Marché porteur, le marketing sportif devient une activité complexe qui se professionnalise. Sporsora, l’association des professionnels du sponsoring, vient de publier un guide, qui non seulement recense et classifie les 50 agences conseil et prestataires membres de Sporsora mais fait aussi le point sur ses grandes tendances. (suite…)

Thomas Remoleur, directeur associé d’Olbia Conseil, intègre le conseil d’administration de Sporsora, organisation des acteurs de l’économie du sport. Cette nomination fait suite à la démission, pour raisons personnelles, de Marie-Christine Lanne, directrice de la communication de Generali France. (suite…)

De g. à d. : Pierre Gogin (Union sport & cycle), Aleksandar Nikolic (FN), Michel Savin (LR), Jean Gallice (France insoumise), Christophe Castaner (En Marche !), Bally Bagayoko (France insoumise), Olivier Dulac (Sporsora), Stéphane Traineau (LR), Régis Juanico (PS) et Gaëlle Millon (animatrice du débat).

L’Union sport & cycle et Sporsora ont organisé, mardi 18 avril 2017, l’unique conférence-débat de la campagne consacré aux programmes « sport » des cinq principaux candidats à l’élection présidentielle. Le syndicat professionnel salue le consensus des candidats sur la pratique sportive, ainsi que sur les grands événements sportifs, et met en avant ses propres propositions pour le volet « économie du sport ».

Organisée avec le soutien du Medef Sport, de l’association Sport & Citoyenneté et de l’Association nationale des ligues de sport professionnel, la conférence  a permis de “remettre le sport au coeur du débat présidentiel“, souligne l’Union. Quelque 200 professionnels du sport ont ainsi pu prendre connaissance des programmes pour le secteur sport de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, par la voix de leurs représentants respectifs.

Cliquez ici pour consulter les programmes détaillés des cinq candidats

Consensus sur la pratique des activités physiques et sportives

Premier satisfecit de l’Union sport & cycle,« les cinq principaux candidats ont définitivement intégré l’intérêt de promouvoir la pratique d’activités physiques et sportives dans un but de santé publique, de cohésion sociale et d’éducation. » Ainsi, pour Aleksandar Nikolic, représentant de Marine Le Pen, « le sport a une dimension géopolitique. Il participe à l’image d’une nation, à la promotion du pays. » Après avoir affirmé que « le sport est au cœur de nos actions publiques », Christophe Castaner, représentant d’Emmanuel Macron, a de son côté annoncé : « Notre ambition est d’accroitre le nombre de pratiquants réguliers de 3 millions. Nous souhaitons également ouvrir 500 maisons du sport santé qui auront un rôle dans la prise en charge des personnes atteintes d’affection de longue durée. » Pour Bally Bagayoko, représentant de Jean-Luc Mélenchon, « La situation actuelle est inégalitaire. La question est de savoir comment permettre aux non pratiquants d’accéder au sport ? » Michel Savin, représentant de François Fillon, entend « pérenniser le temps scolaire dédié au sport et renforcer les partenariats clubs-école pour permettre de découvrir des activités physiques au sein des écoles. » Régis Juanico, représentant de Benoit Hamon, souhaite « installer des parcours sportifs à l’école primaire, secondaire mais aussi en entreprises. »

