Mesure adoptée en février 2017, la subvention d’Etat à l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE), communément appelée bonus VAE,  n’a pas été reconduite par le gouvernement. “Nous avons considéré que ce n’était pas à l’Etat de continuer à subventionner le vélo électrique, dans la mesure où quand il l’avait fait, les collectivités locales ne le faisaient pas“, a justifié le ministre Gérald Darmanin, interrogé sur RTL.

En plein démarrage des Assises nationales de la mobilité, et alors que ce bonus rencontre un véritable succès auprès des Français, la décision a immédiatement fait réagir les professionnels, rassemblés derrière le Club des villes et territoires cyclables. Son président, Pierre Serne, s’interroge :  “Faut-il participer aux Assises de la mobilité pendant les trois prochains mois ? Après un si mauvais signal de départ, nous attendons du gouvernement qu’il apporte des engagements (puisqu’après tout la loi de finances n’est pas encore votée), notamment à 11 jours de l’ouverture des Rencontres nationales du transport public et de notre 21e congrès national à Marseille.” Le Club rappelle notamment ” les bénéfices multiples, évalués, de l’usage du VAE en termes d’environnement, de santé publique et d’emploi. Le VAE étend le domaine d’emploi du vélo, en touchant des personnes jusqu’alors éloignées de ce mode : les actifs, les femmes, les personnes de plus de 50 ans, les personnes souffrant de handicap.” Quant à l’enjeu financier, Pierre Serne a beau jeu de rappeler qu’avec le montant d’une seule prime pour l’achat d’une voiture électrique, on finance celles de “30 vélos à assistance électrique. L’enjeu n’est donc manifestement pas les économies réalisées”. En risquant de ralentir l’essor du VAE, l’abandon du bonus pourrait également avoir des conséquences sur la filière économique créatrice d’emplois locaux qui commence à se structurer autour de ce marché.

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Mise en place le 20 février 2017, la prime pour l’achat de vélos à assistance électrique (VAE), d’un montant de 20% du prix d’achat dans la limite de 200 euros, rencontre un vif succès. Ainsi, 150 000 primes ont été sollicitées au 15 septembre 2017. Le décret du 16 février 2017 dispose que cette aide à l’achat prend fin au 31 janvier 2018, ce qui n’est pas le cas du bonus pour le véhicule et le cyclomoteur électriques. Pour les professionnels, dont l’Union sport & cycle, “la pérennisation de cette mesure doit figurer sur la feuille de route du ministère de la Transition écologique et solidaire notamment, en préparation du projet de Loi de finances pour 2018″. Une étude réalisée par l’Ademe en 2016 démontre l’impact du VAE sur la mobilité “décarbonée”. Les résultats de nombreuses enquêtes mettent par ailleurs en évidence que les distances des trajets domicile‐travail effectuées en VAE sont comprises entre 7 et 9 km, et sont donc très nettement supérieures au trajet moyen réalisé par les personnes qui se rendent au travail à vélo actuellement. L’assistance électrique élargit également le champ des possibles en matière de transport de charges et de personnes à vélo. Les entreprises et les collectivités, éligibles à la prime l’achat de VAE, s’équipent de plus en plus.

Un gisement d’emplois non délocalisables

Soutenir le VAE est un investissement rentable comme le montrent les observations conduites en France et une étude réalisée par la European Cyclists’ Federation sur les incitations fiscales à l’écomobilité. L’Autriche a développé le marché du VAE le plus important d’Europe grâce à plusieurs niveaux de prime à l’achat (national, régional et local). En France, près de 40% des VAE vendus chaque année sont français et le déploiement du réseau des points de vente et d’entretien réparation de vélos et de VAE, avec leur retour dans les centres villes, est boosté par l’essor des ventes de VAE depuis quelques années. Ces acteurs économiques locaux représentent une composante indispensable du déploiement d’un véritable  “système vélo”.

Coup d’arrêt prématuré

Les emplois qualifiés créés dans ces points de vente et réparation ne doivent pas être fragilisés par l’arrêt du dispositif d’aide. De même qu’il serait incompréhensible de ne pas le reconduire sans attendre l’évaluation de ce dispositif et les résultats de l’enquête sur l’usage du VAE qui a été proposée aux bénéficiaires de l’aide. A l’inverse, le maintien de la prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique s’inscrit parfaitement dans les objectifs du gouvernement pour une transition vers une mobilité propre, qui vise 12,5% de part modale vélo en 2030.

Pierre Serne, vive-président du Conseil régional d’île-de-France chargé des transports et de la mobilité et vice-président du Syndicat des Transports d’Ile-de-France, a été élu président du Club des Villes et Territoires Cyclables. Il succède à Jean-Marie Darmian à l’échéance du mandat de ce dernier.

