(si la vidéo ne s’affiche pas, rechargez la page)

 

Certes, le gouvernement avait annoncé qu’il réduirait le champ du bonus VAE mais on ne s’attendait pas un à tel tour de vis ! En effet, le « nouveau bonus VAE complète le montant de l’aide allouée par une collectivité locale sans jamais lui être supérieur », précise le décret, et reste limité à 20 % du coût d’acquisition TTC dans la limite de 200 euros… En clair, même non imposable, une personne qui n’habite pas dans une commune qui soutient financièrement l’achat d’un VAE n’en bénéficiera pas. Autant dire que le nombre de bénéficiaires risque de se réduire à peau de chagrin… « L’aide n’est pas suffisante pour inciter les populations ciblées à acheter un VAE et elle exclut les travailleurs pauvres mais imposables », analyse Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub). Autre critique des « pro vélo » à l’égard du nouveau dispositif : en conditionnant l’aide au cumul de critères de revenus et de territorialité, il risque de rompre l’égalité entre les citoyens, le montant de l’aide dépendant du dispositif adopté (ou non) par chaque commune…

La rançon du succès

Avec plus de 175 000 aides à l’achat payées en 2017 et sans doute plusieurs dizaines de milliers de demandes éligibles toujours dans le tuyaux – on parle d’un total de plus de 200 000 aides au titre de l’exercice  – soit quasiment le double de ce qui avait été envisagé initialement, « Le système du bonus VAE a sans doute été dépassé par son succès, admet un proche du dossier. Il est toutefois regrettable d’arrêter une mesure qui, en moins d’un an, a favorisé l’essor de la filière sans lui donner le temps de se structurer et a permis de faire revenir au vélo des populations qui ne le pratiquaient plus. » Et si la mesure a coûté plus que prévu, ses défenseurs soulignent que les montants en jeu sont sans comparaison avec ceux des aides à l’achat de deux ou trois roues électriques, nettement supérieures à celle des VAE sans faire l’objet d’aussi sévères restrictions.

L’enjeu du Plan vélo

Du côté des organisations soutenant l’usage du vélo, c’est évidemment la déception. Ainsi, le Club des villes et territoires cyclables « regrette que les nouvelles modalités du bonus VAE ne prennent pas en compte les préconisations du groupe de travail des Assises de la mobilités qui s’est prononcé pour le maintien du bonus VAE2 ». Le Club cite la mesure 10 du rapport, qui demandait une « prime universelle à l’image dube celles mises en place pour les voitures et scooters électriques », calculée à l’identique pour tous les véhicules et étendue aux vélos cargo sans assistance électrique et aux VAE utilitaires à assistance électrique.

Pour la Fub, Olivier Schneider, interrogé à chaud par Filièresport, affichait une position d’ouverture : «  À titre personnel, je reste favorable au premier bonus vélo mais une politique cyclable ne se limite pas à ce type de mesure, explique-t-il. J’ai envie de dire au gouvernement : si on oublie le bonus VAE, que mettez-vous à la place ? Notre enquête Parlons vélo montre que les gens attendent de vraies pistes cyclables et des parkings à vélo sécurisés. Nous proposons un plan d’investissement de 200 millions d’euros pour le vélo. » Une revendication qu’il entend bien mettre en avant dans le cadre du futur nouveau Plan vélo en cours d’élaboration… Dans un communiqué publié le 5 janvier, la Fub réaffirmait tous les arguments en faveur d’un bonus VAE généreusx (cliquez ici pour consulter l’infographie) , et affichait son espoir que, malgré «signal inquiétant » envoyé par le gouvernement, « la stratégie de mobilité que le Gouvernement présentera en février 2018, comportera bien un plan vélo sincère, assumé et financé. »

Olivier Costil

Mesure adoptée en février 2017, la subvention d’Etat à l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE), communément appelée bonus VAE,  n’a pas été reconduite par le gouvernement. “Nous avons considéré que ce n’était pas à l’Etat de continuer à subventionner le vélo électrique, dans la mesure où quand il l’avait fait, les collectivités locales ne le faisaient pas“, a justifié le ministre Gérald Darmanin, interrogé sur RTL.