La part belle au grands événements sportifs internationaux

Au chapitre, « Le sport comme levier de croissance et source d’emploi », qui concerne particulièrement les entreprises membres de l’Union sport & cycle, les candidats sont unanimes derrière la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 et soutiennent l’accueil d’autres grands événements sportifs internationaux. Les représentants de Jean-Luc Mélenchon ont même créé la surprise en se ralliant à la candidature, alors que leur candidat s’était prononcé contre. Pour Bally Bagayoko, représentant de Jean-Luc Mélenchon : «Désormais la France est candidate. Il n’y a pas de refus de Jean-Luc Mélenchon mais une exigence : les milliards de financement publics prévus ne doivent pas être dépassés. Chaque l’euro dépensé soit utile sur le plan social et environnemental. » Selon Michel Savin, représentant de François Fillon : « Les JO à Paris en 2024 permettront de créer de l’emploi, de moderniser les transports, de développer le tourisme sportif et de rattraper le retard en équipement sur l’Ile de France ». Régis Juanico, représentant de Benoit Hamon déclare que « la politique des grands événements sportifs internationaux doit être poursuivie », tout en souhaitant « mieux évaluer leurs retombées économiques et l’emploi qu’ils génèrent ». Christophe Castaner, représentant d’Emmanuel Macron, affiche « la volonté d’accroitre l’investissement privé dans les équipements sportifs » et précise : « En matière de grands événements sportifs internationaux, nous recensons 1000 événements sur lesquels la France doit se mobiliser ».

“L’Etat doit s’engager sur des objectif concrets”

L’Union sport & cycle émet toutefois un bémol, le fait que seulement deux candidats ont évoqué l’enjeu de croissance et d’emploi lié aux entreprises du sport, qui représentent près de 100 000 emplois en France et plus de 2 milliards d’euros de valeur ajoutée versée au budget de l’Etat. Christophe Castaner, représentant d’Emmanuel Macron a fait mention de la Filière de l’économie du sport mise en place par l’ex-ministre de l’Economie : « La croissance des marchés liés au sport a été peu affectée par la crise. Il faut donc aider nos entreprises françaises à exporter, a-t-il rappelé. Pour cela nous souhaitons continuer la structuration de la filière de l’économie du sport et mieux intégrer la “sportech” en favorisant l’accueil de start-up étrangères. » Pour Michel Savin, représentant de François Fillon, « Les entreprises qui font des affaires en lien avec le sport sont nombreuses en France. Leur développement est important pour François Fillon qui prévoit une baisse des charges pour les entreprises et la simplification du code de travail. »

Pierre Gogin, premier coprésident de l’Union sport & cycle, salue « ce moment d’expression des principaux candidats à une élection majeure pour notre pays, indispensable pour les entreprises qui œuvrent dans l’univers du sport. La belle tenue de cette conférence et la richesse des propos va nous inciter à renouveler les échanges de ce type entre le monde politique et celui de l’entreprise. Car pour nous, et nonobstant la nécessaire décentralisation de la gouvernance et des politiques publiques dans ce domaine, l’Etat doit clairement davantage s’engager sur des objectifs nationaux très concrets en matière de promotion de la pratique sportive et de mobilité active ». Il cite en exemple les propositions suivantes :

  • le renforcement de la place du sport dans les programmes scolaires officiels ;
  • une loi de programmation de développement d’équipements sportifs de proximité ;
  • l’obligation de création de pistes cyclables en cas de rénovation de toutes routes départementales ;
  • l’encouragement des transports à vélo par le développement de l’IKV et la pérennité du bonus écologique VAE ;
  • la mise en place d’une fiscalité incitative pour les dépenses sportives et du chèque sport, à l’identique du chèque déjeuner ;
  • le développement du sport sur ordonnance médicale, pour les ALD et en matière de prévention.

Le grand débat sport 2017  a réuni 200 professionnels autour des “Monsieur Sport” de cinq candidats.

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Le dossier de presse de la Conférence et la présentation des intervenants

A l’invitation des organisations du secteur sport (Union sport & cycle et Sporsora, organisatrices, soutenues par l’Association nationale des ligues de sport professionnel, le Comité Sport du Medef et le think-tank Sport et Citoyenneté), les représentants de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont pu présenter le programme de leur candidat pour le secteur, mardi 18 avril 2017, au Stade Jean Bouin (Paris). Et ainsi corriger une anomalie de cette campagne où, soulignent les organisateurs, « le sujet du sport et de son économie passe inaperçu, alors même que les Français estiment que les thématiques du sport devraient occuper 35% du programme politique des candidats à la présidentielle 2017 ! ». Filièresport a assisté à la conférence débat et participé aux interviews organisées après et établi une synthèse des programmes des candidats, présentée ci-dessous.

