprises françaises à l’International.