En plein démarrage des Assises nationales de la mobilité, et alors que ce bonus rencontre un véritable succès auprès des Français, la décision a immédiatement fait réagir les professionnels, rassemblés derrière le Club des villes et territoires cyclables. Son président, Pierre Serne, s’interroge :  “Faut-il participer aux Assises de la mobilité pendant les trois prochains mois ? Après un si mauvais signal de départ, nous attendons du gouvernement qu’il apporte des engagements (puisqu’après tout la loi de finances n’est pas encore votée), notamment à 11 jours de l’ouverture des Rencontres nationales du transport public et de notre 21e congrès national à Marseille.” Le Club rappelle notamment ” les bénéfices multiples, évalués, de l’usage du VAE en termes d’environnement, de santé publique et d’emploi. Le VAE étend le domaine d’emploi du vélo, en touchant des personnes jusqu’alors éloignées de ce mode : les actifs, les femmes, les personnes de plus de 50 ans, les personnes souffrant de handicap.” Quant à l’enjeu financier, Pierre Serne a beau jeu de rappeler qu’avec le montant d’une seule prime pour l’achat d’une voiture électrique, on finance celles de “30 vélos à assistance électrique. L’enjeu n’est donc manifestement pas les économies réalisées”. En risquant de ralentir l’essor du VAE, l’abandon du bonus pourrait également avoir des conséquences sur la filière économique créatrice d’emplois locaux qui commence à se structurer autour de ce marché.

Lire aussi : le raz-de-marée du bonus VAE décrypté

Mise en place le 20 février 2017, la prime pour l’achat de vélos à assistance électrique (VAE), d’un montant de 20% du prix d’achat dans la limite de 200 euros, rencontre un vif succès. Ainsi, 150 000 primes ont été sollicitées au 15 septembre 2017. Le décret du 16 février 2017 dispose que cette aide à l’achat prend fin au 31 janvier 2018, ce qui n’est pas le cas du bonus pour le véhicule et le cyclomoteur électriques. Pour les professionnels, dont l’Union sport & cycle, “la pérennisation de cette mesure doit figurer sur la feuille de route du ministère de la Transition écologique et solidaire notamment, en préparation du projet de Loi de finances pour 2018″. Une étude réalisée par l’Ademe en 2016 démontre l’impact du VAE sur la mobilité “décarbonée”. Les résultats de nombreuses enquêtes mettent par ailleurs en évidence que les distances des trajets domicile‐travail effectuées en VAE sont comprises entre 7 et 9 km, et sont donc très nettement supérieures au trajet moyen réalisé par les personnes qui se rendent au travail à vélo actuellement. L’assistance électrique élargit également le champ des possibles en matière de transport de charges et de personnes à vélo. Les entreprises et les collectivités, éligibles à la prime l’achat de VAE, s’équipent de plus en plus.

Un gisement d’emplois non délocalisables

Soutenir le VAE est un investissement rentable comme le montrent les observations conduites en France et une étude réalisée par la European Cyclists’ Federation sur les incitations fiscales à l’écomobilité. L’Autriche a développé le marché du VAE le plus important d’Europe grâce à plusieurs niveaux de prime à l’achat (national, régional et local). En France, près de 40% des VAE vendus chaque année sont français et le déploiement du réseau des points de vente et d’entretien réparation de vélos et de VAE, avec leur retour dans les centres villes, est boosté par l’essor des ventes de VAE depuis quelques années. Ces acteurs économiques locaux représentent une composante indispensable du déploiement d’un véritable  “système vélo”.

Coup d’arrêt prématuré

Les emplois qualifiés créés dans ces points de vente et réparation ne doivent pas être fragilisés par l’arrêt du dispositif d’aide. De même qu’il serait incompréhensible de ne pas le reconduire sans attendre l’évaluation de ce dispositif et les résultats de l’enquête sur l’usage du VAE qui a été proposée aux bénéficiaires de l’aide. A l’inverse, le maintien de la prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique s’inscrit parfaitement dans les objectifs du gouvernement pour une transition vers une mobilité propre, qui vise 12,5% de part modale vélo en 2030.

Répondant à un questionnaire de la Fédération des usagers de la bicyclette, près de 500 candidats aux élections législatives ont donné leur avis sur la politique cyclable de la France.

