Constatant que les freins à la prescription médicale de l’activité physique restent nombreux et puissants, la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de publier un guide intitulé « Promotion, consultation et prescription d’activité physique et sportive pour la santé » à l’intention des médecins.

Si le « sport sur ordonnance  » est entré dans la loi depuis deux ans, sa mise en oeuvre reste balbutiante. On sait ainsi que les médecins « sont encore mal informés de l’impact réel de l’activité physique sur la santé, notamment chez les patients atteints d’une pathologie chronique. D’autre part, ils disposent de peu d’outils pratiques pour les aider à mener une consultation médicale centrée sur l’activité physique. De plus, ils s’interrogent ou craignent les risques d’évènements cardiovasculaires graves liés à l’activité physique pour leurs patients atteints d’une ou plusieurs maladies chroniques ou âgés. Le manque de temps en consultation pour aborder ce sujet et le manque de structuration du parcours de santé autour de cette prescription d’activité physique sont également souvent mis en avant par les médecins », liste ainsi la HAS.

Celle-ci a donc réalisé un guide qui propose :

  • un socle de connaissances générales sur l’activité physique et la sédentarité et leurs impacts sur la santé ;
  • le déroulé d’une consultation dédiée à l’activité physique ;
  • des outils pratiques (un questionnaire d’aptitude à l’activité physique, une grille d’évaluation du risque d’évènements cardiovasculaire graves liés à l’exercice, des outils d’évaluation de la condition physique et de l’état de motivation en cabinet, etc.).

En complément de ce document, la HAS propose une première série de 6 référentiels d’aide à la prescription d’activité physique par pathologie pour  : le surpoids et l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle (HTA), la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), la maladie coronaire stable et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

 

Dominique Mahé, PDG de la Maif

Partenaire majeur de la Fédération française de Basket-Ball (FFBB), la Maif a donné son nom à l’Open de la Ligue féminine de basket-ball, qui fera vibrer le Stade Pierre de Coubertin de Paris, ces samedi et dimanche 13 et 14 octobre 2018. A cette occasion, Filièresport publie une interview de Dominique Mahé, président de la Maif, sur les raisons de l’engagement de l’assureur aux côtés du basket et du sport français.

Olivier Costil – Pourquoi la Maif a-t-elle voulu être partenaire de la FFBB ?

Dominique Mahe – La stratégie sportive du groupe Maif est résolument axée sur l’assurance et les partenariats qui ont du sens, qui sont porteurs de certaines thématiques d’actions éducatives, de soutien à la pratique sportive, de santé, de bénévolat, d’intégration dans la société, etc. La fédération de basket est la deuxième dans les sports collectifs en France, avec plus de 600 000 licenciés et 4 500 clubs, elle bénéficie d’une bonne visibilité médiatique tout en agissant pour le développement de la pratique dans les quartiers et les territoires et en faveur du sport pour tous et de la cohésion sociale. Le 3×3 en est un exemple édifiant, comme activité qui se joue au pied des immeubles entre copains… et qui est devenue discipline olympique dans la perspective des Jeux de Tokyo !

Jean-Pierre Siutat (FFBB) et Dominique Mahe (Maif)

Qui a été à l’origine de ce partenariat, la Maif ou la FBB ?

Ce sont des contacts entre Jean-Pierre Siutat et moi-même qui ont été à l’origine de notre partenariat. Le feeling est bien passé entre nous. Je pense qu’il est important pour la réussite d’un partenariat que les dirigeants partagent les mêmes valeurs.

 

« Nous assurons 40 000 associations sportives en France »

 

Avant d’évoquer les valeurs, attardons-nous un peu sur le volet « image ». Quel est son incidence sur votre choix de signer avec la FFBB ?

Le volet image est important dans la mesure où il se matérialise par le nommage du maillot de l’équipe de France. Mais à l’inverse, cela ne suffit pas à justifier le partenariat. La Maif est reconnue comme un assureur de qualité, nous voulons marquer davantage notre présence, pour ne pas dire notre prégnance, sur le marché du sport. Nos partenariats sportifs ont pour objet de servir notre stratégie sur cette cible : nous sommes le premier assureur des associations en France avec 150 000 associations assurées, dont 40 000 sportives. Nous sommes assureur de nombreuses fédérations, le basket est un levier de visibilité pour devenir un grand assureur des ligues, clubs, associations, pratiquants et bénévoles.

Au delà de la visibilité, que recouvre précisément votre partenariat ?

C’est un partenariat porteur d’actions en faveur du basket féminin avec le nommage de l’Open de la Ligue féminine et en faveur du développement du 3×3, où nous participons aux Trophées français, une compétition qui ouvre les portes des épreuves internationales aux équipes gagnantes. Dans le registre des actions citoyennes, notre partenariat soutiendra les initiatives des clubs dans le cadre d’un programme fédéral en trois volets : solidarité, fair-play et intégration. Par ailleurs, nous incitons au développement du bénévolat dans le basket à travers nos agences et relais sur le territoire et notre plateforme expérimentale « Bénévoles », qui met en relation les clubs et les volontaires…

Quel est le budget de ce partenariat ?

