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La « fabrique du muscle », valorisée par les jeunes générations

20/02/2024
Encore plus depuis le Covid et favorisée par les influenceurs et les réseaux sociaux, la musculation a changé d'images auprès des jeunes générations. Loin de l'image stigmatisée de l'haltérophile, elle les amène au sport. Décryptage d'un phénomène avec Jean-Philippe Ferrier, directeur marketing Fitness Park.

La tendance est aux corps plus musclés et sculptés. Elle se confirme depuis le Covid notamment sur les réseaux sociaux, valorisé par toute une catégorie d'influenceurs. Et si les élans de mode internationaux portés par le digital sont parfois à regarder avec distance voire critique, celle-ci, durable qui plus est, porte les nouvelles générations vers une pratique sportive régulière et saine.

Malmenées et fragilisées pendant toute la période Covid mais poussées à être toujours plus imaginatives et variées, les salles de sport ont donc la cote. On considère ainsi que 6,2 millions de Français ont souscrit à un abonnement en 2022 (+16% depuis 2015) sur un marché qui compte 5300 clubs d'après l'étude européenne menée par Deloitte

Avec une tendance à la musculation encore plus qu'au fitness. « Si nous pouvons surfer sur cette tendance à développer des corps plus athlétiques et à pratiquer la musculation, banco, nous devons y aller et même plus, être moteur pour intégrer le sport à leur quotidien » souligne Jean-Philippe Ferrier, directeur marketing Fitness Park (300 clubs en France et 1 million d'adhérents (France, Espagne, Maroc et Portugal). « Et si, au -delà des bénéfices pour la santé, cette obsession pour le sport constituait un moyen de faire face et de lutter contre un sentiment de dépossession ? » s'est interrogé de son côté Guillaume Vallet

 

https://theconversation.com/tous-en-salle-comprendre-lobsession-contemporaine-pour-les-corps-muscles-217329  professeur des Universités à l'Université Grenoble Alpes (UGA) qui a consacré à ce sujet une thèse de sociologie.

Des membres toujours plus jeunes et des adhérentes en nombre


La motivation inconsciente est-elle donc de se façonner un corps plus fort pour faire face aux difficultés et écueils de la société et inquiétudes quant à l'avenir ? Difficile d'aller jusqu'à cette réflexion au sein des salles mais les chiffres, eux, sont éloquents. « Aujourd'hui 50% de notre base clients à moins de 25 ans, 75% à moins de 35 ans, note Jean-Philippe Ferrier alors que Fitness Park regroupe près d'un million d'adhérents dans l'Hexagone. Et la population rajeunit de plus en plus avec une augmentation des 16/18 ans. » Une appétence pour la « salle » qui a gagné aussi les jeunes femmes. « Chez Fitness Park, nous sommes sur du 55/45% hommes/ femmes. Il y a encore 5/6 ans, la part masculine était beaucoup plus importante. » Les femmes -et notamment des jeunes générations- sont ainsi de plus en plus nombreuses à pousser les portes de salles de muscu pour soulever des charges, balayant ainsi l'image pendant longtemps péjorative associée à la pratique. « Développer un fessier rebondi, des pectoraux, des abdos 100% naturel est valorisé. »

La R&D pour aller scruter toutes les nouvelles tendances qui parlent aux jeunes


Et les enseignes sont toujours plus challengées en parallèle pour anticiper et s'adapter aux tendances de pratique. « Nous avons chez Fitness Park un département R&D qui les scrute et les analyse. Cela nous a poussés à mettre en place le Power Lifting par exemple, qui consiste à soulever des charges très lourdes. Cela n'occupe pas plus de 5% de l'espace mais les jeunes générations sont friandes ce genre de service. » À l'image des « Burgning park », ces parcs haute intensité qui mixent renforcement musculaire et activation cardio. « Ils ont commencé à être développés dans des petits studios haut de gamme et nous avons joué notre rôle en les démocratisant. »

Autre levier essentiel pour continuer de capter et fidéliser ce jeune public, la digitalisation, accélérée fortement pendant le covid. « Les Lives lancés pendant cette période se poursuivent mais fondamentalement, les adhérents aiment se retrouver à la salle. » Tout un écosystème digital se construit autour pour autant. « 40% des abonnements sont achetés en ligne, une application a été développée pour les adhérents avec des exemples d'entraînement, des conseils nutrition, des espaces communautaires, partenaires... » raconte Jean-Philippe Ferrier. Une appli qui permet même aux adhérents de sélectionner leurs titres préférés parmi une play list pour qu'ils soient diffusés en salle pendant leur séance. Des détails qui n'en sont pas pour intégrer les codes de ces jeunes générations.

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