LES PROGRAMMES PAR CANDIDAT :

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), représenté par Bally Bagayoko et Jean Gallice

La citation : `« Nous créerons les conditions pour que la richesse du sport ne soit pas captée par l’économie et les 14 milliards de droits TV et profite davantage à l’ensemble de la société. »

Gouvernance :

  • Un ministère de plein exercice renforcé dans sa fonction transversale, capable de déléguer certaines responsabilités aux collectivités locales.
  • Augmentation du budget des Sports de 0,14 % à 1 % du budget de l’Etat.
  • Augmentation de la « taxe Buffet » et des prélèvements sur les jeux pour soutenir les acteurs associatifs et bénévoles.

 

Mesures :

  • Soutenir les collectivités locales par un plan exceptionnel de rénovation des « 300 000 équipements qui arrivent en vétusté. » et par « un plan exceptionnel de rattrapage » pour créer de nouveaux équipements pour répondre à l’accroissement de la population.
  • Créer un opérateur unique autour du Grand Insep et mettre priorité sur filière paralympique.
  • Interdire le naming des enceintes sportives, la cotation des clubs en Bourse, trouver un modèle de financement public privé alternatif au système actuel.
  • Les joueurs des équipes de France devront payer leurs impôts en France.

Benoît Hamon (Parti socialiste), représenté par Régis Juanico

La citation : « Nous appuyer sur la candidature Paris aux JO de 2024 pour mettre œuvre grand plan sur 7 ans de développement de la pratique pour tous. »

Gouvernance :

  • Un ministère des sports de plein exercice « mieux articulé avec le pôle éducatif »
    Recentrage des missions de l’Etat sur l’accès du plus grand nombre, la réduction des inégalités, le développement des emplois sportifs qualifiés, le contrôle et l’évaluation (FLD, Arjel)
  • Création de Conseils locaux des activités physiques et sportives (APS), « lieux de gouvernance territoriale »,), regroupant toutes les parties concernées autour d’un bassin de vie « type collège».
  • Maintien des conventions d’objectif et des postes des fédérations à leur niveau actuel.
  • Déplafonnement des prélèvements sur les jeux et paris sportifs.

 

Mesures :

  • réer de milliers d’équipements sportifs légers de proximité, pistes cyclables et plateaux sportifs dans et aux abords des écoles et adopter un plan de rénovation dans l’enseignement supérieur
  • Valoriser le sport dans le cadre du parcours citoyen.
  • Lancer d’un programme d’aménagement des mobilités douces.
  • Instituer un crédit d’impôt pour les employeurs qui favorisent les activités physiques de leurs salariés.

 

Emmanuel Macron (En Marche), représenté par Christophe Castaner

La citation : « Pour Emmanuel Macron, le sport est un enjeu citoyen, personnel et économique. Nous voulons accroître de 10 % (3 millions) le nombre de pratiquants dans la mouvance de Paris 2024 »

Gouvernance :

  • Nomination d’une « haute personnalité ministérielle en charge du sport et de la candidature de la France aux Jeux Olympiques », qui serait également porteuse d’une plus grande transversalité pour « dépasser l’organisation très cloisonnée du ministère ».
  • Modulation des actions en fonction des quartiers pour tenir compte des inégalités territoriales.
  • Etablissement de projets éducatifs et périscolaires à l’échelle de la communauté de communes et de chaque école.

 

Mesures :

  • Créer « au moins 500 Maisons du sport santé », financées par la sécurité sociale.
    Les collectivités pourront acheter des créneaux d’utilisation auprès d’équipements privés.
  • Développer l’accueil de courte de durée en crèches pour encourager la pratique féminine.
  • Etendre les horaires d’ouverture des équipements sportifs.
  • Sport professionnel : pas d’augmentation de la taxe Buffet, accompagnement par l’Etat des clubs pour l’acquisition des équipements qu’ils utilisent, pression sur l’Europe pour une vraie efficacité des mécanismes de régulation (salary cap, joueurs formés localement…).

