couv-FS-10-11A quelques semaines des Municipales et dans l’attente du plan “mobilités actives” (ex-plan vélo) du gouvernement, le Club des villes et territoires cyclables (CVTC) a publié les premiers résultats de sa dernière “Enquête nationale sur les politiques en faveur des cyclistes et piétons dans les villes françaises“. Un état des lieux globalement positif même si, selon Jean-Marie Darmian, président du CVTC, “il manque toujours une politique nationale du vélo” en France.

Les mobilités actives ont été très présentes au cours des mandats qui s’achèvent dans les collectivités locales“, a expliqué Jean-Marie Darmian au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin au siège du CVTC à Paris. Ainsi, entre 2011 (année de l’enquête précédente) et 2013, sur un échantillon de 46 communes de plus de 50 000 habitants ayant répondu aux deux vagues d’enquête, les aménagements ont continué de croître avec une augmentation du kilométrage de voiries accessibles au vélo de 19 %, l’augmentation des double-sens cyclables (+ 27 %), l’essor des zones de circulation apaisée…

Les progrès de la “gouvernance vélo”

Parallèlement, la “gouvernance vélo” s’est renforcée. Trois-quarts des villes de l’échantillon sont dotées d’un chargé de mission vélo contre deux-tiers en 2011, 59 % ont une instance de concertation ou d’information des usagers (46 % en 2011). Tandis que sur un total de 80 collectivités de toutes tailles (soit plus de 16 millions d’habitants), 66 % ont un budget vélo spécifique, même si ce dernier reste limité : à 5,9 € par habitant en moyenne… Autre point faible, les petites villes (moins de 50 000 habitants) et les territoires ruraux restent les parents pauvres de ces politiques de mobilité douce.

Le chantier de la continuité territoriale

En fait, si la banalisation du vélo en libre-service fait aujourd’hui partie des acquis et si l’aménagement des espaces cyclables continue de se développer, la politique du vélo a besoin d’un second souffle. “Le grand chantier du prochain mandat sera le stationnement des vélos. Les élus n’y échapperont pas, sinon la pratique stagnera”, estime Jean-Marie Darmian. Les besoins se portent désormais sur des parkings à vélos sécurisés et connectés aux autres modes de transports. “La notion de territoire prendra aussi de l’importance, il va y avoir un gros travail à effectuer sur le péri-urbain, la continuité urbaine et les Schémas de cohérence territoriale où, trop souvent encore, l’on confond mobilité et transports collectifs“, poursuit-il.

Malheureusement, le vélo ne semble plus faire partie des priorités politiques du moment. “Pour la première fois, le Club n’a pas été sollicité en soutien de campagnes électorales”, regrette le président du CVCT. Quant au gouvernement, il mène actuellement les derniers arbitrages de son plan “mobilités actives”, dont la publication, initialement prévue pour le 20 février, ne devrait pas intervenir avant début mars.