Après avoir sollicité les candidats à la présidentielle sur leurs projet de politique cyclable au plan national, en leur proposant 10 mesures faisant l’unanimité dans le monde du vélo avec un certain succès (sept candidats, qui ont totalisé en tout 75% des suffrages, dont Emmanuel Macron, ont répondu), la FUB et ses partenaires ont renouvelé l’opération dans le cadre des élections législatives. Près de 500 candidats, issus de toutes les tendances politiques ont répondu favorablement à l’appel et ont rempli le questionnaire proposé. Pour connaître leurs réponses, cliquer ici.

Jusqu’ici exclus du dispositif national d’aide aux véhicules peu polluants, les vélos à assistance électrique (VAE) auront eux-aussi leur bonus sous forme d’une aide de 20% du prix d’achat du VAE, plafonnée à 200 €.

Déjà mise en oeuvre par certaines collectivités locales, cette aide peut désormais entrer en vigueur à l’échelon national. Elle ne sera toutefois pas cumulable avec une aide similaire d’une autre collectivité publique. Un décret, paru au Journal officiel le 18 février 2017, acte cette mesure. Pour Virgile Caillet, délégué général de l’Union sport & cycle, ” le bonus écologique pour l’acquisition d’un VAE va contribuer au développement des mobilités actives. Il s’agit de la première mesure concrète en faveur du vélo de niveau national. C’est un bon début et l’Union sera évidemment impliquée dans sa mise en place.

La mesure “marque une étape importante pour la reconnaissance du vélo en tant que mode de déplacement à part entière et comme solution de mobilité durable “, se félicite de son côté un collectif d’organisations non gouvernementales, dont la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub). En effet, la moitié des usagers du VAE qui ont bénéficié d’une aide locale à l’achat d’un VAE ont fait ce choix en remplacement de la voiture, selon l’étude de l’Ademe sur les services vélo. Or la moitié des trajets automobiles font moins de 3 kilomètres et pourraient pour le plupart être parcourus au moyen d’un équipement de mobilité active moins polluant, tel que le VAE.

Appel au volontarisme

Se déclarant convaincues que cette mesure


Pour lire la suite de cet article, vous devez être abonné…

Pour vous abonner cliquez ici

Déjà abonné ? Connectez vous ici :

La Commission cycle et mobilité active, commission statutaire de l’Union sport et cycle, s’est réunie mardi 17 janvier dernier à l’Insep en présence d’une cinquantaine de chefs d’entreprises du secteur du cycle : fabricants, importateurs et distributeurs.

Présidée par André Ghestem, PDG de Shimano France et de Denis Briscadieu, PDG de Cyclelab, la Commission a d’abord accueilli les personnalités fortement investies dans les actions de développement du vélo au sein politiques publiques.

Sylvie Banoun, coordinatrice interministérielle, après avoir présenté son action dans le cadre du 2è plan d’actions en faveur des mobilités actives (Pamuv), a pu échanger avec les entreprises et ainsi constater les enjeux, industriels et sociétaux, d’une mise en place d’un « bonus écologique » pour l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE). Véronique Michaud, secrétaire générale du Club des villes et territoires cyclables (CVCT) a expliqué son action auprès des élus locaux et des parlementaires, ainsi que l’action de son association dans la mise en place effective de l’Indemnité kilométrique vélo (IKV). Enfin, Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) a présenté un ambitieux plan d’actions d’influence dans le cadre de cette année d’élections et milité pour le lancement en 2018 d’un Observatoire de la Cyclabilité.

Après un temps d’échanges et de convivialité dans ce temple du sport qu’est l’Insep, la Commission a pu lister, dans sa feuille de route, les actions qu’elle considérait comme prioritaires pour un bon développement de l’usage du vélo :

  • actions pour la sécurisation des biens : pédagogie du cycliste sur les antivols et parkings et réflexion sur un fichier national d’immatriculation.
  • prosélytisme en faveur de l’IKV, et notamment au sein des entreprises membres de l’Union
  • actions d’influence en faveur du VAE et de son bonus écologique.

Concernant l’intelligence économique, les entreprises ont découvert le « focus VTT » issu de l’étude « les français et les sports de nature » commanditée par le Ministère des Sports et l’Union sport et cycle (étude réalisée par BVA) , restituée sous forme de segmentation en 5 grandes catégories de consommateurs. En matière d’études, la Commission a également inclus dans sa feuille de route la réalisation de son « Observatoire Annuel » en partenariat avec l’agence Nomadeis.

