Jérôme Valentin, président d'Univélo et DG de Cycleurope

Jérôme Valentin, président d’Univélo et DG de Cycleurope

A l’occasion de la publication de l’Observatoire du cycle FPS-Univélo, Jérôme Valentin, président d’Univélo et directeur  général du groupe Cycleurope, développe pour Filière Sport les raisons de sa confiance en l’avenir du marché. 

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P&A = pièces et accessoires

FilièreSport : quels sont les faits
marquants de l’année 2015 pour le marché du cycle ? 

Jérôme Valentin : Le premier, c’est qu’après les très fortes hausses de 2014, le marché a continué de bien  progresser en 2015. En valeur, il augmente de 4,5% en 2015 après +7,5% en 2014. En volume, après + 8,5% en 2014, on aurait pu craindre un recul en 2015 : le nombre de vélo vendus a augmenté de 0,5 %. Nous avons donc passé la marche et j’espère que nous refranchirons bientôt le seuil des 3 millions de vélos comme dans les années 2000. Le deuxième enseignement, c’est que les ventes de vélos à assistance électrique (VAE), famille qui progresse le plus (+14,5% après +37% en 2014), continuent à se développer à rythme élevé.

En nombre de vélos, le VAE ne représente pourtant qu’une faible part du marché…

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Les chiffres montrent que nous avons franchi un cap l’an dernier : celui des 100 000 VAE vendus, si l’on additionne les ventes au public et celles au entreprises et collectivités. On est certes loin des 535 000 VAE distribués en Allemagne (NDLR : premier marché européen du cycle avec 4,1 millions de vélos, contre 2,996 millions en France). Mais le fait que le VAE continue de se développer sur un marché mûr comme l’Allemagne (+11% en 2015) incite à l’optimisme pour un marché émergent comme la France. De plus, la pénétration du VAE a commencé par la ville et l’usage urbain représente 60 à 70% de la pratique, contre 30 à 40% pour l’usage loisirs en Allemagne. En France, c’est l’inverse. Cela explique une partie de notre retard. Or la percée du VTT électrique sur le marché français (+45% l’an dernier) confirme que le VAE est en train de pénétrer tous les usages. Enfin, le VAE fait venir au vélo des gens qui ne le pratiquaient pas ou plus. Nous vivons avec le VAE ce que nous avons connu avec le VTT à la fin des années 1980 : la vague nous portera pendant 10 ans !

Quel sont les conséquences pour le commerce de cycle ?


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La conférence de presse de l’InterKoalitionVélo&Co,                 à la Maison du Vélo de Paris, le 16/12/2015.

A deux jours de la réunion de lancement du deuxième Plan d’action pour les mobilités actives (PAMA), le collectif « #InterKoalitionVelo&Co » s’est constitué pour demander au gouvernement une véritable stratégie en faveur de la pratique du vélo et de la marche à pied.

L’indemnité qui fâche

C’est le feuilleton de l’indemnité kilométrique vélo qui a créé le déclic. La mesure, jugée insuffisante en l’état par les partisans du vélo, a été à l’origine de la création du collectif « #InterKoalitionVelo&Co », qui rassemble une vingtaine d’associations d’usagers et de militants pro-vélo, ainsi que la Fédération française de cyclotourisme, les Moniteurs cyclistes français, la FPS et Univélo, qui représentent les fabricants et distributeurs de cycle. Si les entreprises de la filière ont rejoint le collectif, c’est qu’elles sont convaincues qu’il faut « soutenir toutes les actions concrètes favorables à l’usage du vélo », explique Pierre Gogin, président délégué de la FPS, qui ajoute : « Les entreprises sont choquées par l’attitude des pouvoirs publics. Limiter l’indemnité kilométrique vélo, pour nous, c’est quasiment du green-washing ! ».

Eviter l’empilement des mesures

Le collectif n’entend pas se limiter à la question de l’indemnité vélo. Il demande en effet aux pouvoirs publics « non pas un empilement de mesures sans fil conducteur mais une action à long terme », explique Olivier Schneider, jeune président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUBicy) et bouillant animateur de l’InterKoalition. Encourager la pratique demande en effet la mise en œuvre d’une politique coordonnée qui concerne aussi bien les trajets domicile-travail que les transports publics ou l’apprentissage du vélo, etc. Bref, cela suppose que « le vélo soit considéré comme un mode de transport à part entière », résume Jean Macheras, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports.