 

François Fillon (Les Républicains), représenté par Michel Savin et Stéphane Traineau

La citation : « Plutôt que de faire croire que l’on peut créer des postes de professeurs d’EPS en primaire alors que l’Etat n’en a plus les moyens, nous voulons ouvrir l’école aux clubs et associations. »

Gouvernance :

  • Création d’une Agence nationale de développement du sport, « organe directeur de toute la politique sportive française», ouvert aux collectivités locales, qui travaillera de manière indépendante et transparente en relation avec les fédérations et l’Etat sur l’ensemble du territoire.
  • Transférer aux régions la politique de développement des grands équipements et équipements
  • Laisser la gestion quotidienne locale (créneaux, associations, subventions).

 

Mesures :

  • Pérenniser le temps scolaire dédié au sport à l’école
  • Créer des partenariats entre les associations ou clubs et l’Education nationale
  • Rendre la pratique sportive obligatoire à l’Université.
  • Favoriser l’accès au sport des personnes en situation de handicap dès le plus jeune âge.
  • Sport professionnel : faciliter le sponsoring et le mécénat, autoriser les centres de formation des clubs professionnels à percevoir la taxe d’apprentissage ; pérenniser et amplifier le pacte de performance ; harmoniser la législation européenne (charges salariales, statut des agents, lutte contre le dopage…)
    Créer d’un statut du bénévole responsable qui ne pourra être requalifié en contrat de travail, notamment pour les grands événements sportifs. Rendre accessible à ces derniers le congé de représentation de 9 jours par an.

 

Marine Le Pen (Front national), représentée par Alexandar Nicolic

La citation : « Le sport est un élément essentiel de rayonnement d’une nation aussi une chance de ressouder la Nation française autour de notre identité commune. »

Gouvernance :

  • Attribution des subventions par le ministère des Sports et les fédérations et non par les collectivités locales via des « référents départementaux » afin « d’avoir une visibilité sur les associations gangrénées par la violence, le prosélytisme religieux, le racisme, le sexisme, le communautarisme» (sic). Promotion des clubs « selon leurs résultats (nombre de licenciés) et leurs valeurs »
  • Réattribution du budget de la politique de la ville au sport de haut niveau.

 

Mesures :

  • Création d’un contrat sportif de haut niveau de 3 ans renouvelable pour les 3 meilleurs sportifs amateurs individuels français par discipline olympique (5 sportifs maxi par discipline), incluant un programme d’entraînement dans un groupe France obligatoire et des règles de discipline et d’hygiène de vie.
  • Protectionnisme pour les clubs professionnels: allégement des charges sociales, majoration de la TVA sur les produits dérivés des clubs étrangers / minoration pour les clubs français avec obligation de fabriquer en France, quotas de 70 % de joueurs français et de 30 % formés dans le club. Interdiction de la détention de plus de 49,9 % d’un club par des investisseurs étrangers.
  • Suppression des primes en équipe de France en compétitions internationales pour les joueurs professionnels.
  • Soutien à Paris 2024 sous réserve que les infrastructures soient pérennes, que les marchés publics et privés soient attribués uniquement aux entreprises françaises, en priorité aux PME.

 

L’assemblée générale de Sporsora, association qui regroupe les acteurs du marketing sportif, a élu un nouveau conseil d’administration qui a lui-même élu Olivier Dulac, responsable des relations extérieures de BNP Paribas, comme président de Sporsora. L’Assemblée générale de SPORSORA a par ailleurs élu Laurent Damiani comme Président d’honneur. Virgile Caillet, délégué général de la Fifas garde son siège au conseil d’administration de Sporsora.