Enfin, la Commission cycle s’est prononcée en faveur:

  • d’un accès des Engins de déplacement personnel (EDP) aux pistes cyclables
  • du démarrage de la collecte des piles et batteries usagées avec le Corepile.

 

Contact : Virgile Caillet, DG Union Sport&Cycle

Sylvie Banoun

Sylvie Banoun

Annoncée depuis plus de six mois, la nomination de Sylvie Banoun comme coordonnatrice interministérielle pour le développement de l’usage du vélo a été officialisée par décret publié au Journal officiel du 1er juin 2016.

Elle occupe la fonction pour une période de trois ans, en remplacement de Dominique Lebrun, inspecteur général de l’administration et du développement durable, qui prend sa retraite. Enarque et normalienne, Sylvie Banoun a été sous-directrice à la vie associative et à l’éducation populaire de 2008 à 2014 après avoir exercé différentes fonctions dans la haute administration, notamment au ministère de l’Environnement. Elle prend le poste à un moment charnière de la politique nationale du vélo, après l’entrée en vigueur du premier Plan d’action sur les mobilités actives (Pama) – qui a notamment débouché sur l’adoption de l’indemnité kilométrique vélo (IKV) – auquel devra succéder un “Pama 2” qui reste à définir.

 

Axe vélo est ouest

L’Interkoalition Vélo, qui regroupe usagers et professionnels intéressés au développement de l’usage de la bicyclette, appelle les entreprises et leurs salariés à mettre en oeuvre l’indemnité kilométrique vélo (IKV), désormais applicable. Malgré ses imperfections.

Pour l’Interkoalition Vélo, l’IKV est en effet une mesure « très attendue, qui a prouvé son efficacité », attestée par l’expérimentation réalisée en 2014 sur un échantillon de 10 000 salariés : le nombre de salariés cyclistes avait doublé en six mois. Elle souligne que le montant de l’indemnité, 25 centimes par kilomètre parcouru, « est correct ». Mais déplore que sa portée soit limitée du fait des nombreuses conditions assorties à sa mise en oeuvre. Facultative et limitée aux seules entreprises privées, l’IKV est en effet exonérée de cotisations sociales (pour l’employeur) et d’imposition sur le revenu (pour le salarié) dans la limite d’un plafond annuel de 200 €. Ce qui correspond à 800 km par an, « soit à une distance domicile-travail d’à peine 2 km sur une moyenne de 200 allers-retours dans l’année. Or, des distances de 4-5 km (15-20 minutes de pédalage) pour aller au travail à vélo sont courantes, encore plus avec la forte croissance du vélo à assistance électrique et le développement des itinéraires cyclables », souligne l’Interkoalition.

Le deuxième Plan mobilités actives en ligne de mire

En plus du plafonnement kilométrique annuel, l’IKV est non cumulable avec un abonnement aux transports en commun qui couvrirait un trajet similaire : « à première vue logique, cette mesure est perverse. En effet, elle empêche l’indemnisation d’un rabattement à vélo vers un mode rapide (tramway, métro, RER) dès lors qu’un bus, même lent ou peu cadencé, couvre le même trajet, éliminant ainsi l’opportunité du choix du vélo en fonction des horaires, de la météo ou des perturbations de trafic… », poursuit l’Interkoalition, qui plaide : « Le salarié doit pouvoir choisir son mode de transport » si l’on veut convaincre les automobilistes le lâcher plus souvent le volant. Les membres de l’Interkoalition Vélo s’engagent en conséquence à faire pression sur le Plan d’actions mobilités actives numéro 2, en cours d’élaboration, « pour rectifier le tir et rendre l’IKV obligatoire, cumulable, moins plafonnée et ouverte à tous. »

Dominique Lamouller, président du Comité de promotion du vélo et de la Fédération française de cyclotourisme

Dominique Lamouller, président du Comité de promotion du vélo et de la Fédération française de cyclotourisme

A l’occasion de la Fête du Vélo, qui se tiendra le week-end prochain, le Comité de promotion du vélo (CPV) publie un livre blanc où il formule des « propositions complémentaires » au plan mobilités actives.

