Le plan vélo est enfin sorti. Lors d’une conférence de presse le vendredi à Angers, le Premier ministre Edouard Philippe, ainsi que les ministres François De Rugy et Elisabeth Borne, respectivement en charge de la Transition écologique et solidaire et des Transports, ont présenté le Plan Vélo, partie prenante de la loi d’orientation pour les mobilités (Lom). Dans

(suite…)

Alors que le Plan national vélo doit être dévoilé ce vendredi 14 septembre 2018 par le Premier ministre à Angers, Virgile Caillet, délégué général de l’Union sport & cycle, synthétise les quatre axes de mesures qui font consensus aussi bien du côté des entreprises du cycle que des usagers et qui sont attendus par les acteurs du secteur. 

 

(suite…)

Les ministres Nicolas Hulot et Elisabeth Borne ont présenté ce matin les premières mesures de la loi d’orientation pour les mobilités (LOM), en faveur de la mobilité propre et la qualité de l’air. Si le projet évoque les mobilités actives ou douces, il repousse la présentation du plan vélo à septembre 2018.

L’Union sport & cycle, partie prenante à la concertation autour du plan vélo, initié à la clôture des Assises de la mobilité en décembre 2017, a immédiatement réagi : ” En tant qu’entreprises de la filière économique du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active, nous plaidons pour la mise en œuvre d’une stratégie nationale, inscrite dans la durée, en faveur de la promotion de l’utilisation du vélo comme moyen de déplacement au quotidien, à l’instar de nombreux voisins européens.” L’organisation professionnelle, qui regroupe les entreprises de l’industrie et du commerce des sports, des loisirs et de la mobilité, tient néanmoins à souligner “ l’importance des mesures annoncées par le gouvernement, en faveur d’infrastructures sécurisées (pistes cyclables, parkings, etc.), de mesures incitatives notamment pour les trajets domicile-travail et de projets comme le lancement d’un appel à programmes dans le cadre des certificats d’économie d’énergie.” dans le cadre de la loi sur les mobilités, mais elle déplore “que ces mesures restent à ce jour à l’état de bonnes intentions et que le flou persiste sur le financement des mesures et sur l’engagement réel de l’Etat aux côtés des collectivités pour développer un plan vélo aussi ambitieux qu’annoncé.” Le conseil d’orientation des infrastructures avait préconisé de consacrer une enveloppe de 350 millions d’euros sur quatre ans au développement des mobilités actives et la Fédération des usagers de la bicyclette revendique 200 millions d’euros par an pendant la même période pour mettre la France à niveau par rapport à ses homologues européens en matières de mobilité douce. Mais bien plus que de nouvelles dépenses, le plan vélo est, insiste l’Union sport & cycle, “un véritable investissement pour l’avenir (…). Les gains en termes de santé publique, de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution des centres urbains, de mobilité des personnes, et notamment des demandeurs d’emploi doivent être évalués et pris en compte“. L’Union sport & cycle plaide pour la mise en place de mesures concrètes soutenues par un investissement fort et significatif de l’État.

Pour consulter la présentation du projet de loi Mobilité, cliquer ici

Pour lire le communiqué de l’Union sport & cycle, cliquer ici

Alors que les arbitrages sur le futur “Plan vélo” sont en cours, plus de 200 Parlementaires ont signé une tribune intitulée “La France a besoin d’un grand plan vélo” dans Journal du Dimanche du 22 avril 2018. Ce coup d’éclat fait écho à la campagne de cartes postales adressées aux politiques orchestrée par la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub), pour obtenir un “plan vélo sincère, structuré et financé” .  

Si la Fub “ne doute pas du soutien de la ministre” des Transports, Elisabeth Borne, l’organisation “s’inquiète du financement de ce plan : sans un budget sérieux, impossible d’atteindre les objectifs fixés“, communique-t-elle en effet. La Fub fait état de “signaux reçus selon lesquels le Premier ministre ne serait pas favorable” au projet. Dans le cadre des arbitrages de la loi Loi d’orientation sur les mobilités, qui ont lieu actuellement, la Fub propose de créer un fonds national vélo doté d’au moins 200 millions d’euros par an, de rendre l’indemnité kilométrique vélo (IKV) obligatoire et plus incitative et de recréer un bonus pour l’achat de vélos à assistance électrique équivalent à celui qui existait jusqu’à la fin du mois de janvier dernier. La campagne de la Fub a reçu le soutien de plus d’une vingtaine d’élus représentant toutes les tailles de villes et de toutes les sensibilités politiques. Parmi eux, Anne Hidalgo, maire de Paris ; Alain Juppé, maire de Bordeaux ; David Kimefeld, président du Grand Lyon ; Eric Piolle, maire de Grenoble ; Roland Ries, maire de Strasbourg, ou encore Johanna Rolland, maire de Nantes.