C’est un budget… raisonnable (rire) ! Il est nettement inférieur à 1 million d’euros. Il est de ma responsabilité d’être attentif au bon usage de l’argent de nos trois millions de sociétaires. Nos partenariats sportifs doivent nous apporter des gains de notoriété supplémentaires que nous mesurons par des enquêtes. De plus, nous nous engageons uniquement auprès de fédérations que nous assurons. Dans le sport et les activités physiques, nous intervenons sur trois niveaux. En premier lieu, nous soutenons les fédérations du sport scolaire et universitaire, sous forme de partenariats « socles », qui ont été un peu à l’origine de la Maif, avec l’Usep, l’UNSS et la FFSU. Ensuite, nous avons des partenariats avec les fédérations olympiques et avec des fédérations qui œuvrent pour le sport pour tous et le sport santé bien-être, comme la fédération de gymnastique volontaire. Enfin, nous avons ainsi été le premier assureur à créer, en 2016, pour nos sociétaires atteints d’affections de longue durée, une garantie sport santé sur ordonnance. Celle-ci est gratuite.

« Nous avons été les premiers à proposer une garantie sport santé sur ordonnance »

Combien de sociétaires ont mis en œuvre cette garantie sport sur ordonnance ?

Cela reste modeste et c’est tant mieux pour la santé de nos sociétaires, je dirais à peu près un millier de patients. Cette garantie est opérée par la Mutuelle des Sportifs mais nous étudions aujourd’hui la possibilité de la gérer nous-même. Certes, nous ne sommes pas une mutuelle de santé mais d’assurance des personnes mais la tendance dans le monde de l’assurance est à la diversification vers ce qu’on appelle – en bon français – le « care », la prévention. Le sport bien-être est donc un volet de notre activité que nous regardons aussi.

Que faudrait-il faire pour que le sport sur ordonnance décolle réellement en France ?

Les opérateurs doivent davantage donner cette possibilité à leurs assurés, les réseaux médicaux être plus porteurs et l’État a un rôle à jouer. Il le fait d’ailleurs fait avec le projet de Maisons du Sport Santé, porté du ministère des Sports et dont j’espère qu’il trouvera son contenu avec la ministre Roxana Maracineanu. Le sport santé fait partie de l’Héritage de Paris 2024.

Quelle enveloppe globale consacrez-vous à votre politique sportive ?

Elle est difficile à chiffrer puisqu’au coût des partenariats proprement dit, il faut ajouter les coûts d’activation, le personnel mobilisé, les éléments de communication, etc. Globalement, l’enveloppe se situe en dessous de 5 millions d’euros, à rapporter à un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros.

Avez-vous atteint le Graal avec la FFBB ou préparez vous d’autres partenariats sportifs ?

Nous avons acté en un an des partenariats avec la fédération d’athlétisme, la fédération de volley, la fédération de basket… Donnons leur maintenant pleine et belle vie, ainsi qu’aux nombreux autres qui leur préexistaient, avant d’explorer d’autres pistes. Etre trop multipartenaires risquerait de diluer notre image.

En conclusion, pouvez résumer en une phrase la politique de partenariats sportifs de la Maif ?

L’éthique produit de la performance. L’un ne va pas sans l’autre, c’est évident dans le sport comme dans les autres domaines !

Propos recueillis par Olivier Costil

La Mutuelle des Sportifs devient le partenaire officiel de la Fédération française d’athlétisme (FFA) jusqu’en 2021.

En devenant l’assureur officiel de la FFA, la Mutuelle des Sportifs devient également partenaire du programme Athlé Santé Loisir et sera ainsi présente sur les événements à destinations du grand public et visant à promouvoir le sport santé sur l’ensemble du territoire.

Ce partenariat découle d’une volonté commune des deux parties d’accroître la promotion de l’athlétisme santé loisir dans le cadre du développement de nouvelles pratiques, initié il y a dix ans par la FFA. Cette initiative permet de répondre aux préoccupations des français quant au bien-être, la santé et les loisirs avec des pratiques comme la marche nordique, l’accompagnement running et autres, qui séduisent un public de plus en plus large.

Dans le cadre de cette collaboration avec les coachs athlé santé, la FFA et la Mutuelle des Sportifs se mobilisent en faveur de la mise en avant de la prise en charge par le sport des publics fragiles à travers le dispositif “sport sur ordonnance“, qui est à l’heure actuelle un vrai sujet de société.

Le Réseau français des villes santé de l’OMS a lancé un appel au gouvernement pour qu’il s’engage en faveur du sport santé sur ordonnance dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale, qui sera discuté dans les prochaines semaines. 