Le livre blanc suit cinq objectifs prioritaires : définir un statut juridique du vélo ; donner toute sa place au vélo dans la nature et en ville ; promouvoir ses atouts en terme d’environnement, de santé et d’économie ; encourager sa pratique et améliorer sa visibilité médiatique. La création d’un « statut du vélo » vise à prendre en compte le fait que « le déplacement d’un cycliste n’a rien de comparable avec celui d’un véhicule motorisé ». Ce statut comprendrait notamment l’aménagement et l’adaptation du régime des infractions routières, la reconnaissance d’une classification « human power vehicle » (véhicule à propulsion humaine) dans le code de la route, la clarification de l’usage des trottoirs par les nouveaux engins de déplacement (trottinettes électriques, gyropodes…).

Indemnité vélo pour tous et pack sécurité

Parmi les mesures proposées, le CPV souhaite que l’on ne se contente pas de l’expérimentation prévue pour l’indemnité kilométrique vélo et que celle-ci devienne « applicable à tous les salariés ». Le CPV propose par ailleurs de renforcer la lutte contre le vol, à travers notamment la création d’un « pack sécurité » comprenant « un antivol de qualité + marquage bycicode ». Il souhaite aussi la simplification des règles de copropriété pour faciliter la réalisation de stationnements vélo dans l’habitat existant.

Dévoilé la semaine dernière par le ministre des Transports, le plan mobilités actives propose une série de mesures pour encourager l’usage du vélo : expérimentation d’une indemnité kilométrique pour les salariés se rendant au travail à bicyclette, généralisation de la possibilité de rouler à contresens dans les zones 30, augmentation du montant des amendes pour stationnement sur une piste cyclable, droit de franchir une ligne blanche pour doubler un vélo, etc. Il a été accueilli avec bienveillance mais sans grand enthousiasme par les représentants professionnels interrogés par Filière Sport. Témoignages.

Jean-Marie Darmian, président du Club des Villes et Territoires Cyclables :

« Nous considérons que ce plan est une plateforme de négociation en vue de progrès ultérieurs, plutôt qu’une véritable stratégie nationale en faveur de l’usage du vélo. Il contient quelques avancées. Ainsi, il évoque pour la première fois officiellement l’indemnité kilométrique vélo, même si elle n’est envisagée qu’à titre expérimental et dans des entreprises volontaires. Mais la France a toujours du retard et les bienfaits du vélo, en termes d’effets sur la santé, d’impact sur l’environnement et de partage de l’espace public ne sont pas assez valorisés. »

 Dominique Lamouller, président du Comité de Promotion du Vélo (CPV) et de la Fédération Française de Cyclotourisme (FFCT) :

« Alors que rien de concret n’était sorti des précédentes consultations, ce plan dénué de « scoop » a au moins le mérite d’énoncer quelques mesures précises en matière d’aménagements et de sécurité ou d’indemnisation des salariés. Et la réaction virulente des associations d’automobilistes me conforte dans cette opinion… Cela dit, nous prendrons le temps, au CPV comme à la FFCT, d’étudier en détail le projet avant de nous prononcer. Pour le cyclotourisme, c’est bien d’accélérer la réalisation de voies vertes et pistes cyclables mais attention de ne pas enfermer le cycliste dans un ghetto : il faut aussi que les mentalités évoluent pour un meilleur partage de la route. Dans tous les cas, nous resterons attentifs à la mise en application du plan ».

Pierre Gogin, président de la FPS (Fédération Professionnelle des Entreprises du Sport et des Loisirs) :

« Toutes ces mesures vont dans le bon sens, celui du développement de la pratique du vélo dans notre pays. La France a beaucoup de retard en la matière. La FPS soutient ce plan ».

 

Cuvillier FrédéricFrédéric Cuvillier, ministre délégué aux transports, a présenté mercredi 5 mars le plan établi par le comité de pilotage pour le développement des modes dit « actifs », c’est-à-dire essentiellement de la marche et du vélo. Au programme, pas de décision spectaculaire, mais 25 mesures présentées par le ministre comme étant « de bon sens ».

 Parmi celles-ci, une mesure très attendue, la mise en place d’une « indemnité kilométrique vélo », versée par les entreprises à leurs salariés utilisant la bicyclette pour se rendre au travail, reste à l’état d’ébauche : le plan mobilités ne prévoit qu’une expérimentation d’ici la fin 2014 par des entreprises volontaires. Pour le gouvernement, il s’agit de s’assurer que le rapport coût/bénéfices d’une telle mesure est bien réel. A raison de 25 centimes d’euros par kilomètre, l’indemnité vélo pourrait en effet se traduire par une charge de 110 millions pour le budget de l’Etat en hypothèse haute, partiellement compensée par une économie de soins de 35 millions d’euros. Les tests viseront à mesurer la part d’utilisation du vélo au sein des entreprises volontaires, la nature et l’importance du report d’autres modes de transports sur le vélo et les effets sociaux sur des critères comme l’assiduité et le taux de maladie. Le comité de pilotage doit recevoir les candidatures des entreprises volontaires au cours des prochaines semaines.