(si la vidéo ne s’affiche pas, rechargez la page)

 

Certes, le gouvernement avait annoncé qu’il réduirait le champ du bonus VAE mais on ne s’attendait pas un à tel tour de vis ! En effet, le « nouveau bonus VAE complète le montant de l’aide allouée par une collectivité locale sans jamais lui être supérieur », précise le décret, et reste limité à 20 % du coût d’acquisition TTC dans la limite de 200 euros… En clair, même non imposable, une personne qui n’habite pas dans une commune qui soutient financièrement l’achat d’un VAE n’en bénéficiera pas. Autant dire que le nombre de bénéficiaires risque de se réduire à peau de chagrin… « L’aide n’est pas suffisante pour inciter les populations ciblées à acheter un VAE et elle exclut les travailleurs pauvres mais imposables », analyse Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub). Autre critique des « pro vélo » à l’égard du nouveau dispositif : en conditionnant l’aide au cumul de critères de revenus et de territorialité, il risque de rompre l’égalité entre les citoyens, le montant de l’aide dépendant du dispositif adopté (ou non) par chaque commune…

La rançon du succès

Avec plus de 175 000 aides à l’achat payées en 2017 et sans doute plusieurs dizaines de milliers de demandes éligibles toujours dans le tuyaux – on parle d’un total de plus de 200 000 aides au titre de l’exercice  – soit quasiment le double de ce qui avait été envisagé initialement, « Le système du bonus VAE a sans doute été dépassé par son succès, admet un proche du dossier. Il est toutefois regrettable d’arrêter une mesure qui, en moins d’un an, a favorisé l’essor de la filière sans lui donner le temps de se structurer et a permis de faire revenir au vélo des populations qui ne le pratiquaient plus. » Et si la mesure a coûté plus que prévu, ses défenseurs soulignent que les montants en jeu sont sans comparaison avec ceux des aides à l’achat de deux ou trois roues électriques, nettement supérieures à celle des VAE sans faire l’objet d’aussi sévères restrictions.

L’enjeu du Plan vélo

Du côté des organisations soutenant l’usage du vélo, c’est évidemment la déception. Ainsi, le Club des villes et territoires cyclables « regrette que les nouvelles modalités du bonus VAE ne prennent pas en compte les préconisations du groupe de travail des Assises de la mobilités qui s’est prononcé pour le maintien du bonus VAE2 ». Le Club cite la mesure 10 du rapport, qui demandait une « prime universelle à l’image dube celles mises en place pour les voitures et scooters électriques », calculée à l’identique pour tous les véhicules et étendue aux vélos cargo sans assistance électrique et aux VAE utilitaires à assistance électrique.

Pour la Fub, Olivier Schneider, interrogé à chaud par Filièresport, affichait une position d’ouverture : «  À titre personnel, je reste favorable au premier bonus vélo mais une politique cyclable ne se limite pas à ce type de mesure, explique-t-il. J’ai envie de dire au gouvernement : si on oublie le bonus VAE, que mettez-vous à la place ? Notre enquête Parlons vélo montre que les gens attendent de vraies pistes cyclables et des parkings à vélo sécurisés. Nous proposons un plan d’investissement de 200 millions d’euros pour le vélo. » Une revendication qu’il entend bien mettre en avant dans le cadre du futur nouveau Plan vélo en cours d’élaboration… Dans un communiqué publié le 5 janvier, la Fub réaffirmait tous les arguments en faveur d’un bonus VAE généreusx (cliquez ici pour consulter l’infographie) , et affichait son espoir que, malgré «signal inquiétant » envoyé par le gouvernement, « la stratégie de mobilité que le Gouvernement présentera en février 2018, comportera bien un plan vélo sincère, assumé et financé. »

Olivier Costil

Dévoilé la semaine dernière par le ministre des Transports, le plan mobilités actives propose une série de mesures pour encourager l’usage du vélo : expérimentation d’une indemnité kilométrique pour les salariés se rendant au travail à bicyclette, généralisation de la possibilité de rouler à contresens dans les zones 30, augmentation du montant des amendes pour stationnement sur une piste cyclable, droit de franchir une ligne blanche pour doubler un vélo, etc. Il a été accueilli avec bienveillance mais sans grand enthousiasme par les représentants professionnels interrogés par Filière Sport. Témoignages.

