Intervenant du colloque “Le vélo au coeur des territoires” du 29 juin 2018 aux Mureaux (78), Grégoire Hénin, fondateur et directeur général de Micro Mobility France et vice-président de la Fédération des professionnels de la micro mobilité (FPMM), confie à Filièresport sa position face à l’arrivée d’un opérateur d’e-trottinettes en libre-service à Paris et annonce la publication prochaine d’une norme technique pour ces engins de déplacement personnel.

Lime, l’opérateur américain de trottinettes électriques en libre service sans borne, qui vient de prendre pied à Paris, est-il un concurrent pour un fabricant comme Micro ?

N’exagérons rien, pour le moment on parle d’une centaine de trottinettes dans quelques arrondissements au centre de Paris, alors que le parc est estimé à environ 10 000 trottinettes chez les particuliers dans la capitale ! Et même s’il y en avait un jour deux mille, cela ne serait pas un problème. La trottinette en free-floating a sa raison d’être pour des usages ponctuels. Pour une utilisation quotidienne, et notamment multimodale, il reste indispensable de posséder son propre outil. Venu de Lyon pour rejoindre le colloque des Mureaux de ce matin, par exemple, j’ai pris ma trottinette électrique jusqu’à la gare TGV, puis entre la gare des Mureaux et ici… Cela n’aurait pas été possible avec un engin partagé.

Cette histoire de trottinettes en free-floating serait donc une tempête dans un verre d’eau ?

Oui, même une tempête utile ! Le retentissement de l’arrivée de Lime à Paris a le grand intérêt de mettre en lumière les atouts de la trottinette électrique comme instrument de mobilité. La trottinette électrique n’est pas une concurrente du vélo mais un « accélérateur de marche », sur des parcours de quelques kilomètres et pour des trajets multimodaux. Il a fallu attendre qu’une start-up américaine débarque en France pour qu’elle ne soit plus considérée comme un jouet mais comme un objet adulte. Il faut toutefois éviter les risques de débordements incontrôlés du free-floating et les phénomènes de rejet qu’ils pourraient engendrer. Mais tout cela crédibilise les actions de notre syndicat la Fédération professionnelle de la micro-mobilité, en faveur d’un meilleur encadrement réglementaire du marché.

Quelles sont les actions de la FPMM ?

Nous avons pour objectif d’aboutir à une norme d’ici à la fin de l’année. Celle-ci donnera un cadre technique aux engins de déplacement personnnels (EDP), définis comme des engins motorisés bridés à 25 km/h et dotés d’un mode piéton à 6 km/h, sécurisés par des éclairages, systèmes de freinage, etc. adaptés. Voilà pour l’aspect technique. Reste à régler la question des usages, qui relève des pouvoirs publics. Nous souhaitons que la future loi d’orientation sur les mobilités intègre un volet EDP. Pour respecter le principe de la protection de l’usager le plus vulnérable, la loi doit permettre aux EDP d’emprunter les pistes cyclables jusqu’à 25 km/h et les trottoirs en mode piéton pour qu’il ne soit pas obligé de rouler sur la route lorsqu’il n’y a pas de piste. Face à des voitures qui route à 50 km/h sur la route, le plus vulnérable, c’est en effet l’EDP… Plus la loi sera claire et plus notre industrie pourra se développer.

L’enseigne de magasins de sport organise des journées d’essais de vélos à assistance électrique dans ses 87 magasins français pendant la semaine de la mobilitédu 16 au 22 septembre. Elle ouvrira un stand place de la République à Paris, le 1er octobre 2017, journée sans voiture dans la capitale, pour faire tester ses produits de mobilité.

A Paris, des balades encadrées par les vendeurs et techniciens vélos de l’enseigne seront organisées. Pendant les journées d’essais, les clients se verront remettre un bon de réduction sur l’achat d’un vélo ou d’une trottinette électrique.