Pierre Gogin et Emmanuel MacronEn-dehors des zones commerciales et autres zones touristiques, chaque maire peut désormais octroyer des dérogations au repos dominical dans la limite de 12 dimanches par an, librement pour les 5 premiers, après avis conforme de l’intercommunalité quand elle existe, pour les suivants. Le maire, saisi d’une demande de dérogation par un magasin, doit solliciter l’avis de l’organisation professionnelle du secteur avant d’arrêter sa décision pour tous les points de vente ayant la même activité dans la commune.

Pour des raisons d’efficacité de la dynamique commerciale, la Commission sociale de la FPS (Fédération professionnelle des entreprises du sport, composée des principales enseignes et marques du secteur), a pris position en faveur de dates collectives pour 8 de ces dimanches, correspondant aux périodes de forte activité commerciale, les quatre autres étant laissés au choix local (fêtes, animations, etc.)

La FPS soutiendra donc les demandes de dérogation de ses membres pour les dimanches suivants :


Pour lire la suite de cet article, vous devez être abonné…

Pour vous abonner cliquez ici

Déjà abonné ? Connectez vous ici :

Plus de 200 professionnels de la montagne ont participé au SkiDebrief, les 20 et 21 avril derniers à Val d’Isère (73). Au programme des tables rondes, un premier bilan de la saison des sports d’hiver 2014-2015 mais aussi des débats nourris sur les enjeux de la montagne, tels que l’ouverture des magasins le dimanche, la réforme territoriale et la loi montagne, ou encore le sujet toujours épineux de l’accès aux stations.

SKIDEBRIEF

« Heureusement, la neige est arrivée ! » A la table-ronde du SkiDebrief sur le bilan de la saison, Michel Vion, président de la Fédération française de Ski, a parfaitement résumé le sentiment de la majorité des professionnels de la montagne. La saison des sports d’hiver 2014-2015 aura finalement été moins pire que ce qu’ils redoutaient. Ainsi à la FFS, le manque de neige en début de saison s’est traduit par un recul de 13 % du nombre de licenciés à noël mais la tendance s’est redressée ensuite : « Nous finirons à -6 ou -7 % », explique Michel Vion. Les bons résultats de l’équipe de France de ski et l’organisation réussie de la finale de la Coupe du Monde de ski alpin à Méribel en février ont fait oublier l’annulation de quatre épreuves en décembre.

Activité globalement stable en magasins

Côté pratique de loisir, le prébilan de Domaines skiables de France (DSF) fait apparaître un recul de 3 % de la fréquentation des remontées mécaniques au cours de la saison d’hiver 2014-2015, par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les grandes stations sont stables, les autres sont en recul de 5 %. Dans les magasins, « nous avons rattrapé le retard du début de saison », a confirmé Gérard Mattis, président de la Commission montagne de la FPS. Le chiffre d’affaires est stable au global par rapport à l’année dernière. Le Savoie se situe entre zéro et 2 %, la Haute-Savoie est stable, l’Isère et la Drôme sont entre – 2 % et zéro, les Alpes du Sud sont à – 10 %, les Pyrénées entre +2% et +3%.

« Nous ne sommes pas le boulevard Haussmann »

Dans ce contexte, la récente publication du calendrier scolaire des trois prochaines années a été accueillie avec satisfaction par le monde de la montagne. Les vacances de printemps y sont en effet avancées d’une quinzaine de jours, ce qui est favorable à la fréquentation des stations en avril. Un bon coup de pouce pour le Printemps du Ski, l’opération séduction lancée par France Montagnes pour stimuler la fréquentation en fin de saison, qui a mobilisé cette année une trentaine de stations pour un budget total de 200 000 €, selon Michel Giraudy, président de France Montagnes. Egalement satisfait du nouveau calendrier scolaire, Hervé Gaymard, député et président du conseil départemental de Savoie, a rappellé que la montagne « a une activité saisonnière et des métiers spécifiques », avant de faire allusion à la réforme du repos dominical : «l’examen de la loi Macron n’est pas terminé. Il faudra être vigilant pendant la lecture au Sénat et la deuxième lecture à l’Assemblée nationale. » L’enjeu : faire en sorte que les commerces saisonniers puissent continuer d’ouvrir le dimanche sans nouvelles contraintes. « Dès l’origine des stations, les magasins de ski ont été ouverts (le dimanche) pour rendre service à nos clients. Nous ne sommes des professions saisonnières, pas des magasins du boulevard Haussmann à Paris », a argumenté Gérard Mattis.

 Réforme territoriale : « non au centralisme lyonnais ! »


Pour lire la suite de cet article, vous devez être abonné…

Pour vous abonner cliquez ici

Déjà abonné ? Connectez vous ici :

SkimanVoici le texte intégral du communiqué de la FPS :

« Les sénateurs vont continuer l’examen du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite loi Macron et notamment son dispositif en matière de dérogation à la règle du repos dominical. A l’heure actuelle, ce dispositif, voté en première lecture par l’Assemblée Nationale, imposerait la négociation d’un accord social dans les entreprises ou via un accord de branche ce qui aboutirait soit à une obligation de majorations de salaires pour le travail le dimanche soit à une fermeture des commerces le dimanche.

« Ces deux options sont totalement inenvisageables pour les entreprises saisonnières car inadaptées à leur spécificité. Un tel dispositif les mettrait en péril s’il était adopté en l’état. Si les entreprises saisonnières sont bien situées en zones touristiques, elles ne fonctionnent, elles, que quelques mois dans l’année. C’est le cas notamment des 1 200 commerces d’articles de sport situés en station de montagne qui n’ouvrent que lors de la saison des sports d’hiver pour équiper les skieurs. Leur rentabilité reste très fragile car reposant sur un ratio spécifique : recettes saisonnières/charges annuelles.

« En outre les salariés de ces entreprises saisonnières, souvent jeunes et toujours volontaires, ont fait le choix de travailler en station de montagne pour une ou plusieurs saisons, comme dans la restauration, l’hôtellerie ou les remontées mécaniques. Le travail du dimanche est intégré dans leur choix d’emploi. Et dans de nombreux cas, il existe des contreparties à ce travail dit saisonnier : intéressement, primes de fin de saison, aides au logement… Ils ne peuvent donc être comparés au salarié d’une grande enseigne de ville qui peut avoir besoin de ses dimanches.

« Enfin, les vacanciers, clients de ces entreprises saisonnières, arrivent en majorité en fin de semaine et le dimanche représente pour eux un jour important souvent consacré à leur équipement, y compris pour la clientèle journalière de proximité ! Ouvrir aux salariés de ces entreprises un droit de ne plus travailler le dimanche pourrait fortement dégrader le service à ces clients voire empêcher de skier le dimanche dans notre pays pourtant leader mondial en matière de sports d’hiver !

« Imposer un tel dispositif pour travail le dimanche revient ainsi à mettre en péril les commerces et les emplois de nos stations touristiques, à pénaliser les vacanciers pendant leurs séjours et donc à affaiblir la place touristique de notre pays.

« C’est pourquoi la FPS, organisation professionnelle représentative de ces commerces saisonniers, demande d’amender de toute urgence ce texte. S’il nous semble aller globalement dans la bonne direction, le texte actuel reste totalement inapplicable pour les entreprises saisonnières et donc in fine contre-productif en matière de croissance et d’emploi.

Contact : Pierre Gogin, président délégué de la FPS. Tel : 06 82 68 28 84 »