Dans une déclaration publiée à l’issue des deuxièmes Assises du sport santé sur ordonnance organisées à Strasbourg, ces 12 et 13 octobre 2017, ces 60 collectivités locales (lire encadré ci-dessous), rappellent que “le dispositif sport-santé sur ordonnance peut désormais être généralisé à l’ensemble du territoire”, grâce à la publication des décrets d’application de la loi de modernisation du système de santé de 2016. Or ces villes considèrent avoir “pris leurs responsabilités dans la mise en place de ce dispositif “, qui permet aux médecin de prescrire des activités physiques adaptées aux patients atteints d’affections de longue durée.

La CPAM et le CNDS sollicités…

Pour les villes sport santé, l’Etat doit donc désormais s’engager à un financement pérenne du sport santé sur ordonnance. Elles souhaitent notamment que les directions régionales de la Jeunesse et des Sports “flèchent des crédits vers le sport-santé via le CNDS (Centre national pour le développement du sport, NDLR”). “L’assurance maladie, qui grâce au sport-santé va pouvoir réduire ses dépenses pour les malades chroniques, doit être présente dans le tour de table des financeurs”, énonce le réseau des villes sport santé. Le coût social de la prise en charge des malades en affection longue durée “est de 90 milliards d’euros par an en France“. Les études montrent que l’activité physique et sportive ainsi que la réduction de la sédentarité permettent de diminuer de façon majeure les risques des maladies chroniques et leurs conséquences.

Des engagements à concrétiser

Lors des 2è Assises sport santé sur ordonnance,  Laura Flessel, ministre des Sports, a confirmé son engagement en faveur du sport santé, sans s’engager sur les questions de financement. Par ailleurs, le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le projet de créer 500 maisons du sport santé en France et “s’est engagé à rembourser le prix des licences sportives pour les patients en affection longue durée”, argumentent les collectivités, qui se déclarent “attentives” à la concrétisation de ces annonces.

LES SOIXANTE VILLES “SPORT SANTE”

Listes des membres du groupe de travail des villes sport-santé sur ordonnance (en gras, les villes présentes  à Strasbourg) :

Agglomération bergeracoise, Amiens, Angers, Besançon, Biarritz, Blagnac, Boulogne-sur-mer, Bourgoin Jallieu, Brest, Brive la Gaillarde, Cabries-Calas, Caen, Carcassonne, Cavalaire sur Mer, Chalon-sur-Saône, Charenton-le-Pont, Château-Thierry, Cherbourg en Cotentin, Colombes, Couderkerque-Branche, Courcouronnes, Douai, Evry, Fontainebleau, Fort-de-France, Gif sur Yvette,  Grand Nancy,  Illkirch Graffenstaden,  La Croix Valmer,  La Rochelle,  Le Cres,  Le Grand Chalon, Lille, Marseille, Metz, Miramas, Mont de Marsan, Montreuil, Mulhouse, Nantes, Narbonne, Nice, Nice Métropole, Orléans, Paris, Perpignan, Reims, Rennes, Romans-sur-Isère, Saint-Paul de la Réunion, Saint Pierre de la Réunion, Saint-Quentin-en-Yvelines, Sète, Strasbourg, Tarbes, Toulouse, Val de Reuil, Valence, Valenciennes Métropole, Villeurbanne.

 

 

 

Le Cepart, nouveau centre de prévention des risques articulaires doté d’un équipement de pointe, à Chambéry.

Le Centre d’évaluation en prévention articulaire (Cepart) a ouvert ses portes à Challes-les- Eaux, près de Chambéry (73). Unique en France, ce centre a pour objectif de prévenir les risques articulaires : blessures lors de la pratique d’un sport, troubles musculosquelettiques au travail, pathologies liées à l’âge…


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Valérie Fourneyron (Photo Filière Sport)

Valérie Fourneyron

Notamment initié par la députée Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports,  l’amendement sur la prescription médicale du sport vient d’être adopté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale.

Intégré en première lecture par l’Assemblée nationale dans le projet de loi sur la modernisation de notre système de santé, l’amendement avait été supprimé par le Sénat. Il a été rétabli en deuxième lecture par l’Assemblée nationale. La mesure, dite “Sport sur Ordonnance”, permettra aux médecins traitants de prescrire  des activités physiques aux patients atteints d’affections de longue durée (ALD) comme le diabète, le cancer, ou les maladies neurologiques. En France, ce sont plus de 9 millions de personnes qui souffrent d’une des 30 ALD reconnues à ce jour.

Reconnue et validée scientifiquement, l’activité physique régulière constitue une thérapeutique non médicamenteuse efficace. Une pratique encadrée et personnalisée permet de combattre le diabète, les maladies chroniques ou encore de prévenir les accidents cardio-vasculaires. Enfin, le sport contribue à faire considérablement chuter le taux de mortalité chez les hommes et les femmes atteints d’un cancer (entre 30 et 60 %).  Reste à savoir, au delà des principes, comment ces prescriptions médicales seront mis en oeuvre et prises en charge.