Cyber-sécurité : tous concernés, tous vulnérables !
Cette semaine, l'ANTS, l'agence nationale des titres sécurisés qui émet les cartes d'identité et permis de conduire a été piratée. Une fuite de données d'informations personnelles qui pourrait concerner plus de 10 millions de Français pour un service public en ligne, en théorie, parmi les mieux protégés.
C'est dans ce contexte d'actualité non prévu et malheureux que l'Union des Entreprises Sport & Cycle organisait mercredi, à Grenoble sur le salon Mountain Planet, une conférence/ atelier consacrée à la cybersécurité sur le thème : « les professionnels de la montagne sont-ils prêts ? »
« La question n'est plus de savoir si on peut être attaqué mais quand on le sera » estime, sans être alarmiste, l'un des deux intervenants, Karl Rallis, directeur du centre expertise offre et solutions chez Caisse Épargne Rhône Alpes. Qu'il s'agisse d'une cyberattaque de phishing (hameçonnage, technique de manipulation ou l'attaquant se fait passer pour une entité de confiance) ou de ransomware (rançongiciel, logiciel malveillant qui s'introduit dans l'appareil).
Deux tiers des entreprises françaises ont déjà été touchées
Les chiffres sont limpides et illustrent ses propos. En 2024, quelques 384 000 incidents de cybersécurité ont été enregistrés. « C'est 15% de plus que l'année précédente, explique Franck Marquez, chargé de prévention cybermenaces, réseaux d'expertise cyber de la police judiciaire. Et les sociétés sont des cibles régulières des cyber attaquants. Ainsi, 67% des entreprises françaises ont déjà été touchées et le chiffre atteint 77% pour les TPE/PME. « Dans 90% des cas, les failles proviennent d'erreurs humaines. » ajoute Karl Rallis.
Et pour ces entreprises, les conséquences peuvent être très lourdes. Pour les plus petites TPE et PME, le coût moyen d'une attaque de « phishing ou ransomware » flirte avec les 466.000€, provoquant dans 60% des cas une fermeture de ces structures dans les 18 mois.
L'avénement et l'accélération de l'intelligence artificielle rendent encore plus crédibles et performantes ces attaques d'où la nécessité pour les sociétés et particuliers d'être toujours plus vigilants et mieux armés pour y faire face.
Des partenaires et outils pour s' « armer »
Les deux experts réunis par l'UESC ont mis en avant l'importance de se faire accompagner à toutes les échelles par des partenaires solides et compétents dans le domaine. Karl Rallis (Caisse Épargne Rhône Alpes) explique avoir réuni pour sa part un « pool » de partenaires solides pour ses clients, citant, pour exemple, des sociétés françaises comme Mailinblback pour la protection des boites mail et la sensibilisation des collaborateurs, Visiativ, une société lyonnaise dédiée au diagnostic du système d'informations et qui met en avant les failles observées ou encore WTW pour la partie assurentielle, avec des assureurs capables d'accompagner les entités sur la cybersécurité et de mettre en place une gestion de la cellule de crise lors de cyberattaques.
Autres outils essentiels et dispositifs méritant d'être connus et utilisés, des plateformes gouvernementales comme 17cyber.gouv.frpour être guidé et accompagné lors d'une cyberattaque ou monAideCyber https://monaide.cyber.gouv.fr/ : prévu pour faire un diagnostic, en prévention, et qui permet d'être orienté vers des « aidants Cyber », validés par l'ANSSI, Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, autorité nationale interministérielle en matière de cybersécurité et de cyberdéfense pour un accompagnement en visio ou présentiel.
La Rédaction