Encourager le tourisme à vélo

Plus techniques, les autres mesures portent sur le partage de l’espace public et sur l’incitation à la pratique de la marche et du vélo. Ainsi, le double sens cyclable sera généralisé dans les toutes les rues à 30 km/h et le chevauchement d’une ligne blanche sera permis pour dépasser un cycliste, afin d’éviter les dépassements dangereux. Le plan prévoit également de faciliter la formation et l’apprentissage de l’usage du vélo, ainsi que des actions de formation des professionnels. Diverses mesures portent sur le développement des parkings résidentiels ou de bureaux et en gares. Enfin, pour encourager le tourisme à vélo et la randonnée, il est proposé de faire appel aux crédits européens afin d’accélérer la réalisation de 12 000 kilomètres d’aménagements cyclables et piétons prévus, mais non encore réalisés, dans la cadre des Contrat de Projets Etat-Région.

Pour prendre connaissance de l’intégralité du Plan Mobilités Actives, cliquer ici.

 

couv-FS-10-11A quelques semaines des Municipales et dans l’attente du plan “mobilités actives” (ex-plan vélo) du gouvernement, le Club des villes et territoires cyclables (CVTC) a publié les premiers résultats de sa dernière “Enquête nationale sur les politiques en faveur des cyclistes et piétons dans les villes françaises“. Un état des lieux globalement positif même si, selon Jean-Marie Darmian, président du CVTC, “il manque toujours une politique nationale du vélo” en France.

Les mobilités actives ont été très présentes au cours des mandats qui s’achèvent dans les collectivités locales“, a expliqué Jean-Marie Darmian au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin au siège du CVTC à Paris. Ainsi, entre 2011 (année de l’enquête précédente) et 2013, sur un échantillon de 46 communes de plus de 50 000 habitants ayant répondu aux deux vagues d’enquête, les aménagements ont continué de croître avec une augmentation du kilométrage de voiries accessibles au vélo de 19 %, l’augmentation des double-sens cyclables (+ 27 %), l’essor des zones de circulation apaisée…

Les progrès de la “gouvernance vélo”

Parallèlement, la “gouvernance vélo” s’est renforcée. Trois-quarts des villes de l’échantillon sont dotées d’un chargé de mission vélo contre deux-tiers en 2011, 59 % ont une instance de concertation ou d’information des usagers (46 % en 2011). Tandis que sur un total de 80 collectivités de toutes tailles (soit plus de 16 millions d’habitants), 66 % ont un budget vélo spécifique, même si ce dernier reste limité : à 5,9 € par habitant en moyenne… Autre point faible, les petites villes (moins de 50 000 habitants) et les territoires ruraux restent les parents pauvres de ces politiques de mobilité douce.

Le chantier de la continuité territoriale

En fait, si la banalisation du vélo en libre-service fait aujourd’hui partie des acquis et si l’aménagement des espaces cyclables continue de se développer, la politique du vélo a besoin d’un second souffle. “Le grand chantier du prochain mandat sera le stationnement des vélos. Les élus n’y échapperont pas, sinon la pratique stagnera”, estime Jean-Marie Darmian. Les besoins se portent désormais sur des parkings à vélos sécurisés et connectés aux autres modes de transports. “La notion de territoire prendra aussi de l’importance, il va y avoir un gros travail à effectuer sur le péri-urbain, la continuité urbaine et les Schémas de cohérence territoriale où, trop souvent encore, l’on confond mobilité et transports collectifs“, poursuit-il.

Malheureusement, le vélo ne semble plus faire partie des priorités politiques du moment. “Pour la première fois, le Club n’a pas été sollicité en soutien de campagnes électorales”, regrette le président du CVCT. Quant au gouvernement, il mène actuellement les derniers arbitrages de son plan “mobilités actives”, dont la publication, initialement prévue pour le 20 février, ne devrait pas intervenir avant début mars.