Gérard Mattis s'est éteint
Les célèbres « Prudence et Audace ». Combien de fois Gérard Mattis les a invités à ses discours lyriques attendus par la profession, parfois redoutés pour leur longueur, et pourquoi s’en serait-il privé devant l’enthousiasme des convives ? Les mots « rigueur et effort » revenaient également souvent dans ses propos, ils avaient façonné l'homme durant son enfance partagée entre l'école, la ferme parentale et le ski. Parce que Gérard Mattis connaissait son métier et qu’il avait un talent fou d’orateur, il savait rassembler et créer l’adhésion.
Gérard Mattis, parti à l'age de 78 ans, était un passionné, un obsessionnel de l’expérience client, un visionnaire pragmatique, un homme à l’emploi du temps démentiel parce qu’engagé et fidèle à son village, ses amis, ses relations professionnelles.
Elu 1er adjoint de sa commune sous le mandat de Marc Bauer, puis maire de sa station durant la période Covid, président de l'Union des Commerçants de Val d'Isère, et président de l’Office de Tourisme de Val d’Isère, il a contribué grandement à son succès économique et d’image veillant à lui conserver ses racines sportives.
Il s’était retiré de la vie publique il y a 2 ans, affaibli, après avoir tant et tant donné à Val d’Isère et au commerce de sport.
« On doit rendre au village ce qu’il nous apporte. Cette qualité de vie qu’il nous offre n’est pas par le fruit du hasard. Si nous voulons qu’il garde son authenticité et qu’il évolue, nous nous devons de participer à la vie collective avec une vision à long terme. C’est grâce à un esprit d’équipe que l’on peut réussir, ce n’est pas en claquant des doigts ni en restant inactifs. Il n’y a pas d’autres voies dans des activités comme les nôtres à caractère saisonnier. Il faut avoir la volonté d’accorder de son temps » avait-il déclaré à la rédaction un jour d’interview.
Ce nécessaire esprit d’équipe, il l’invoquait sans cesse par convictions profondes et pour fédérer une profession atypique de par son caractère saisonnier.
A l’heure de saluer la mémoire de Gérard Mattis, il convient de se souvenir également de l’histoire de cette famille . La grand-mère de Gérard Mattis, Cécile, veuve de guerre en 1916, se voit attribuer un bureau de tabac à val d’Isère par la patrie reconnaissante. En 1919, elle crée le deuxième hôtel de la station, le Bellevue, secondée par son fils Roger et sa femme Yvonne. Le couple aura 5 enfants : Guy, Philippe, Yvon, Alain et Gérard, le petit dernier de la fratrie.
Les cinq frères vont développer les activités familiales. Gérard et Philippe et Gérard développent les stages de ski et les magasins de sport. Yvon lance le Safari photo de la Vanoise, Alain devient chef de cuisine de l’hôtel, Guy, le frère aîné les gère.
Aujourd'hui un village, une profession de commerçants et une industrie sont en deuil.
La Rédaction