Dévoilé la semaine dernière par le ministre des Transports, le plan mobilités actives propose une série de mesures pour encourager l’usage du vélo : expérimentation d’une indemnité kilométrique pour les salariés se rendant au travail à bicyclette, généralisation de la possibilité de rouler à contresens dans les zones 30, augmentation du montant des amendes pour stationnement sur une piste cyclable, droit de franchir une ligne blanche pour doubler un vélo, etc. Il a été accueilli avec bienveillance mais sans grand enthousiasme par les représentants professionnels interrogés par Filière Sport. Témoignages.

Jean-Marie Darmian, président du Club des Villes et Territoires Cyclables :

« Nous considérons que ce plan est une plateforme de négociation en vue de progrès ultérieurs, plutôt qu’une véritable stratégie nationale en faveur de l’usage du vélo. Il contient quelques avancées. Ainsi, il évoque pour la première fois officiellement l’indemnité kilométrique vélo, même si elle n’est envisagée qu’à titre expérimental et dans des entreprises volontaires. Mais la France a toujours du retard et les bienfaits du vélo, en termes d’effets sur la santé, d’impact sur l’environnement et de partage de l’espace public ne sont pas assez valorisés. »

 Dominique Lamouller, président du Comité de Promotion du Vélo (CPV) et de la Fédération Française de Cyclotourisme (FFCT) :

« Alors que rien de concret n’était sorti des précédentes consultations, ce plan dénué de « scoop » a au moins le mérite d’énoncer quelques mesures précises en matière d’aménagements et de sécurité ou d’indemnisation des salariés. Et la réaction virulente des associations d’automobilistes me conforte dans cette opinion… Cela dit, nous prendrons le temps, au CPV comme à la FFCT, d’étudier en détail le projet avant de nous prononcer. Pour le cyclotourisme, c’est bien d’accélérer la réalisation de voies vertes et pistes cyclables mais attention de ne pas enfermer le cycliste dans un ghetto : il faut aussi que les mentalités évoluent pour un meilleur partage de la route. Dans tous les cas, nous resterons attentifs à la mise en application du plan ».

Pierre Gogin, président de la FPS (Fédération Professionnelle des Entreprises du Sport et des Loisirs) :

« Toutes ces mesures vont dans le bon sens, celui du développement de la pratique du vélo dans notre pays. La France a beaucoup de retard en la matière. La FPS soutient ce plan ».

 

Une cartouche à hydrogène assure la recharge de la batterie

Une cartouche à hydrogène assure la recharge de la batterie

Gitane, la marque du groupe Cycleurope, a présenté mercredi 30 mai au Congrès du Club des villes et territoires cyclables, à Nice, un nouveau modèle de vélo à assitance électrique (VAE) doté d’une pile à hydrogène. C’est la application de cette technologie au VAE.

Ses avantages : “aucune infrastructure de recharge nécessaire, gain de poids et autonomie totale“, communique la marque. La pile à hydrogène fournit en effet l’électricité nécessaire à la recharge d’une batterie Li-ion. Ainsi, il n’est plus besoin de prise électrique pour recharger la batterie. De plus celle-ci se recharge en temps réel, pendant le parcours, ce qui permet d’absorber les pics de demande de puissance.

Premiers tours de roue en 2014

Baptisé Alter Bike, le VAE à hydrogène est le fruit d’une collaboration entre le fabricant de bicyclette Cycleurope, la PME innovante Pragma Industrie qui développe un concept de cartouches d’hydrogène recyclables, et Ventec, spécialiste des systèmes de gestion de batterie lithium.Outre ses avantages d’usage pour le consommateur, la pile à hydrogène présente l’avantage d’être écologique : elle ne rejette que de l’eau pure et son empreinte carbone est 20 fois plus faible qu’une batterie lithium classique. L’objectif de Cycleurope est de  déployer Alter Bike auprès des collectivités territoriales début 2014 et de démarrer la commercialisation grand public en 2016.

 

 

Près d’un Français sur deux de 15 ans et plus a fait au moins une fois du vélo au cours des 12 derniers mois, soit 45,5 % des personnes interrogées, selon un sondage TNS présenté au Congrès du Club des Villes et Territoires cyclables qui s’est ouvert aujourd’hui à Nice Acropolis. Ils étaient 40 % seulement en 2007, selon une étude Atout France.

Les incitations majeures à l’utilisation du vélo sont la santé et la volonté de faire de l’exercice (80 %), le plaisir (66 %) et le souhait d’économiser sur les coûts de transport (43 %). Les principaux freins sont les mauvaises conditions météo (58 %), la crainte de l’accident (48 %) et le vol (17,4 %). Les trois mesures prioritaires demandées sont la multiplication des itinéraires cyclables (52 %), la mise à disposition de stationnements sûr près des gares (46 %) et la systématisation de garages à vélos sûrs et accessibles dans les immeubles (36 %).