Table-ronde sur les nouveaux métiers du sport au Sport Job Day 2018

Organisé le 13 juin 2018 à Paris, le Sport Job Day, a réuni près de 300 candidats et une dizaine d’entreprises du secteur sport et plusieurs écoles. Le succès de ce premier « job dating » du secteur sport confirme l’attractivité de la branche et sa contribution à la création d’emplois en France. Outre les rendez-vous individuels entre candidats et entreprises, plusieurs débats et tables-rondes ont permis de faire le point sur les attentes des employeurs et l’évolution des métiers. Compte-rendu.

Paris 2024, des emplois par milliers

Structurellement attractif parce qu’il fait rêver, le sport est un secteur en croissance qui bénéficiera de l’effet levier des Jeux Olympiques de 2024. L’effectif du comité d’organisation de Paris 2024, de 35 salariés actuellement, devrait en compter 80 à la fin de l’année 2018, qui correspond à la fin de la phase de mise en place de l’encadrement opérationnel des Jeux. « En 2020, nous serons deux fois plus et à partir de 2022 nous atteindrons 5 000 salariés », a expliqué David Lamy, le directeur des ressources humaines de Paris 2024. Mais attention, d’ici à 2024, le comité d’organisation s’attend à recevoir… 5 millions de CV ! La sélection sera sévère…« Envisager de travailler dans le sport, c’est souvent rêver de métiers qui brillent, par exemple directeur marketing du PSG ou patron du sponsoring chez BNP Paribas… Mais le sponsoring se limite à une centaine d’entreprises qui emploient deux ou trois personnes dans leurs services partenariats : les gros des recruteurs se situent dans l’industrie et la distribution », avertit Magali Magali Tézenas, déléguée générale de l’association Sporsora, qui regroupe les sponsors et détenteurs de droits.

Des vendeurs sportifs pour créer du lien

La branche de l’industrie et du commerce de sport emploie quelque 80 000 personnes en France. Ses marques et enseignes cherchent activement des collaborateurs sportifs car « si vous êtes capables de parler de la pratique avec les consommateurs, vous créez un lien particulier avec eux », explique en effet Jean-Raphaël Hétier, fondateur de la société d’externalisation des forces de vente 100 % Sport Business. Si elle est un prérequis, la passion du sport ne suffit pas. « Ce qui fait la différence dans le commerce de sport, c’est la qualification des vendeurs. Ils doivent savoir parler de la pratique sportive mais aussi vendre leur passion et un produit. La triqualification sportive, commerciale et produit, est une demande fondamentale des entreprises de sport », explique Pierre-Jean Bonamy, directeur général du CNPC, spécialisé dans la formation des vendeurs et commerciaux du secteur sport en formation initiale ou continue.

Les nouveaux métiers digitaux…

« Deux grandes tendances influent aujourd’hui sur les métiers du sport : la digitalisation et l’importance de plus en plus importante accordée par les employeurs au savoir-être », analyse Cécile Landreau, directrice du pôle juridique et social de l’Union sport & cycle, qui fédère les entreprises d’articles de sport et a organisé le Sport Job Day. Internet fait émerger de nouvelles des fonctions de « data scientists » (experts de l’étude des données), de manageurs de communautés, d’ambassadeurs de marques et d’influenceurs, ainsi que, dans l’e-commerce, de professionnels de la logistique du « dernier kilomètre ».

… Et le retour de l’humain

Le commerce en magasins physiques s’adapte en intégrant ces métiers et en faisant évoluer ses propres concepts. La Salle de Sport à Paris, un espace pilote soutenu par Reebok, associe une boutique, un espace de pratique de fitness et des événements communautaires. « Les vendeurs de la boutique pratiquent au sein de la salle aux côtés de leurs clients, ce qui leur donne une vraie légitimité, explique Sandrine Retailleau, patronne du concept et ancienne directrice générale de Reebok France. Les coachs ne vendent rien mais ils sont nos meilleurs prescripteurs auprès des membres, à qui nous proposons souvent des essais de produits pendant les cours. » Cette convergence des métiers se propage aux commerces de détail plus classiques, où « le vendeur devient un animateur de communautés, virtuelles ou réelles, voire un coach commercial », décrit Jean-Paul Hubert, en charge de l’Observatoire des métiers au Forco, organisme collecteur des fonds de la formation professionnelle dans le commerce : « l’humain revient dans nos métiers », résume-t-il. Ce paradoxe de la digitalisation explique aussi que le « savoir être » fasse désormais partie des critères de recrutement majeurs des employeurs.