Proposition d’appel à projets

Le collectif souhaite en conséquence qu’un pilotage interministériel de la politique de mobilités actives soit maintenu. Et pour s’assurer que le prochain PAMA débouche sur du concret, il propose « le lancement d’un appel à projets pour développer les mobilités actives, financé par un fond national pour soutenir le développement d’infrastructures et d’aménagements », a précisé Lorelei Limousin, du Réseau action climat France, également membre du collectif. Ce fond serait doté par l’Etat de 200 millions d’euros. Ce qui peut paraître beaucoup en temps de disette budgétaire. Mais « 200 millions d’euros, c’est en fait très peu par rapport aux coûts des politiques de transports en général. De plus, le retour sur investissement sera élevé », plaide Olivier Schneider. L’idée est de cofinancer les politiques cyclables et de marche à pied dans une dizaine de villes pilotes de caractéristiques différentes. Elles serviraient dans un second temps d’étalon pour d’autres collectivités locales désireuses de se lancer.

D’après les chiffres révélés par l’Observatoire du cycle FPS-UNIVELO, le marché du cycle, d’équipements et d’accessoires a connu une année faste en 2014, avec une progression de 7,5% en valeur pour atteindre un chiffre d’affaires de 1,616 milliards d’€.

La dynamique engagée a porté ses fruits” : c’est en ces termes que Jérome Valentin, le président d’Univélo et du fabricant Cycleurope, a résumé l’état du marché grand public du vélo en France. Et pour cause, après un exercice 2013 à l’équilibre, le marché du cycle a enregistré un spectaculaire rebond l’an dernier : il s’est vendu l’an dernier 2 977 000 vélos, soit une hausse des ventes de 7% par rapport à 2013. La croissance est encore plus prononcée en valeur (+8,5%) du fait de l’augmentation du prix moyen (+1,5%) : en France, un vélo se vend en moyenne à 307 €. Il faut remonter à 2005 pour retrouver la trace d’une telle progression, portée il est vrai par une météo particulièrement radieuse tout au long de l’année (excepté en juillet et août) et par la croissance des ventes d’articles de sport (+3,3% selon la FPS). Le marché des ventes d’équipements et d’accessoires a profité de l’aspiration et progresse également de 6% par rapport à 2013.

L’enfant pédale fort, la révolution du VAE se poursuit

Dans les rayons, les “vélos enfant hors VTT” se distinguent en progressant de 17% et atteignent désormais 5,5% de part de marché. Juste derrière en terme de progression (+10%), le VTT adulte demeure un segment incontournable. Avec 28,5% de part de marché (+1 point), il renforce son statut de leader et de locomotive du marché. Plus en retrait, le VTC termine l’année au ralenti (-0,6%).

Si les vélos de loisirs arrivent toujours en tête des ventes, l’attrait pour les vélos conçus pour la mobilité se confirme : ils s’octroient 11% de part de marché. Avec 37% de croissance, le VAE obtient la palme de la plus forte progression de l’année. Depuis 2011, ses ventes ont plus que doublé et émargent à 77 500 exemplaires par an. Avec une part de marché de 8% en valeur, la VAE s’impose comme un segment incontournable pour l’avenir et “rien ne laisse présager que l’engouement ne s’estompe” précise Jérôme Valentin. Les autres vélos conçus pour la mobilité connaissent des évolutions contrastées : en forte hausse pour les vélos pliants (+14%) tandis que les vélos de ville sont en recul de 5,4%.

Enfin, les cycles conçus pour les sorties sportives séduisent toujours un public de passionnés. Les vélos de course se maintiennent (0% en valeur) tandis que les VTT haut de gamme se calent sur la moyenne du marché (+8%).


Des canaux de distribution complémentaires, la percée d’internet 

L’ensemble des canaux de distribution ont profité de ce dynamisme pour terminer l’année dans le vert. Premier acteur économique (en valeur) du marché, les détaillants cycle connaissent une croissance de +3,8% (cycle et accessoires), avec des prix moyens largement supérieurs à la moyenne du marché. Les grandes surfaces multisports consolident quant à elles leur statut de leader du marché en volume (52% des ventes), tout en affichant une spectaculaire hausse de 10% chiffres d’affaires. Après un recul en 2013, les grandes surfaces alimentaires rebondissent avec une croissance de chiffres d’affaires de 4,5%. Si elles restent significatives, les ventes en volume dans ce réseau s’érodent néanmoins (-1,5%). Enfin, internet continue sa percée avec une progression de 15,5% et occupe une place prépondérante notamment sur le marché des périphériques (25% de part de marché).

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NB: Pour plus d’informations sur le marché du cycle, retrouvez chaque trimestre en exclusivité sur Filière Sport les chiffres du marché issus de l’observatoire trimestrielle de la FPS. 

UNIVELODepuis le 1er janvier 2015, le CNPC Tous à Vélo est devenu UNIVELO (Union Nationale de l’Industrie du Vélo)

L’association présidée par Jérôme Valentin, PDG de Cycleurope, réunit les professionnels du cycle en France et est ouverte à l’ensemble des acteurs dont l’activité est orientée en faveur de la promotion de l’usage de la bicyclette.