Jean-Marie Darmian, président du Club des Villes et Territoires Cyclables :

« Nous considérons que ce plan est une plateforme de négociation en vue de progrès ultérieurs, plutôt qu’une véritable stratégie nationale en faveur de l’usage du vélo. Il contient quelques avancées. Ainsi, il évoque pour la première fois officiellement l’indemnité kilométrique vélo, même si elle n’est envisagée qu’à titre expérimental et dans des entreprises volontaires. Mais la France a toujours du retard et les bienfaits du vélo, en termes d’effets sur la santé, d’impact sur l’environnement et de partage de l’espace public ne sont pas assez valorisés. »

 Dominique Lamouller, président du Comité de Promotion du Vélo (CPV) et de la Fédération Française de Cyclotourisme (FFCT) :

« Alors que rien de concret n’était sorti des précédentes consultations, ce plan dénué de « scoop » a au moins le mérite d’énoncer quelques mesures précises en matière d’aménagements et de sécurité ou d’indemnisation des salariés. Et la réaction virulente des associations d’automobilistes me conforte dans cette opinion… Cela dit, nous prendrons le temps, au CPV comme à la FFCT, d’étudier en détail le projet avant de nous prononcer. Pour le cyclotourisme, c’est bien d’accélérer la réalisation de voies vertes et pistes cyclables mais attention de ne pas enfermer le cycliste dans un ghetto : il faut aussi que les mentalités évoluent pour un meilleur partage de la route. Dans tous les cas, nous resterons attentifs à la mise en application du plan ».

Pierre Gogin, président de la FPS (Fédération Professionnelle des Entreprises du Sport et des Loisirs) :

« Toutes ces mesures vont dans le bon sens, celui du développement de la pratique du vélo dans notre pays. La France a beaucoup de retard en la matière. La FPS soutient ce plan ».

 

Cuvillier FrédéricFrédéric Cuvillier, ministre délégué aux transports, a présenté mercredi 5 mars le plan établi par le comité de pilotage pour le développement des modes dit « actifs », c’est-à-dire essentiellement de la marche et du vélo. Au programme, pas de décision spectaculaire, mais 25 mesures présentées par le ministre comme étant « de bon sens ».

 Parmi celles-ci, une mesure très attendue, la mise en place d’une « indemnité kilométrique vélo », versée par les entreprises à leurs salariés utilisant la bicyclette pour se rendre au travail, reste à l’état d’ébauche : le plan mobilités ne prévoit qu’une expérimentation d’ici la fin 2014 par des entreprises volontaires. Pour le gouvernement, il s’agit de s’assurer que le rapport coût/bénéfices d’une telle mesure est bien réel. A raison de 25 centimes d’euros par kilomètre, l’indemnité vélo pourrait en effet se traduire par une charge de 110 millions pour le budget de l’Etat en hypothèse haute, partiellement compensée par une économie de soins de 35 millions d’euros. Les tests viseront à mesurer la part d’utilisation du vélo au sein des entreprises volontaires, la nature et l’importance du report d’autres modes de transports sur le vélo et les effets sociaux sur des critères comme l’assiduité et le taux de maladie. Le comité de pilotage doit recevoir les candidatures des entreprises volontaires au cours des prochaines semaines.

Encourager le tourisme à vélo

Plus techniques, les autres mesures portent sur le partage de l’espace public et sur l’incitation à la pratique de la marche et du vélo. Ainsi, le double sens cyclable sera généralisé dans les toutes les rues à 30 km/h et le chevauchement d’une ligne blanche sera permis pour dépasser un cycliste, afin d’éviter les dépassements dangereux. Le plan prévoit également de faciliter la formation et l’apprentissage de l’usage du vélo, ainsi que des actions de formation des professionnels. Diverses mesures portent sur le développement des parkings résidentiels ou de bureaux et en gares. Enfin, pour encourager le tourisme à vélo et la randonnée, il est proposé de faire appel aux crédits européens afin d’accélérer la réalisation de 12 000 kilomètres d’aménagements cyclables et piétons prévus, mais non encore réalisés, dans la cadre des Contrat de Projets Etat-Région.

Pour prendre connaissance de l’intégralité du Plan Mobilités Actives, cliquer ici.