Les Jeux de Milan-Cortina vécus par les détaillants français
De Milan à Antholz en passant par Bormio, Cortina ou Livigno. Et souvent un même retour pour les commerçants français qui se sont rendus sur les épreuves des Jeux Olympiques de Milan Cortina : la dimension spéciale et unique des Jeux ! « J'ai trouvé cela magique », commente Jérôme Camps, dirigeant Cara gGroup, qui s'est rendu sur les sites de Bormio et de Livignio pour les épreuves de ski alpin et de skicross à l'instar d'Alain Speckbacher, dirigeant de l'enseigne Speck. « C'était une grande première pour mois d'assister aux Jeux comme spectateur et cela restera un souvenir exceptionnel » dixit Frédéric Morel, pdg de Lafreto Outdoor (Glisshop, MonsieurGolf, Glissproshop), présent lui aussi sur Bormio pour une épreuve de ski alpin. Membre de la tribu familiale « Jeanmonnot » réunie derrière Lou, Philippe et Béatrice Jeanmonnot (Sport Aventures Pontarlier), ont pris quant à eux leurs quartiers pendant 2 semaines du côté d'Antholz pour ne rien louper des épreuves de biathlon de leur nièce.
La singulière ambiance olympique
« Passionné de ski, je n'ai pas de grandes expériences comme spectateur, y compris en Coupe du monde et j'ai adoré ces tribunes pleines d'Italiens, cette belle ambiance avant la course avec musique et saxophoniste et ce temps émouvant du podium olympique et des hymnes. » témoigne Frédéric Morel. Alain Speckbacher a eu le privilège de vivre, de son côté, le géant dames à quelques sièges de la famille de Federica Brignone, double championne olympique sur ces Jeux.
Une ferveur moins intense que sur certaines Coupes du monde emblématiques
Et si tous sont unanimes sur l'atmosphère particulière ressentie liée à ce cadre olympique, pourtant, la majorité des détaillants interrogés jugent la ferveur moins marquée que sur certaines épreuves mythiques de Coupe du monde. « Les Jeux sont davantage pensés, à mes yeux, pour les téléspectateurs que pour les spectateurs... note Alain Speckbacher. Et en matière de public, il y avait peut être 10 fois moins de public en tribunes et dans la zone debout que sur Kitzbühel, Schladming ou Adel Boden donc c'est logique... » Si l'ambiance a été folle du côté du biathlon à Antholz avec un contingent français important, Philippe Jeanmonnot abonde pour autant dans ce sens. « Malgré une ambiance extraordinaire, je pense qu'elle était quand même un petit peu au dessous des principales étapes de Coupe du monde, y compris celle organisée sur ce même site d'Antholz ! En partie, je pense, parce qu'une partie du public est davantage présente comme amatrice globalement de JO avec différentes épreuves pendant la quinzaine au programme mais sans être passionnée de biathlon. » Autre explication soulevée par le commerçant de Pontalier : les contraintes et interdiction pour motif de sécurité. « Tous les drapeaux avec des cannes plastiques ont été refusés... Nos drapeaux à l'effigie de Lou également car identifiés comme présentant un message... politique ! Le brief des bénévoles n'a pas été clair et ils étaient assez tendus sur les postes de contrôles. »
L'ambiance post-épreuves vue par les détaillants
Quid des expériences et souvenirs de ces détaillants dans les stations/ villages à l'issue des épreuves ? « Une fois les épreuves terminées et les médailles distribuées, j'ai trouvé que le soufflet retombait vite et qu'il manquait en fin de journée un endroit de rencontres où célébrer la journée et les champions olympiques et le podium », note Jérôme Camps. Du côté d'Antholz, les célèbres chapiteaux réputés pour leur effervescence post-course ont tenu leur promesse. « L'ambiance était extraordinaire dans celui implanté sur le stade mais aussi dans le second que l'on rejoint en bus dans le village un peu plus tard dans la soirée. »Philippe Jeanmonnot a apprécié aussi l'ambiance de Cortina et celle de la petite ville de Brunico. « Une petite ville de 25 000 habitants quand on arrive d'Innsbruck où avait été installés fan zone, écrans géants et chalets... où on ressentait vraiment l'atmosphère JO même avec un accent plus allemand qu'italien ! » Nos commerçants témoins se disent dans la majorité très surpris par la fluidité d'accès aux sites et aux parkings sur les différents points de ces Jeux qu'ils ont rencontrés.
Oeil de commerçant
Parmi les curiosités de cette virée transalpine, Frédéric Morel garde en tête un magasin de location de ski visité à Bormio « qui avait développé un système de location tout automatisé adapté à une toute petite surface ». Jérôme Camps souligne de son côté la mobilisation des socio-professionnels sur ces Jeux Olympiques « et une qualité d'accueil élevée offerte par les restaurateurs et les hôteliers. Il est important de fédérer un maximum de socio-professionnels autour des Jeux. »
Les enseignements pour leurs magasins et/ou le commerce pour 2030
Et ces Jeux sont riches en enseignement, aussi, pour ces commerçants pour anticiper les JO2030 que ces magasins veulent porter même en étant hors de la zone des épreuves alpines. « Les mascottes n'étaient plus disponibles au bout d'une poignée de jours à Antholz, impossible de trouver le bonnet de l'équipe d'Italie dans toutes les boutiques de Cortina ou de Brunico... Je pense que pour 2030, on devra vraiment globalement anticiper ce genre de paramètres car c'est déceptif pour le consommateur. Et même si on n'est pas boutique officielle, on doit s'approprier l'événement, proposer des tenues et pièces aux couleurs de nos équipes. Nous, par exemple, sur notre segment, il ne faudra pas passer à côté du nordique. »
Du côté de chez Speck dont les magasins ne seront pas situés non plus sur les terres des Jeux, on veut aussi aller plus loin que la diffusion des épreuves et le côté festif et passionné en magasin. « Si Clément Noël est toujours en course, on doit créer quelque chose autour de notre champion vosgien et s'appuyer plus globalement sur cet événement qui crée une émulation positive autour de notre univers du ski et de notre métier. Les Jeux à la maison offriront un coup de projecteur sur nos métiers, nos savoir faire tout autant que sur les marques avec lesquelles on travaille. » Et à Frédéric Morel de conclure en s'interrogeant sur une question qui sera cruciale à traiter pour le Cojop : « Quand j'ai appris que le domaine skiable de Cortina était fermé pendant 15 jours pendant les JO, je me suis posé la question de la perte de ces stations accueillant les Jeux. Est-ce que ce sera le cas aussi pour nos domaines skiables français et, par ruissellement, des magasins de location de skis ? Et dans ce cas-là comment seront ils dédommagés ? »
Outre les observateurs du commerce, les jeux olympiques et paralympiques de Milan-Cortina ont drainé également un visitorat b2b d’observateurs de l’industrie de l’équipement de la personne et de l’aménagement de la montagne pour préparer en toute connaissance de cause les quatre années qui les séparent des Jeux Alpes Françaises 2030.
La Rédaction